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Est-ce que l’acquisition des connaissances demeure une priorité ?

Quel destin pour l’enseignement supérieur ?

Que faire, que devenir quand la transmission des connaissances se tarit ?

mardi 22 juillet 2008, par Picospin

Mme Pécresse n’a pas précisé la répartition de ces suppressions entre les enseignants-chercheurs des universités, les chercheurs des organismes et les personnels ingénieurs, techniciens et administratifs. Il s’agit, explique Mme Pécresse, d’un "effort de rationalisation, de bonne gestion, demandé à tous les ministères". On a envie d’ajouter "de bonne gouvernance" sans préjuger de l’arbitrage proposé en haut lieu entre les budgets affectés à la santé, la vieillesse, l’armée et autres répartitions ministérielles.

Quels crédits

Comme en 2008, les crédits de son ministère seront pourtant en hausse de 1,8 milliard d’euros, conformément aux engagements pris par Nicolas Sarkozy. Pour la recherche, ils se partageront entre le soutien direct aux laboratoires, les financements sur projet distribués par l’Agence Nationale de la recherche (ANR) et les aides à l’innovation versées aux entreprises, notamment par le biais du crédit impôt recherche.

Quels objectifs

Pour le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup), le gouvernement, en procédant à "des coupes sombres" dans l’emploi scientifique, "tourne le dos aux objectifs qu’il prétend afficher". Le SGEN-CFDT, qui juge cette décision "inquiétante et inconséquente", souligne que "le recours à l’emploi de non-titulaires et la multiplication des heures supplémentaires ne peuvent être la solution aux besoins d’investissement dans l’enseignement supérieur". Quant au syndicat étudiant UNEF, il dénonce un "aveuglement idéologique", en contradiction avec les objectifs de lutte contre l’échec à l’université.

Menaces

L’association "Sauvons la recherche", de son côté, s’inquiète d’une "précarisation" des statuts des personnels de la recherche, mesure qui "ne peut engendrer qu’une régression scientifique de notre pays". Elle menace, si le gouvernement ne revient pas sur ses choix, de lancer à la rentrée une "grève administrative" et d’appeler les directeurs de laboratoires ainsi que les responsables d’instances scientifiques, à démissionner de leurs mandats.

Questionnement éthique :

1. Peut-on considérer le Ministère de l’Education Nationale comme un Ministère semblable aux autres ?

2. Ne clame-t-on pas partout que la France veut exercer dans ce domaine un rôle d’excellence en attirant des étudiants du monde entier pour favoriser la diffusion de la culture, de l’enseignement et de la langue française ?

3. Quel avenir peut-on offrir à notre jeunesse si d’emblée elle doit se résoudre à recevoir une formation de qualité médiocre, faute de recrutement de professeurs en nombre sinon en qualité insuffisants par rapport à la dure compétition internationale ?

4. Les mesures promises sont-elles de nature à décourager les plus vaillants et les étudiants les plus ambitieux ?


Source :
Le Monde
22 Juillet 2008