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Rédemption par le sport

dimanche 21 mars 2010, par Picospin

Ce défi n’est pas pour leur déplaire puisqu’on dit que le panache est une des revendications de cette société prompte à s’enthousiasmer pour un oui ou pour un non pourvu qu’il permette de se rassembler sous la bannière de la victoire. Raison de plus pour détester la défaite qui remet en question la vaillance, la dignité et la fierté de tout combat pour l’honneur, la preuve assénée d’une existence en faveur d’une cause juste.

Une image

Dans le sport c’est celle de la victoire plus que de l’action accomplie, du mérite plus que de la profitabilité, de la cotation et de la grandeur plus que de l’image donnée de soi-même à soi-même. Dans cette perspective, le Général avait vu juste qui avait trouvé le slogan de « Honneur et patrie » aux lendemains d’une défaite dont avaient profité de nombreux esprits chagrins pour inciter le peuple à la modestie, à l’humilité plus qu’à l’intrépidité. En ces temps là, beaucoup avaient choisi la résistance, la noblesse d’esprit et la grandeur. Peut-être est-ce à partir de ce sursaut d’orgueil que le pays a pu se reconstituer à partir des éléments épars qui étaient tombés de l’arbre tombé en désuétude, qui avait perdu ses feuilles et dont les branches desséchées commençaient à joncher le sol autrefois labouré par les chenilles des chars, les sabots des chevaux et le sang des hommes. Pendant que reculait l’esprit, le corps prenait sa revanche sur la défaite et l’humiliation. On commençait à se laver mieux avec un savon qui n’était pas fait de la graisse des hommes ramassée dans les camps de la mort à partir des victimes du sacrifice universel, devenu progressivement mausolée des intentions des tueurs les plus ardents à vouloir éradiquer toute racine de vivant, de bonheur et de joie de vivre.

Des fées moins que des sorcières

Cette tendance ne s’est guère infléchie depuis la période malheureuse vécue par nos parents qui étaient tombés dans un obscurantisme envoyé par des fées fort actives et expertes en mythologie nordique, sortes de vierges guerrières, de divinités mineures dites dises qui servaient Odin, maître des dieux. Leur nom provient du vieux norrois valkyrja, des mots val (abattre) et kyrja (choisir). Elles suivent Odin-Wotan au cœur de la chasse sauvage, mais surtout survolent à cheval les ciels de batailles d’où elles désignent les braves qui devront périr. Visibles aux seuls héros que leurs lances ont choisis, elles les emportent au Valhalla où les attend une place d’honneur au banquet d’Odin. Gardiennes du site sacré, elles s’occupent des festins, servent l’hydromel et égaient l’assemblée guerrière de leur présence. Pendant que les Nazis profitaient de leur force décuplée pour envoyer au monde un message de haine, de culte des corps, de manifestations à grand spectacle susceptibles d’attirer les adeptes des réunions de masse, d’autres modes de représentation du sport commencèrent de s’exhiber, essentiellement en provenance du modèle anglais.

Modèle anglais

Ce dernier a accouché d’un grand nombre d’activités pratiquées ce qui n’implique nullement que les auteurs de ces innovations y excellent particulièrement. C’est le cas du football, du rugby comme vient de la montrer le grand chelem réalisé hier par l’équipe de France aux démens d’une équipe d’Angleterre courageuse mais finalement battue par un faible écart de points. A cette époque d’autres pratiques corporelles existent en France sous une forme différente de celles en vigueur de l’autre côté de la Manche. D’autres formes d’organisations sportives et de pratiques d’exercices corporels existent dans certains pays d’Europe centrale mais qui restent éloignées des modèles du club ou du championnat sportif. Dans une certains mesure, le développement des compétitions à l’échelle européenne sinon mondiale contribue à aplanir les différences et à unifier des modes de compétition encouragés en cela par l’échange de plus en plus fréquent de joueurs et sportifs entre les clubs. Ces derniers sont dans l’obligation d’unifier leur mode de gestion et d’organisation pour jouer le même jeu non seulement sur le terrain mais aussi au niveau de l’administration, des finances et de l’échange des acteurs sportifs qu’ils soient classés dans la catégorie des amateurs ou dans celle des professionnels.

France

En France, lycéens, étudiants et retraités, prennent plus tard en charge le travail d’organisation de leurs propres distractions qui ont rapidement quitté le domaine des loisirs pour aborder celui d’un véritable culte du corps dont les enjeux se situent au-delà de la simple fréquentation de fitness clubs, propres à assurer une longévité plus grande et une meilleure fonction de leur corps sinon de leur esprit. La volonté d’encadrement des populations ouvrières par le sport débouche sur une volonté d’affiliation des acteurs à un mouvement sportif spécifiquement ouvrier. Dans la dure bataille des compétitions internationales, les fédérations veillent maintenant à un strict encadrement des sportifs dont les meilleurs ont reçu l’étiquette de « haut niveau ». On recrute des directeurs techniques, des entraineurs d’expérience nationale ou mieux internationale, quitte à les faire venir d’ailleurs si l’on ne trouve pas dans le pays d’origine les ténors capables de pousser à l’extrême limite de leurs possibilités les athlètes confiés à leur exceptionnelle expertise.

Du plaisir et de l’épanouissement au forçat

De la sorte, le sport a glissé progressivement d’un plaisir personnel ou collectif corporel et mental à un travail sans relâche sans lequel aucun résultat à l’échelle internationale ne saurait être obtenu. C’est en tout cas ce qui est réclamé à corps et à cris par l’ensemble de la population, faute de quoi l’encadrement est renvoyé sèchement dans ses foyers pour résultats insuffisants et mauvais résultats des retours d’investissement. C’est la leçon que l’on peut retirer de l’observation actuelle de la vie dite sportive qui va du Tour de France cycliste, épreuve des plus populaires aux diverses compétitions engagées sous les auspices du ballon rond et à un moindre degré, ovale.

Questionnement éthique :

1. Pour quelle raison insiste-t-on avec autant de persévérance et de vigueur sur l’application de l’éthique dans le sport de compétition ?

2. Pourquoi a-t-on créé des comités d’éthique dans certains sports en particulier le football ?

3. Le dopage parait être au premier plan des préoccupations des organisateurs de compétitions sportives, en particulier cyclistes ?

4. Cette préférence est-elle du à des notions de justice, de finances, de santé, de risques pour les coureurs ?

5. Quelles sont les raisons profondes de cette interminable chasse à l’homme contre l’usage de produits qui risquent de nuire à la santé et d’en favoriser certains au détriment des sportifs honnêtes ?