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Racisme anti-chien ?

lundi 5 novembre 2007, par Picospin

Le Président de la République est très occupé. Non seulement, il va chercher des âmes perdues en plein désert pour en extraire des orphelins qui ont envie de connaître le beau pays de France, mais il serait heureux qu’une loi réglemente les rapports de la population avec la gent canine.

Pour l’instant, c’est le seul animal, vivant en France, qui mérite l’attention de M. Sarkozy puisque il s’est ému d’apprendre qu’un bébé attendant l’arrivée d’un ascenseur qui descendait d’un étage élevé avec son seul client, un chien, avait été grièvement mordu par ce dernier en présence de quelques témoins qui n’étaient pas parvenus à lui faire lâcher prise.

Jurisprudence ?

Ce cas susceptible de faire jurisprudence avait immédiatement inspiré la rédaction d’une loi visant à protéger la population des ravages causés par cet animal, autrefois considéré comme le meilleur ami de l’homme, si ce n’est son plus fidèle compagnon. Depuis, malgré ou à cause des antécédents de lois raciales, il a été descendu de son piédestal pour recevoir l’opprobre de la population soucieuse, sans doute à juste titre, de protéger la population humaine et surtout ses éléments les plus jeunes. Les excuses que la nation peut trouver à la conduite "inqualifiable" des toutous est que ni les propriétaires de chiens ni la population dans son ensemble ne possède une formation éthologique suffisante pour domestiquer de façon efficace cet animal. On craint seulement que d’autres désastres ne s’abattent sur le pays comme l’invasion actuelle des coccinelles qui sont pourtant considérées avec une approche sympathique parce que cet insecte si minuscule ne fait guère perler de lui, qu’il est silencieux, qu’il porte une belle robe et qu’il avale parfois quelques pucerons. Comparé à ce mini insecte, le chien mérite une autre dignité, une autre distinction, un autre destin.

Des animaux honorés

Certains d’entre eux n’ont-ils pas été décorés sur le front des troupes pour avoir recherché et sauvé des corps ensevelis sous les avalanches, les gravats ou les tremblements de terre. L’honneur et le courage des uns ne fait pas nécessairement la réputation des autres. Si on veut s’intéresser de plus près au comportement des animaux, il est nécessaire de puiser ses sources dans les travaux de Konrad Lorenz, un des fondateurs de la pensée éthologique. Cette dernière consiste à étudier des comportements communs à une espèce et qui sont indépendants de l’apprentissage par imitation entre congénères. Elle se divise en une école behavioriste qui étudie l’adaptation des animaux à leur environnement et l’acquisition des comportements par l’apprentissage. La psychologie finaliste plaide pour des comportements entièrement instinctifs chez l’animal. Les comportements moteurs des animaux seraient basés sur des pariades dont similitudes et différences selon les espèces seraient calquées sur les caractères morphologiques.

Comportements ?

Les animaux parviendraient à une amélioration adaptative de leurs comportements. La réaction conditionnée à un stimulus fait partie d’un cycle régulateur, dans lequel la réussite ou l’échec du comportement conditionné agissent sur son facteur déclencheur, le seuil d’activation. Il y a ainsi un lien direct entre la réussite d’une séquence comportementale et son déclenchement futur. On retrouve ici un aspect de la théorie darwinienne de l’évolution. L’étude du comportement très complexe des animaux ne doit pas se baser uniquement sur une opposition entre l’inné et l’acquis comme le supposaient la plupart des éthologistes, mais sur leur coexistence au sein du psychisme de l’animal. Le comportement des animaux est donc très complexe, et son étude ne doit pas se baser sur une opposition entre les notions d’inné (ce dont un être dispose à sa naissance) et d’acquis (ce qui est appris après la naissance) comme le supposaient la plupart des éthologistes, mais sur leur coexistence au sein du psychisme de l’animal. "Le chien est un produit de consommation courante vendu sans mode d’emploi." Le chien, contrairement aux idées suscitées par le fantasme et l’ignorance, est un animal prédateur animé par des instincts de défense, de conquête et de conservation de territoire et de dominance sexuelle. Il partage d’ailleurs certaines de ces caractéristiques avec d’autres mammifères, comme l’homme par exemple.

La meute

Dans une meute, à l’état sauvage, le canidé vit dans une hiérarchie très rigoureuse, au sommet de laquelle est un dominant auquel les autres sont soumis. L’autorité est parfois remise en cause par un téméraire qui peut devenir chef à son tour au prix d’un affrontement. Les chiens que l’ont peut voir -hélas- vagabonder en groupe sont soumis dès qu’ils sont ensemble à l’effet de meute. Lorsque plusieurs chiens dévorent une fillette, un vieillard, ce qui ne manque pas d’arriver chaque année, un expert vétérinaire apparait dans la presse pour dire "c’est l’effet de meute". Et puis, plus rien, le vrai coupable n’est évidemment pas l’"effet de meute", mais le propriétaire de l’animal qui ignore ou feint d’ignorer cette particularité de son "meilleur ami". Dans la meute humaine, il arrive souvent au chien de se croire le chef. Mais qu’importe si des "amoureux des bêtes" prennent du plaisir à être mordus chez eux par leurs propres animaux de compagnie et dominés à leur insu. Ce qui, par contre est intolérable, c’est qu’ils laissent par négligence leur animal agresser chaque jour des personnes qui n’ont pas demandé à l’être ou qu’ils puissent mettre en danger la vie des membres de leur famille les plus faibles, les plus inaptes à se défendre, c’est à dires les enfants, victimes de 70% des morsures prodiguées par le meilleur ami de
l’homme.

Les chiens sont-ils dangereux ?

Il convient de se méfier des chiens dans leur ensemble. Le plus petit, porte en lui une capacité de prédation liée à ses origines. Le cas récent d’un bébé dévoré par des jagdterriers (petits chiens pugnaces) nous le confirme. D’après le témoignage d’un des gendarmes présents sur les lieux, l’enfant avait été "rongé jusqu’à l’os ". Evidemment, la gravité des risques augmente proportionnellement avec la taille des animaux et la taille de leurs mâchoires ; ce ne sont, alors, plus seulement les enfants mais aussi les adultes qui sont des proies potentielles. C’est aussi parce qu’ils sont les descendants d’animaux créés et sélectionnés pour la chasse, la guerre, le combat, et la garde que de nombreux chiens peuvent se montrer particulièrement dangereux. En plus des traditionnels et inévitables bergers allemands et dobermans, méfiez vous surtout des molosses de type "dogue", des molosses comme les chiens de bouviers et les chiens de montagne, mais aussi de certains terriers, ainsi que les chiens de prise pour la chasse. Egalement, il faut craindre les chiens de l’arctique (spécialement les malamutes et les samoyèdes), qui sont de redoutables chiens de garde. Les chiens pris en compte par la loi du janvier 1999 comptent parmi les plus dangereux, ne serait-ce que par leur gabarit et la puissance de leur mâchoire. Ces dernières années en France, la population de chiens dangereux a augmenté de façon exponentielle. La Préfecture de Police de Paris révèle que leur nombre a quintuplé entre 1994 et 1997. Depuis, plus de chiffres communiqués, sans doute est-ce trop effrayant. La loi du 6 janvier 1999 prend en compte ce nouveau problème de sécurité publique. Il procède sans doute d’un malaise général dans les sociétés occidentales ravagées par un libéralisme incontrôlé, qui fait qu’un nombre sans cesse croissant de personnes recherche la compagnie d’animaux d’origines exotiques (Argentine, Japon, Afrique du Sud…) qui ont été repérés uniquement pour leur férocité et leur faculté à rassurer leur détenteur. En effet l’amour des animaux a souvent bon dos lorsqu’il s’agit de chiens, un nombre incalculable de propriétaires battent les leurs ou les font vivre dans des conditions stupéfiantes. Il serait souvent plus honnête de reconnaître que la possession d’un chien potentiellement dangereux est dictée par une de ces deux alternatives : "J’ai peur de tout, alors j’ai un gros chien" ou "Je ne suis pas grand chose, mais avec un molosse on me respecte".

Le chien contre la solitude affective ?

On remarquera que des apprentis-sorciers croisent des chiens entre eux à partir de la liste sous-citée et/ou avec d’autres chiens réputés dangereux et ce, à seule fin de créer de nouvelles races de chiens, plus impressionnants et plus agressifs. Nous ne pouvons donc pas procéder ici à l’identification de tous les bâtards possibles, car au moment ou nous écrivons ces lignes, de joyeux drilles imaginent et réalisent, dans de petits coins de campagne ou dans des caves d’immeubles les saillies les plus insolites. Des "nouveautés" sont appelées à naître chaque jour. En attendant une loi plus stricte et mieux documentée, et qui inciterait les maîtres à un minimum de responsabilité et à un minimum de connaissance de leurs animaux, cette loi permettrait à n’importe qui de s’armer en toute légalité. Lorsque vous saurez qui sont ces chiens, vous pourrez mieux les reconnaître et mieux éviter de les rencontrer de trop près.

Questionnement :

1. Faut-il faire une loi sur la protection des enfants et même des adultes contre les attaques et morsures par chiens ?

2. Cette loi doit-elle s’appuyer sur un ou plusieurs cas de morsures graves ?

3. Que doit-on penser d’une éthique applicable aux animaux de laboratoire et domestiques ?

4. Est-il recommandable d’enseigner l’éthologie ?

5. Si oui, à qui, où quand et comment ?
6. que faut-il penser de la multiplication des animaux domestiques chez les personnes vivant dans la solitude, comme remède affectif à cette dernière ?

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