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A quoi servent les inondations par les réformes ?

Réformes, éducation et soins

A ceux qui les promulguent ou ceux qui les subissent ?

mercredi 31 mars 2010, par Picospin

Il n’y est question que de réformes et plus encore du mot que de la chose. En ce qui concerne ce monstre appelé « Education Nationale », autrefois déjà fustigé par Claude Allègre qui voulait s’attaquer au problème en général et aux problèmes en particulier de cette organisme, on ne cesse de tourner autour du pot pour chercher la meilleure des solutions afin de hisser au niveau suprême les élèves de telle ou telle section.

Quels enjeux ?

On se demande si dans cette valse permanente, à trois ou quatre temps, ce qui est en jeu est l’éducation, le savoir et le jugement des enfants ou leur rivalité avec d’autres nations qui continuent tranquillement leur chemin vers la science, la pertinence des opinions et la vertu sans être soumis aux aléas des passions, de l’expérience plus ou moins poussée et comprise des conseillers techniques chargés de repenser sans fin les moyens les plus efficaces pour l’être envers les candidats à la vie, à l’intelligence, à la créativité et à l’imagination. Faut-il vraiment passer par un cycle permanent de réformes pour atteindre au but de créer un être doué de raison, de spiritualité, de tolérance et d’écoute, apte à saisir l’altérité même si elle n’est pas franco française mais qu’elle peut emprunter à d’autres le soin de construire un homme et une femme apte à la réaction, à la réflexion et au bonheur de saisir, de comprendre et d’ouvrir le cœur et l’esprit.

Un bon projet

Au lieu de ce projet de vie simple, facile à comprendre et peut-être aussi à mettre en œuvre, parents, enfants, entreprises en voie de délocalisation ou pas sont confrontées aux lubies des uns et des autres dans un laminoir d’idées, d’illusions et de songes dignes des mille et une nuits si ce n’est ceux d’Alice au Pays des Merveilles sorti tout droits des presses d’un certain Lewis Carroll, attaché à montrer le caractère dépaysant du pays des merveilles, les métamorphoses physiques et le perte du savoir scolaire subies par Alice mais auquel elle voudrait se raccrocher pour comprendre le monde étrange qui l’entoure et le pays dans lequel elle vit ou tente de vivre. C’est celui de la contestation, par l’absurde, d’un ordre du monde établi sur l’arbitraire, les contradictions, les excès, les cruautés, le dérèglement du temps. Ce dernier manque cruellement pour agir, pour résister aux cauchemars d’un pays où Alice est prise au piège d’un monde sans logique, toujours remplacé par une folie qui n’ose dire son nom. Les personnages qui s’y agitent sont ambigus et inquiétants. Dans cet univers fantastique et fantasque, suffit-il de se réunir à l’heure du thé pour chasser les démons qui envahissent, défont ce qui est fait, abrogent ce qui vient d’être régulé et abattent les cloisons qui viennent d’être édifiées.

Un ballet sans opéra

Est-ce que ce ballet sans fin de la « réformite » suffit à remettre debout les personnages couchés, ébranlés par tant de métamorphoses ? Ont-ils besoin d’être pris en charge, soignés, guéris de leurs affections et de leurs pandémies comme celle de la récente grippe que nous venons de subir, non chez Alice mais un peu partout dans le monde. Les organisateurs organisèrent, prédirent pour le meilleur et le pire. Personne ne put suivre les cadences infernales imposées par les institutions prônant prévisions, précaution en convoquant toutes les heures une Cassandre qui n’en pouvait plus d’avoir autant de travail, de tâches à accomplir pour colorier en rose ou en vert ce qui était gris et noir. Quand il fallut guérir la pauvre Alice après son parcours chaotique, effrayant, parfois, passant du terrifiant au joyeux à d’autres moments, on devait s’adresser aux établissements chargés par la société de animaux et des hommes de débarrasser le corps de ses impuretés et l’âme de ses fantasmes.

La rencontre d’Alice et de Cassandre

Ce qu’on y découvrit ne fut pas de nature à rassurer la femme ou l’homme frappé par la maladie, l’attaque par des structures étranges des organes les mieux défendus comme des citadelles imprenables assiégées, défendues par une poignée de guerriers mal armés d’objets obsolètes. C’est à ce moment que l’on se pencha sur plus malade qu’eux. Ce fut cet énorme complexe répandu sur tout le territoire du grand Paris qui devint la cible des attaques les plus virulentes, sinon les plus méchantes. Il s’appelait curieusement Assistance Publique Hôpitaux de Paris. On y vit certains privilèges comme celui de l’écart en équivalents temps plein médicaux (ETP), à 550 ETP entre le personnel médical de l’AP-HP et celui des CHU. Même chose pour les personnels non médicaux, qui selon le rapport seraient "près de 20 000 emplois à plein temps de plus" que l’effectif correspondant à sa part d’activité nationale (11,6 % des postes, contre 8,7 % d’activité). L’écart entre "le sentiment de manque" de personnel et le sureffectif à l’AP-HP s’expliquerait par des problèmes d’organisation et de suivi de l’activité médicale.

Contrôles et prévisions

Les tableaux prévisionnels d’activité sont peu nombreux et les tableaux de service réalisés sont inégalement produits. Peu de contrôles sont réalisés sur la conformité de ces tableaux et des services effectués car "comme dans beaucoup d’hôpitaux, les chefs de service ne s’estiment pas en charge du contrôle du service fait. Les équipes du matin", sont beaucoup plus fournies que celles de l’après-midi, dont le temps de travail est légèrement plus long et dont "les horaires sont moins conciliables avec une vie de famille". Cette disparité influe sur les capacités d’accueil des hôpitaux. Les écarts dans le nombre de personnels présents varient en fonction de plannings très fluctuants. "Ils présentent de fortes variations du nombre de personnels soignants". Dans certains services, le nombre de personnels présents peut varier du simple au double d’un jour à l’autre. "Faute de réflexion institutionnelle sur les besoins en personnels soignants des services, il est difficile de se prononcer sur l’adéquation des effectifs à l’activité. Plus qu’une charge contre les personnels, le rapport note que, de manière générale, les moyens de l’AP-HP n’ont pas été correctement déployés en fonction de ses besoins. "Les différentes ressources, humaines ou médico-techniques, sont réparties sur des bases influencées davantage par le passé que par les réformes récentes ».