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Les riches et les pauvres

Réceptions fastueuses en République

Grandeur et humilité

vendredi 2 mars 2012, par Picospin

La France se range résolument dans cette deuxième catégorie. Il semble que cette attitude soit indépendante de la peronnalité qui occupe le fauteuil présidentiel. Quelle est la légitimité de cette prétention qui coute cher au contribuable dont les revenus sont amputés chaque année d’une part non négligeable de ses revenus ? Il parait que cette attitude politique et culturelle est due à la tradition de l’hospitalité, aux fastes du pays hôte et à une certaine grandeur dont ne saurait se départir une nation habituée à occuper le premier rang depuis fort longtemps dans le concert des nations.

Où est la grandeur ?

Est-ce que la grandeur se loge dans les assiettes, les couverts, les homards et le confort de chaises et fauteuils présentés aux hôtes des dîners, les cérémonies protocolaires ou les réceptions offertes à tel roitelet, tel dictateur qui « s’assoit sur la République » ? Face à ce gout du luxe et du faste, d’autant plus facile à appliquer qu’il est imputé à l’Etat plus qu’à la personne qui le représente, il est d’autres gouvernements qui n’affichent pas la même opinion et la même conduite sur ce problème. Des commentateurs avisés de la politique française et européenne se sont amusés - si l’on peut dire - à comparer les manières de recevoir et de vivre des états, en particulier ceux de l’Europe, désormais organisée en union ce qui facilite les rapprochements, les confrontations, les jugements et offre une ouverture, un coup d’oeil, une fente du trou de la serrure à l’observateur qui veut bien s’adonner à la comptabilité résultant des priorités accordées au luxe, à la somptuosité, à la majesté réelle, feinte ou ostentatoire des responsables de la bourse de l’État étudié. Il y a là une gout, parfois immodéré, de l’abondance, de l’ostentation, de l’opulence au risque de heurter les susceptibilités des citoyens qui voient une partie de leur bien public filer entre leurs doigts au moment où ils peinent à survivre - et les générations futures avec eux - ce qui est plus grave encore si l’on tient compte d’une éthique qui projette plus d’intérêt sur l’avenir que sur le présent, et encore plus le passé. Les générations futures sont les générations d’êtres humains qui viendront après les générations actuelles.

Satisfaction des besoins

Les besoins des générations futures sont l’un des fondements du concept de développement durable qui est une nouvelle conception de l’intérêt public, appliquée à la croissance économique et reconsidérée à l’échelle mondiale afin de prendre en compte les aspects environnementaux et sociaux d’une planète globalisée. C’est un un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Puisque de toutes façons existeront des hommes à l’avenir, leur existence qu’ils n’ont pas demandée, une fois qu’elle est effective, leur donne le droit de nous accuser nous, leurs prédécesseurs, en tant qu’auteurs de leur malheur, si par notre agir insouciant et qui aurait pu être évité, nous leur avons détérioré le monde ou la constitution humaine. Alors qu’ils peuvent tenir pour responsable de leur existence seulement leur géniteur immédiat (et que même là ils ont seulement droit à la plainte s’il y a des raisons spécifiques permettant de contester leur droit à avoir une progéniture), ils peuvent tenir des ancêtres lointains pour responsables des conditions de leur existence. Donc pour nous aujourd’hui », le droit qui se rattache à l’existence non encore actuelle, mais pouvant être anticipée, de ceux qui viendront plus tard, entraîne l’obligation correspondante des auteurs, en vertu de laquelle nous avons des comptes à leur rendre à propos de nos actes qui atteignent les dimensions de ce type d’effets. » Hans Jonas identifie un danger psychologique dans la promesse de prospérité et souligne que le progrès scientifique a un prix.

Trop de technologie ?

Lucide sur les dangers de la technologie, il est conscient des limites de tolérance de la nature, concernant le problème de la nourriture, de la matière première et de l’énergie à l’échelle mondiale, et préconise un progrès avec précaution. De ce point de vue, il est à l’origine du principe de précaution. Hans Jonas voit dans les parents et les hommes d’État deux modèles essentiels sur lesquels se fondent le principe de responsabilité. Ne doivent-ils pas s’obliger à rechercher la modestie et l’humilité pour dépenser en fonction des possibilités de chacun, des revenus et recettes et éviter les manifestation d’apparat, d’étalage des richesses, de recours à la pompe, aux solennités, à la somptuosité, à l’ostentation, aux allusions trop fréquentes et empthatiques à la grandeur, à la magnificence, sinon à la gloriole et aux appels au cérémonial. Le développement durable ou soutenable répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Les besoins et plus particulièrement les besoins essentiels touchent les plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité d’autant plus que l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir est là pour nous rappeler que notre planète n’est pas nantie de ressources illimitée.
Face à la crise écologique et sociale qui se manifeste désormais de manière mondialisée par le changement climatique, la raréfaction des ressources naturelles, l’effondrement de la biodiversité avec en particulier le rapprochement du pic pétrolier, les écarts entre pays développés et pays en développement, sécurité alimentaire, la déforestation, la croissance de la population mondiale, les catastrophes naturelles et industrielles, le développement durable est une réponse de tous les acteurs depuis les serviteurs des États, les acteurs économiques, la société civile, les agents culturels et sociaux du développement.

Nouvelles valeurs

Il s’agit aussi, en s’appuyant sur de nouvelles valeurs universelles au premier plan desquelles se situe la responsabilité, la participation écologique et le partage, le principe de précaution d’affirmer une approche double dans le temps qui incite à utiliser les ressources de la Terre, à condition de respecter le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations futures et dans un espace où chaque humain a le même droit aux ressources de la Terre selon le principe de destination universelle des biens. Est-il nécessaire sinon indispensable de citer à ce propos les réflexions de Hans Jonas affirmant que l’esprit a fait de l’homme la plus vorace des créatures au rythme d’une progression où l’espèce se trouve poussée à moins consommer le revenu capable de se régénérer que le capital unique de l’environnement. Cet homme ne se réveille-t-il pas d’une orgie de butin et d’une ivresse de victoires technologiques engendrant toutes les utopies de bonheur pour découvrir le tragique d’une situation dans laquelle la création confère l’esprit à un être de besoin et d’instinct.

Et en Allemagne ?

Et l’Allemagne me direz-vous, que fait-elle ? Elle dépense 6 fois moins d’argent que la France dans un décor des plus sobres où règne une protestante, fille de pasteur, agrégée de physique. Peut-être fait-elle plus appel à l’esprit qu’à la grandeur et aux réceptions ? Ce type de vie n’est-il pas moins onéreux ?

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