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Football

Qui siège à la FFF ?

Quel niveau de compétence ou d’incompétence ?

vendredi 6 mai 2011, par Picospin

Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences, allant jusqu’au génocide.

Saison de football

Quand les épreuves majeures du football s’éteignent à mesure de l’arrivée de l’été, de la sécheresse et de la chaleur, on se réfugie dans les bureaux climatisés pour enfin discuter des évènements importants. On pourrait penser que pour le football c’est la technique du dribble ou de la frappe comme on dit maintenant en France en remplacement du vieux terme de « shoot » qui a fait les beaux jours et les belles émissions et reportages sur les rencontres des ancêtres de ce jeu, devenu par la magie du spectacle et le commerce alentour, les « produits dérivés », un événement majeur en Europe et en Amérique latine. Cette fois, comme on le dit aussi dans l’hexagone, le curseur a été déplacé. Ce qui compte, c’est moins la qualité de jeu d’une équipe ou des individualités qui la composent, que les achats et ventes des objets du culte, les joueurs, déshumanisés, les robots sur terrains artificiels. Ils ne représentent plus qu’une valeur marchande qui monte ou descend en fonction des cours du marché, des investissement des oligarques et marchands d’esclaves, des apports de capitaux issus de quelque entreprise pétrolière, ou mieux d’organismes de retraite spéculant sur de jeunes joueurs de talent à partir des cotisations et placements des plus âgés.

Racisme

Voilà maintenant que le terme magique et honni de racisme s’est emparé des instances les plus élevées de la bureaucratie du football. Il a fallu qu’un terme explosif soit utilisé pour que le pays se mobilise, que la colère se déchaine et que les positions se figent. Devant une telle levée de boucliers au profit de l’égalité des hommes et ici des jeunes si proches des enfants qu’ils ont été, c’est la mobilisation des instances de ce sport qui cesse progressivement d’en être un. On peut craindre que dans cette affaire, les plus faibles paient les pots cassés des plus forts. En l’occurrence, ce ne sont plus les buts marqués, les dribbles réussis qui parlent mais les manipulateurs, les hommes de pouvoir hissés au sommet de la hiérarchie administrative. On peut craindre que les véritables hommes de terrain, les anciennes vedettes n’aient ni l’habileté, la rouerie, la diplomatie nécessaires pour résoudre des problèmes sur lesquelles ils n’ont aucune autorité faute d’une formation suffisante dans le domaine des sciences sociales, des sciences tout court. Tout le monde ne peut sortir de Sciences Po ou de l’ENA.

Comment penser avec ses genoux ?

Leur vie a été consacrée à la technique de la passe millimétrée, du but marqué plutôt que celle de la plume ou de l’ordinateur pour mettre en place les réseaux, les circuits de vente et d’achat, en attendant de posséder le génie du commerce et du marchandage, sinon celui de la revente avec plus value, seule source de financement des clubs auxquels ils sont attachés financièrement. Le problème du racisme ne ressortit pas à une imagerie blanc noir ou positive / négative. Il n’est pas non plus du domaine manichéen de l’étiquette raciste ou non. Si cette appellation était aussi simple à attribuer et à afficher, personne ne se laisserait qualifier de raciste. Dans cette perspective, le niveau de discussion atteint un degré plus subtil qu’il n’y paraît. Ce n’est pas aux sportifs, fussent-ils de haut niveau qu’il appartient de coller ces étiquettes sans retenue et sans y ajouter la salive qui sert à produire l’adhérence. On ne nait pas raciste ou pas raciste. Le passage de l’un à l’autre avec son retour constitue une lente et mûre réflexion, une élaboration de la pensée et de l’opinion publique qu’il convient d’adapter aux diverses circonstances de la vie en société, qu’elle soit d’ordre physique, intellectuel, comportemental, moral ou intellectuel.

Un piège

Il est à craindre que l’entraineur de l’équipe de France en qui il est difficile de voir un raciste ne se soit laissé prendre au piège des mots et des attributs. Il est fait davantage pour diriger une équipe et des individus sur le plan technique et tactique que pour identifier au sein de son groupe des racistes ou des antiracistes. C’est à ce carrefour qu’il importe de hiérarchiser les compétences. Si « race » et racisme ont partie liée, l’étude de leurs relations nécessite d’opérer une première distinction entre la race en tant que concept biologique et la race en tant que construction sociale que l’on peut définir comme « un signe ou un ensemble de signes par lesquels un groupe, une collectivité, un ensemble humain est identifié, dans certains contextes historiques précis, cette apparence socialement construite variant suivant les sociétés et les époques ». Il ne semble pas que la direction de la FFF se soit munie des hommes suffisamment compétents dans les domaines de la gestion politique, sociale, sociétale pour statuer sur des conflits aussi larvés et difficiles à manier que ceux de l’appartenance, de l’égalitarisme, de la société, fut-elle sportive ou physique. N’est-il pas opportun pour les chances de la paix sociale de disposer d’infrastructures de plus haut niveau que le personnel issu du rang ?

Difficile gestion

Il a manifestement des difficultés à gérer une situation complexe, qui lui échappe. Elle pourrait parfaitement s’adosser aux piliers plus adaptés aux conflits que ceux chargés de gérer les problèmes raciaux. Il y a au sein de la FFF des instances éthiques qui passent leur temps à convoquer des joueurs pour leur signifier leurs fautes, leurs erreurs sinon leurs condamnations pour des écarts de conduite ou de langage. Ne serait-il pas grand temps de les faire « plancher » sur des questions aussi graves que celles du racisme et de ses manifestations les plus radicales ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la tolérance désigne le fait de s’abstenir d’intervenir dans les actions et opinions d’autres personnes ?

2. est-ce que la tolérance s’étend jusqu’aux domaines des sujets qu’on n’aime vraiment pas ?

3. Même si l’on sait qu’une chose est mauvaise, doit-on considérer que la vertu de tolérance tient au fait qu’il est moralement bon de l’accepter ?

4. Est-ce que l’intolérance est légitime à l’égard de tout ce qui menace l’exercice même de la tolérance ?