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Faut-il réformer et si oui comment ?

Quel nouvel enseignement ?

Quelles réactions aux nouvelles propositions

samedi 23 février 2008, par Picospin

"Plus courts, plus clairs et plus ambitieux", comme l’affirme leur préambule, ces programmes tiendraient sur 36 pages du Bulletin officiel de l’éducation nationale, contre 104 actuellement. Destinés à se substituer, à partir de la rentrée 2008, aux programmes de 2002, élaborés sous Jack Lang et un peu modifiés en 2006-2007 par Gilles de Robien, ces textes fixent comme référence à l’école primaire le "socle commun des connaissances et des compétences"

"Plus courts, plus clairs et plus ambitieux", comme l’affirme leur préambule, ces programmes tiendraient sur 36 pages du Bulletin officiel de l’éducation nationale, contre 104 actuellement. Destinés à se substituer, à partir de la rentrée 2008, aux programmes de 2002, élaborés sous Jack Lang et un peu modifiés en 2006-2007 par Gilles de Robien, ces textes fixent comme référence à l’école primaire le "socle commun des connaissances et des compétences", issu de la loi d’orientation d’avril 2005.

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". Cette évaluation "constituera un instrument de comparaison des effets des différentes pratiques pédagogiques, mais aussi un outil de mesure incontestable des résultats de l’école". Apprentissages. Les programmes mettent l’accent sur les "apprentissages fondamentaux" à l’école maternelle et élémentaire. "L’appropriation du langage" et "la découverte de l’écrit" sont les principaux objectifs de la maternelle, pour laquelle une "progression" détaillée des apprentissages est proposée pour la petite, la moyenne et la grande section. Par exemple, "reconnaître la plupart des lettres" et "comprendre le principe alphabétique" font partie des objectifs de fin de grande section.
Maintenue, l’organisation de l’enseignement en cycles, paliers au terme desquels sont mesurés les acquis des élèves, est revue : le cycle 1 inclut désormais les trois années de maternelle ; le cycle 2 rassemble le CP et le CE1, et le cycle 3 (CE2, CM1, CM2) est inchangé. Les principales évaluations auront lieu en CE1 et CM2. Toutefois, pour le français et les mathématiques, des progressions annuelles détaillées sont proposées du CP au CM2.
Là où les programmes de 2002 proposaient des "fourchettes", les futurs programmes retiennent l’amplitude la plus haute pour le français : 8 heures en CP et CE1, et 10 heures en CE2, CM1 et CM2.
Ces programmes évacuent la question des méthodes d’apprentissage de la lecture, au profit des "objectifs" énoncés dans les progressions annuelles, chaque enseignant étant libre de les atteindre à sa façon. Au cours préparatoire, il est indiqué que "le code alphabétique doit faire l’objet d’un travail systématique dès le début de l’année". Mais l’indication sur la marche à suivre par les enseignants est volontairement des plus ouvertes : "Les élèves s’entraînent à déchiffrer et à écrire seuls des mots déjà connus." Contrairement à ce que préconisent les défenseurs de la syllabique pure, la nécessité de maîtriser dès le CP des "mots outils" est reconnue.
La fin de l’observation réfléchie de la langue, une des notions les plus contestées des programmes de 2002, est consacrée. Ces projets de programme réhabilitent la "leçon de grammaire" et précisent, pour chaque classe, les notions à acquérir, en s’efforçant d’éviter les excès de jargon. La "récitation" est à nouveau affichée dès le programme de CP et CE1 et la "rédaction" est à l’honneur au CE2, CM1 et CM2, en lieu et place de la "production d’écrits". Les progressions souhaitées en grammaire de classe en classe sont indiquées en détail. La nécessité d’une "attention permanente portée à l’orthographe" est affirmée. Une "première sensibilisation" à une langue vivante est prévue dès le CP. L’histoire des arts est introduite dans ces programmes, qui font aussi une place à "l’instruction civique et morale". Les élèves "acquièrent une première compréhension des symboles de la République". Ils devront apprendre "notamment à reconnaître La Marseillaise et à se lever lorsqu’ils l’entendent" et "découvrir les principes de la morale", lesquels "peuvent être présentés sous forme de maximes illustrées". Au cycle 3, et dans une tonalité plus consensuelle, "l’importance de la règle de droit" est développée, la francophonie et l’Union européenne sont étudiées.

Questionnement éthique :

Pico Spin (PS) : Comment rendre pratique l’apprentissage de la langue française quand un élève formé par les nouvelles méthodes d’enseignement peut entendre à la télévision la phrase qui aurait été prononcée par Ingrid Bettancourt qui prône "l’humanisme" au lieu de l’humanité ?
Ethique-info (EI) : cette phrase est placée dans sa bouche par l’auteur de l’émission qui est apparemment une personne adulte et non un enfant en "apprentissage".
PS : N’est-il pas indispensable de développer l’esprit critique, le jugement, la réflexion des enfants plutôt que de donner la priorité à l’apprentissage par coeur, à ânonner des textes qui ne sont pas toujours bien compris par les élèves.
EI : la priorité devrait toujours être donnée à la réflexion et à l’autonomie de la pensée, de l’introspection et de la remise en question.
PS : Cette forme d’enseignement ne risque-t-elle pas de conduire au développement des sectes dont on tant parle récemment ou aux dérives politiques comme la constitution à bas bruits des dictatures ?
EI : ce risque existe en effet et ne saurait être contenu que par des exercices qui remettent en question en permanence les idées reçues, les slogans, la propagande sinon la publicité.