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A quoi sert l’éthique ?

Recherche de la vérité, des connaissance et de l’éthique

Unanimité des philosophes ?

mardi 19 mai 2009, par Picospin

Depuis que la fameuse crise a montré le bout de son oreille ou de son nez, il ne se passa pas un jour sans que soient réclamées des mesures efficaces, des garde-fous, des règlements, une réglementation internationale susceptible de mettre un terme sinon au moins de freiner des excès, des transgressions en ce qui concerne les opérations et le comportement des banquiers, hommes d’affaires, hommes politiques qui, par leur pouvoir exorbitant concentrent entre leurs mains une puissance, une autorité qui les autorise à manipuler non seulement les deniers honnêtement gagnés par les plus honnêtes et souvent les plus pauvres et les plus désarmés de la société, mais aussi leurs corps et surtout leurs âmes travaillées par la seule nécessité de survivre dans un monde hostile, peu charitable sinon de nourrir leurs enfants.

Une bourse marécageuse

Il paraît que la bourse, grand pourvoyeur de fonds et de gains et pertes inattendus avait en son âme, quelque part caché, un système d’autorégulation qui la dispensait de veiller à l’équilibre des dépenses et des recettes selon l’avis plus qu’autorisé d’un dénommé Adam Smith, père de l’économie moderne, et qui à ce noble titre avait disséqué à l’intérieur d’un personnage tout droit descendu d’un portait décrit ou peint par George Orwell, celui du Big Brother en tant que émanation d’un surveillant sans scrupule, d’un maitre sans concession et d’un délateur sans pitié. Comme dans la Théorie des sentiments moraux, Smith se demande dans la Richesse des nations comment survit une communauté où chaque individu se préoccupe avant tout de son intérêt égoïste. Il va toutefois avancer une explication nouvelle et différente de celle proposée dans son ouvrage précédent. Les actions des individus sont coordonnées et rendues complémentaires par le marché et ce qu’il appelle la « main invisible. »

Lois du marché

Selon Smith, les « lois » du marché, associées au caractère égoïste des agents économiques, conduisent à un résultat inattendu : l’harmonie sociale. La confrontation des intérêts individuels mène naturellement à la concurrence, et cette dernière amène les individus à produire ce dont la société a besoin. En effet la forte demande provoque l’envolée des prix, cette dernière amène donc naturellement les producteurs avides de profits à produire le bien recherché. L’égoïsme d’un individu seul est nuisible, mais la confrontation des égoïsmes mène à l’intérêt général. Si un producteur tente d’abuser de sa position et fait monter les prix, des dizaines de concurrents tout aussi avides de profit en profiteront pour conquérir le marché en vendant moins cher. La main invisible oriente donc le travail vers l’usage le plus utile à la société car c’est aussi celui qui est le plus rentable. Elle règle avec justesse aussi bien les prix, que les revenus et les quantités produites.

Un penseur du nom de Smith

Adam Smith avance donc l’idée d’un marché « autorégulateur » que n’avaient pas eue les physiocrates. Paradoxalement ce mécanisme, paradigme du libéralisme économique, est très contraignant pour l’individu qui se voit imposer aussi bien son activité que sa rémunération. Il ne s’agit pas de faire ce que l’on veut, car le non-respect des recommandations du marché mène à la ruine. En fait, « l’individu est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions ». Depuis la fameuse « crise » actuelle, la « main invisible » ne soupèse plus rien, n’équilibre plus les cordons d’une bourse devenue folle et qui, en avance sur son plan et son temps risque à terme de détruire tout l’édifice social bâti avec d’infinies précautions mais aussi de grands risques par les capitalistes en herbe qui ne reculent devant aucune manoeuvre pour tirer vers eux les mannes tombées du ciel.

La retraite ou l’impuissance

Alors, depuis que le Dieu d’Adam Smith, de Voltaire, de tous les déistes en goguette s’est retiré du monde, que moins de gens peuvent survivre à la lueur des récits d’Auschwitz et du « désenchantement du monde », que de plus en plus nombreux sont ceux qui, comme Primo Levi, peinent à survivre à leur propre témoignage de l’horreur et de l’indicible, les gens désarçonnés réclament partout, comme l’arrivée d’un sauveur et d’un Messie, l’intervention de la discussion, de la délibération, de la raison et de la sagesse. C’est la combinaison en proportions plus ou moins égales qui serait capable de rétablir une situation fortement compromise par les sortilèges, la superstition, l’incompréhension, l’enfouissement dans l’erreur, la négation de la vérité, l’idolâtrie.

Pénurie de sages

Il se trouve que les quelques sages que compte encore le monde ont été remis en selle par des philosophes également répartis dans la chronologie comme le furent, par ordre d’entrée en scène et en écriture, Aristote, Maimonide, Spinoza, tous auteurs d’une réflexion sur l’éthique, cette méthode plus rationnelle que miraculeuse qui, sans nier le rôle plus ou moins central de Dieu, recommande à l’homme perdu ou perplexe de faire plus appel à la raison qu’aux passions, plus à la sagesse qu’à la tristesse pour chercher et trouver, par l’appropriation des connaissances, la curiosité, le savoir, la joie d’être et de faire.