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Quels candidats pour le FMI ?

samedi 6 août 2011, par Picospin

Elle risque de se sentir dégradée sinon humiliée par la succession de candidatures irrecevables quelle qu’en soit la raison morale étique ou juridique. On savait que l’ex Ministre des Finances risquait l’inéligibilité en raison de la menace qui pesait sur elle depuis son intervention musclée dans l’affaire Tapie.

Pour quelle raison aurait-on proposé sa candidature au risque d’aller à l’échec devant un monde de la finance qui observe du coin de l’œil, un peu comme celui de l’ancienne Ministre de l’Education, les aléas d’une candidature d’origine française qui viendrait confirmer en quelque sorte le sort réservé à DSK depuis ses aventures rocambolesques avec une femme de chambre travaillant dans un hôtel à direction française qui pourrait avoir eu ou pas des relations pus ou moins étroites avec des clans hostiles au succès éventuel d’un candidat du PS dont la fragilité des conduites, surtout à New York, risquaient aussi de le condamner à plus ou moins brève échéance à l’échec d’une élection souhaitée ou au contraire condamnée en raison du danger politique représenté par un membre d’un solide parti d’opposition ? Deux affaires qui ne brillent pas spécialement par leur transparence, leur clarté et leur équilibre éthique. Comme il est dit dans la presse, la comparaison entre les indemnités perçues par un excellent soldat de la République ne joue guère en faveur d’un partage juste, rationnel des responsabilités et des délits jugés. "On donne 45 millions d’euros à Tapie pour préjudice moral ; et il suffit de regarder le pedigree de Tapie, comme on dit pour les chevaux, pour avoir une idée de ce que ’moral’ en l’occurrence signifie. (...). J’ai regardé ce qu’on donne pour une victime du cancer de l’amiante (...) On donne 45.000 euros. La mort à son conjoint. Et pour Tapie, on donne 45 millions d’euros. Mille fois plus. Est-ce que ça ne vous donne pas envie de casser cette espèce d’injustice perpétuelle dans laquelle on vit. Si elle est traduite, dans plusieurs années, devant la Cour de Justice de la République, elle risque, pour "complicité de faux" et "complicité de détournement de biens publics", dix ans de prison et 150.000 euros d’amende. Cette fois c’est François Bayrou, cheval solitaire dans la course d’obstacles de l’Elysée qui donne le ton par ce commentaire sensé comme l’est souvent celui d’un candidat malheureux à la Présidence qui rate les sauts des haies les plus basses quand il parvient à élever sa monture au-dessus des plus élevées. Comparaison aussi percutante et pertinente que celle tentée entre les compensations dédiées à un as du jeu de société qui parvient à dégager de quoi vivre jusqu’à la fin de ses jours quand les malheureux mineurs chiliens pris dans la trappe du fond de la mine sont devenus chômeurs de longue durée et voient se succéder envers eux l’oubli le plus humiliant après la gloire la plus évanescente et la plus précaire. Reste à parler d’un troisième larron qui vient de se voir attribuer près d’un million d’Euros pour avoir fait de l’équipe de France de football un enjeu de quolibets et de ridicule, de honte au lieu de fierté et de déchéance au lieu de victoire sinon de triomphe. C’est ainsi que se dilapide la fortune du pays, à petits coups d’érosion, de pertes insensibles comme on dit en médecine à propos de la sueur, celle qui devrait être celle de l’homme au travail honnête plutôt qu’aux facéties de joueur de poker comme sait si bien l’organiser une société de jeu impliquée dans les compétitions sportives dont la propreté devrait être la préoccupation majeure des fédérations. On voit que les exemples viennent de haut au cours de cet été pourri qui balance du ciel des trombes d’eau moins pour nettoyer les saletés que pour brouiller les cartes d’un jeu plus ou moins trouble.