Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Recul des effets du vieillissement et avantages pour la société

Est-il dramatique de vieillir ?

Recul des effets du vieillissement et avantages pour la société

Quel mythe que celui de l’éternelle jeunesse

jeudi 10 septembre 2015, par Picospin

La pauvreté aussi, dans certaines zones de notre globe dévastées par la chasse des animaux hors de leur habitat, la déforestation, l’inadéquation de la formation professionnelle avec les besoins des états en compétences, savoir, expérience et appétit de connaissances.

Formation des enseignants

Le recrutement et la formation des enseignants comporte des lacunes, insuffisances, maladresses bien que la première ait été à juste titre appelée entreprise de matière grise. Pourtant les études ne manquent pas qui relèvent la part déterminante de l’effet maitre et de l’effet établissement dans la réussite ou l’échec des élèves, l’importance prise par l’éthique et les pratiques professionnelles de chaque enseignant. Dans les sociétés occidentales, le nombre des personnes vivant largement au-delà de 70 ans continue d’augmenter sans que ce vieillissement ait une influence déterminante sur les capacités des personnes qui le subissent, même si elles elles sont perçues comme étant en phase de déclin physiologique et cognitif inéluctables, générant par cette évolution des couts importants pour la société.

Quelles capacités résiduelles

La prise en compte par l’opinion publique des pertes et déficits survenus pendant cette phase n’est pas seulement due à une appréciation erronée des capacités résiduelles de la personne prenant progressivement de l’âge mais est vécue par le jeune témoin de cette manière de vieillir comme une incapacité cognitive à l’apprentissage pendant toute la durée de la vie, s’accentuant au cours de la vieillesse. Pour s’adapter aux changements qui touchent sa personne, son environnement physique et social l’adulte âgé peut procéder à des apprentissages même si les opérations cognitives connaissant un ralentissement, en tout cas insuffisant pour s’opposer à la soif de connaissance. Celle-ci sera acquise de manière informelle ou inconsciente ce qui ne l’empêche nullement de participer à, sinon de générer une meilleure adaptation de l’individu à de nouvelles situations.

Pas seul mais à plusieurs

Ces entreprises ne sauraient se réaliser exclusivement dans la solitude. Elles on besoin de l’assistance de la société, de la confrontation à autrui, de l’encadrement par les sachants, les agglomérats de personnes dument formées et éduquées, capables de transmettre leurs connaissances et compétences, les adapter aux possibilités des apprenants en en innovant les applications, la manière d’enseigner à l’aide du plaisir suscité par cette action et du renforcement de l’estime de soi provoqué par elle.

Le mieux-être

La formation des adultes âgés oriente vers un mieux être de l’apprenti en lui conférant un renforcement de la satisfaction d’être utile, de contribuer au perfectionnement de la culture générale et au développement psycho-affectif de la personne. Éducation ou formation, elle traduit la nécessité d’apprendre à tout âge de la vie en permettant, facilitant l’intégration des adultes âgés dans le cycle de la vie particulièrement parce qu’elle les intègre dans un espace sans frontière visible dans lequel la dernière phase est considérée comme un aboutissement. Elle l’est par le fait même que la personne qui avance en âge a pris soin des choses et des gens, s’est adaptée aux succès et déceptions liés au fait d’être, par nécessité, générateur d’autres personnes, promoteur d’idées et de choses et agent du murissement successif des stades qui mènent à la vieillesse.

Une oeuvre collective

Cette oeuvre est collective. Elle n’a de chances de réussir qu’avec l’assistance continue d’individus renouvelables, jeunes et plus âgés, capables de communiquer leur dynamisme, leur joie de la découverte des beautés et énigmes de la vie, y compris celle de la mort, étape inéluctable en forme de point d’orgue. Le renouvèlement des connaissances, relations, amitiés devient dans ces circonstances un impératif si la personne vieillissante souhaite garder son enthousiasme, sa vivacité, l’acuité de son esprit, de ses réactions et réflexions et son adaptabilité aux conditions sans cesse inaugurales des expériences imposées par une société en mal d’inventivité, de modernisation, de rejet de certaines traditions, habitudes, rites ou pratiques qui incitent au confort et repos de l’imagination plus qu’à l’excitation de l’innovation.

Préserver et maintenir

Pourquoi ne pas passer de cette dualité aux formations et apprentissages au cours du grand âge lorsque toute l’attention, par précaution ou prophylaxie, mérite d’être concentrée sur la préservation ou le développement de la mémoire, de la cognition, du management des transitions et changements dans la vie avancée, l’approfondissement des théories de l’apprentissage et du développement des potentialités ? Ces projets pourraient-ils mener à une meilleure approche de la formation des ainés sous leurs aspects institutionnels par l’appel aux universités du 3e âge, pédagogiques et par le recours à la nouvelle « gérontagogie » et gérontologie éducative comme un moment de l’évolution vers une éducation permanente intégrale ?

Risques de ségrégation

Cette dernière pourrait servir de paravent aux tendances à la ségrégation des ainés dans le cadre des institutions éducatives ce qui aurait tendance à affaiblir le mouvement vers l’éducation permanente. Celle-ci doit être intégrée à l’ensemble de la pédagogie pour réaliser la meilleure qualité possible dans l’adaptabilité à la formation aux différents publics au détriment d’une approche spécifique. Cette volonté suppose l’existence d’une recherche et d’un soutien dynamiques à la mise en pratique de l’ensemble des variantes de formation utiles aux adultes âgés pour faciliter la réalisation de leurs projets d’apprentissage toujours possibles à tout âge.

Gérontologie

La gérontologie s’enrichit des données recueillies à propos des facteurs jouant un rôle plus ou moins décisif dans l’évolution de cette discipline. Ce sont le vieillissement démographique, les besoins des adultes à l’âge médian, et des adultes âgés, le développement de la science en gérontologie et de la formation des adultes et l’apport de nouveaux publics pour les institutions d’éducation. Vieillir n’est plus le drame pressenti par tous ceux qui sentent l’imminence de son approche et ses conséquences sur le bien-être, les capacités, la joie de vivre et d’entreprendre.

Une société de l’assistance

La société est là qui en prend en charge une certaine partie, celle où elle peut intervenir pour freiner l’évolution des dégâts du vieillissement, rétablir l’enthousiasme pour la perception de la vie, amortir les inconvénients de la douleur, susciter curiosité pour les phénomènes de l’existence, l’approche des autres, la chaleur des relations avec l’homme et l’animal. Elle peut se substituer aux individus, aux organismes pour suppléer les actions des individus engagés dans l’aide à la vulnérabilité et renforcer les mécanismes de défense élaborés par l’homme vieillissant contre la fragilisation, l’affaiblissement, la perte de confiance dans ses propres croyances, convictions, sinon certitudes.