Quels crédits
Comme en 2008, les crédits de son ministère seront pourtant en hausse de 1,8 milliard d’euros, conformément aux engagements pris par Nicolas Sarkozy. Pour la recherche, ils se partageront entre le soutien direct aux laboratoires, les financements sur projet distribués par l’Agence Nationale de la recherche (ANR) et les aides à l’innovation versées aux entreprises, notamment par le biais du crédit impôt recherche.
Quels objectifs
Pour le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup), le gouvernement, en procédant à "des coupes sombres" dans l’emploi scientifique, "tourne le dos aux objectifs qu’il prétend afficher". Le SGEN-CFDT, qui juge cette décision "inquiétante et inconséquente", souligne que "le recours à l’emploi de non-titulaires et la multiplication des heures supplémentaires ne peuvent être la solution aux besoins d’investissement dans l’enseignement supérieur". Quant au syndicat étudiant UNEF, il dénonce un "aveuglement idéologique", en contradiction avec les objectifs de lutte contre l’échec à l’université.
Menaces
L’association "Sauvons la recherche", de son côté, s’inquiète d’une "précarisation" des statuts des personnels de la recherche, mesure qui "ne peut engendrer qu’une régression scientifique de notre pays". Elle menace, si le gouvernement ne revient pas sur ses choix, de lancer à la rentrée une "grève administrative" et d’appeler les directeurs de laboratoires ainsi que les responsables d’instances scientifiques, à démissionner de leurs mandats.
Questionnement éthique :
1. Peut-on considérer le Ministère de l’Education Nationale comme un Ministère semblable aux autres ?
2. Ne clame-t-on pas partout que la France veut exercer dans ce domaine un rôle d’excellence en attirant des étudiants du monde entier pour favoriser la diffusion de la culture, de l’enseignement et de la langue française ?
3. Quel avenir peut-on offrir à notre jeunesse si d’emblée elle doit se résoudre à recevoir une formation de qualité médiocre, faute de recrutement de professeurs en nombre sinon en qualité insuffisants par rapport à la dure compétition internationale ?
4. Les mesures promises sont-elles de nature à décourager les plus vaillants et les étudiants les plus ambitieux ?
