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Quel infâme vient encore d’écraser Voltaire ?

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mercredi 6 avril 2011, par Picospin

Ce livre est supposé avoir été écrit par Voltaire qui fait partie de notre bibliothèque nationale, ce qui ne veut pas dire celle de François Mitterrand.

Un héritage ?

Il s’agirait plutôt de notre héritage culturel commun dont les effluves ne sont apparemment jamais parvenues aux oreilles, au nez ni surtout au cerveau de la personnalité qui l’a cité comme son livre de chevet. Étudier Voltaire est une chose, le placer sur sa table de nuit pour s’endormir sous ses auspices, son inspiration sinon sa protection en est une autre. Tous comptes faits, je me demande bien s’il n’eut pas mieux valu de faire l’impasse sur cette question plutôt que de prendre le risque de dévoiler les véritables sujets d’intérêt d’une personnalité de premier plan. La pauvreté d’inspiration et de culture n’a d’égale que celle que pourrait représenter son Ministère fortement impliqué dans les échanges internationaux. Dans cette activité il ne suffit pas de boire des cocktails. Les références culturelles suffisent largement à montrer le degré de connaissances et de culture du locuteur, en l’occurrence une vendeur et un acheteur, chargé au nom de la collectivité nationale de commercer avec ses associés et ses concurrents pour initier des échanges, et au delà, des relations diplomatiques, politiques ou culturelles.

Ministère du Commerce et de l’Industrie

Certes elles ne dépendent pas toutes du seul Ministère du Commerce. Ce département a pourtant le privilège et la mission d’ouvrir la voie à de nouveaux échanges qui favorisent les accords, dévoilent les pensées, tracent les grandes lignes de la politique des états. Est-il bien raisonnable d’envoyer comme missionnaire de ces tâches et des intentions politiques ou éducatives un frais émoulu de l’Éducation Nationale ou de l’Enseignement privé ? Dans ce cas, on comprendrait mieux le hiatus décrit ci-dessus et qui vient de faire les gorges chaudes des observateurs politiques, des journalistes et des humoristes. On sait en effet que le philosophe manifestait souvent une hostilité virulente, sinon une colère rentrée contre l’Eglise catholique, pour lui modèle d’intolérance, de fanatisme, sinon de superstition. Voltaire y est considéré comme l’ennemi absolu, l’homme à abattre, l’inspirateur des thèmes issus de la Révolution. Un mécréant donc qui dans l’esprit actuel de nos gouvernants se situe à l’opposé d’un pays dont les racines « sont chrétiennes », d’un Président qui s’agenouille devant le Pape de Rome, à Rome et d’une majorité qui dans son ensemble se situe plutôt du côté du bon Dieu que du diable.

Secrets d’alcôve

Qu’on vienne dévoiler des secrets d’alcôve en dénonçant ouvertement qu’on lit Voltaire le soir à la chandelle avant de souffler la bougie pour réciter ses prières révèle pour certains un comportement séditieux qui justifie ou mérite enquête avant la mise au bûcher. Évidemment, s’il s’agit de faire culbuter le dit philosophe de son socle en l’associant à une florissante entreprise de mode, le péché est à moitié pardonné, l’absolution donnée au nom de l’occasion offerte par cette publicité déguisée de faire entrer dans les pays païens le savoir faire et le faire savoir d’une France redorant ainsi à moindre frais son blason par ailleurs un peu élimé par des maladresses diplomatiques sinon de véritables fautes politiques. En ce cas, mieux vaut garder le fils spirituel du philosophe que cet exilé en territoire étranger, où on sait s’il a bien payé ses impôts. Une enquête est en cours pour tenter de démêler les fils emmêlés de cette énigme. La morale de cette fable politico-commerciale est qu’il vaut mieux vérifier la biographie d’un auteur avant de le citer et de remuer plusieurs fois sa langue dans sa bouche avant de révéler au monde ses secrets intimes même s’il ne s’agit pas de ceux murmurés sur l’oreiller.