Ethique Info

Accueil > Sport > Quel Henry assis sur quel trône ?

Henry V ou Henry VIII ?

Quel Henry assis sur quel trône ?

Quel comportement vertueux ?

lundi 23 novembre 2009, par Picospin

On ne pensait pas que le besoin d’intervenir dans les affaires relevant de l’éthique serait aussi urgent, tant les procédures ronronnaient dans une ambiance apparemment sereine, exempte jusqu’ici de gros problèmes moraux ou de comportements malveillants ou délictueux.

Les coups malveillants entre joueurs se réglaient le plus souvent à l’amiable, sanctionnés par des peines infligées avec sursis ce qui enlevait à cette juridiction une grande partie de ses menaces d’intervention ou de punition. Les responsables à la tête de l’établissement avaient eu le temps de prendre de l’âge et les plus jeunes, issus de la coalition des anciens joueurs de football, étaient trop heureux de siéger au milieu des plus doctes dirigeants, impressionnés qu’ils étaient par leur apparente dignité, leur maintien rigide et les relations qu’ils s’étaient faites avec les personnages les plus en vue du monde politique qui se targue d’avoir des notions précises de ce jeu britannique qui se joue avec les pieds mais dont l’usage des mains reste prohibé sauf dans le cas qui occupe actuellement la France, sinon le monde, à la suite d’un but c’est-à-dire de l’entrée du ballon rond dans les buts constitués par un portique et des filets aux dimensions rigoureuses et reconnues internationalement par la Fédération Internationale de Football Association appelée FIFA dans l’intimité par les connaisseurs et proches amis de cette organisation. Comme le but incriminé continue d’alimenter les conversations au-delà des frontières de l’hexagone, les déclarations continuent d’être recueillies avec enthousiasme. Elles se scindent en défenseurs des joueurs considérés comme emportés dans leur élan par la fougue de la jeunesse, l’envie de jouer vite et bien sans investir une trop grande attention dans la manière dont les buts sont marqués. Pourvu que l’on gagne est-il dit le plus souvent, c’est l’essentiel pour la gloire de mon pays qu’on ne va quand même pas priver d’une victoire qualificative pour la Coupe du monde quelle que soit la manière dont a été marqué le but de la victoire. Si l’on va plus loin et que l’on argue de l’injustice faite à l’adversaire ou des conséquences économiques, morales, de cette tricherie, il est répondu que de tels évènement font partie de l’aléas du sport et que la balance entre bénéficiaires et victimes de ce hasard sont équitablement répartis par une main innocente qui pourrait parfois appartenir à Dieu et parfois au diable. C’est ainsi que les consciences les plus délicates résolvent les difficiles problèmes posés par le hasard qui ne fait pas constamment le bien mais au contraire se laisse souvent embarquer de façon sournoise dans les abus et l’arbitraire, en passant par l’iniquité sinon l’illégitimité. Dès lors, après l’exposé des faits et des commentaires qu’il suscite, il est temps de se pencher sur la seule question qui paraisse revêtir quelque importance, après que de nombreuses personnalités considérées comme incompétentes par les professionnels du football aient donné leur avis plus ou moins éclairé. Est-ce que oui ou non, il y a eu entente entre les initiateurs, dirigeants, entraineurs de la manœuvre du but constituée par deux hors jeux et une main ayant propulsé le ballon dans les buts puis confiée à l’exécution au vaillant capitaine de l’équipe de France, ou bien ce but est-il entré par inadvertance ou hasard malheureux pour les uns, bénéfique pour les autres. En droit, si l’intentionnalité compte, dans le cas qui nous préoccupe, le débat est plus incertain, tellement sont peu nombreux les 80.000 témoins de cette scène présents au Stade de France un certain jour de rencontre éliminatoire entre un lointain pays oublié et un hexagone qui s’autoproclame leader de l’Europe et qui a bénéficié de l’assistance d’un seul arbitre dont le rôle mériterait d’être éclairci mais non des grands absents de ce spectacle : les caméras de télévision, récusés par un ex-footballeur ayant accédé aux plus hautes marches de la hiérarchie du ballon rond mais acceptés et réclamés avec joie et enthousiasme par tous les autres joueurs de ballons ronds ou ovales.