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Economie et santé

Quelles relations entre elles ?

Est-ce que la récession est bénéfique pour la santé ?

mercredi 8 octobre 2008, par Picospin

Lorsque l’économie se porte bien ou mieux, surtout si cela se produit sur le long terme, cette amélioration a des conséquences heureuses et bienfaisantes sur la santé en général aussi bien dans les sociétés développées que celles qui sont en voie de l’être. Au contraire, les prévisions ne sont pas aussi faciles à faire car elles dépendent essentiellement de l’état de santé et des habitudes hygiéno diététiques quand les temps sont favorables.

Prendre soin de soi

Les gens ne prennent guère soin d’eux mêmes quand les circonstances sont favorables ou par temps d’explosions qu’elles soient bénéfiques ou maléfiques. En ces temps de fortes perturbations, on boit trop, surtout avant de prendre le volant, on mange trop gras, dans des restaurants de luxe, on fait moins d’exercice et on ne va plus voir son médecin parce que on n’en a pas le temps et que les rendez-vous sont plus difficiles à prévoir en raison des nombreuses obligations que l’on contracte. Le temps vaut plus cher lorsque l’économie va bien ce qui incite les gens à travailler davantage et à négliger les actes de la vie qui leur font du bien comme par exemple faire la cuisine, rester à la maison, faire de l’exercice. Comme ils ont plus de travail, leur stress ne fait qu’augmenter. Ce schéma vaut aussi bien pour les pays en voie de développement. Paradoxalement, quand les prix baissent, ce qui serait mauvais pour l’économie, cette conjoncture semble plutôt améliorer l’état de santé de la population et diminuer le taux de mortalité. Dans ces conditions aussi, les gens ont davantage de temps pour s’occuper de leurs enfants. Quand les prix montent brutalement, les gens travaillent davantage et passent beaucoup moins de temps à s’occuper de leur maison y compris celui consacré à leurs enfants ce qui leur est d’autant plus préjudiciable qu’ils attachent plus d’importance aux choses qui n’ont guère d’importance pour leur confort de vie ou leurs amusements, mais beaucoup plus pour leur santé comme nourrir ou être nourri au sein, boire de l’eau fraiche ou se rendre dans des centres de vaccination, toutes activités qui intéressent avant tout les régions en développement comme par exemple celles que l’on peut voir en Colombie.

Temps difficiles et bonne santé ?

Si des chercheurs ont pu constater des effets de ce type au cours d’une dépression économique dans ce pays, de telles observations n’ont pas pu être reproduites puisque au contraire, les résultats de recherches publiées par l’Académie des Sciences ont plutôt montré que lorsque les temps sont durs, les décès par cardiopathies, cirrhose, assassinats hospitalisations psychiatriques ou suicide augmentent. La confusion augmente encore si ’on tient compte d’autres travaux concernant les relations entre mortalité et situation économique mesurée en termes de chômage et récession. Dans cette étude, c’’est exactement le contraire qui est apparu c’est à dire que la mortalité s’est effondrée pendant les périodes de récession et a au contraire augmenté après le retour à une économie plus saine. Une augmentation de 1% dans le taux de chômage correspondait à une diminution de 0,5 % de la mortalité. Globalement, la mortalité a chuté de plus de 8% pendant la période longue de 20 ans pendant laquelle l’économie a reculé, sous forme de diminution nette du pourcentage de maladies de coeur, et d’accidents d’automobile. Il n’est pas inintéressant de signaler à ce propos que les premières statistiques publiées depuis l’approche de la crise actuelle a montré en France une chute drastique de la mortalité par accidents d’automobiles. La mauvaise santé de l’économie semble avoir fait beaucoup de victimes dans le domaine des facteurs qui ont moins affaire avec la prévention qu’avec le bien être mental et les possibilités d’accès aux soins. Par exemple, la mortalité par cancer a augmenté de 23% et celle par causes infectieuses nez, gorge oreille n’a pas atteint un chiffre significatif.

Chômeurs et santé

Les conséquence sur la santé de difficultés économiques sont visibles en termes de victimes sur les facteurs liés au chômage ou aux revenus mais aux différences qui se creusent entre les riches et les pauvres et aux réponses données par la société en ce qui concerne l’assurance maladie pour ceux qui ont perdu leur emploi et par là même leur assurance. Au Japon, au cours de la récession de 1990 les chômeurs avaient deux fois plus de problèmes de santé que ceux qui bénéficiaient du plein emploi. Des sons de cloche identiques proviennent maintenant de pays comme la Hollande où une étude vient de montrer que les bébés nés au cours d’une période de récession avaient souffert de maladies de coeur dans une proportion double de celle de celle recensée chez ceux qui étaient nés pendant une période de bien être. Ces statistiques n’atteignent pas le seuil de significativité dans les foyers où l’un des individus du couple rapporte assez d’argent pour subvenir aux besoins de toute la famille. Lorsque la crise atteint des familles qui vont avoir de gros problèmes pour subvenir aux besoins élémentaires de la famille comme l’alimentation et les soins, les effets délétères d’une telle situation se marquent bien davantage. Aux Etats-Unis qui, contrairement à d’autres nations industrialisées n’a pas d’assurance de santé couvrant les besoins élémentaires de soins, la menace d’une récession est susceptible de faire beaucoup plus de victimes puisque près de 50 millions d’Américains n’ont pas de couverture de santé et que sur les 180 millions qui en bénéficient, 1 sur 7 pourrait être mis en faillite par une unique crise économique. Une toute petit tranche seulement de la population peut tirer profit d’une situation aussi accablante.