Un autre regard sur les questions éthiques
 

Lettre d'information
Votre adresse email
Format de réception :

Les 5 derniers articles de cette rubrique :
- Travailler plus pour gagner plus ? Comment faire ?
- La stèle d’Hammourabi : quelle justice avant celle de Rawls ?
- De l’ascension de la Vierge vers l’Azur aux effets délétères des bureaux obscurs
- Une éducation mal à l’aise
- Mère Teresa et sa foi


Société

De la fable à la science
Refroidissements
De la métaphore au calcul

Article rédigé par Picospin le samedi 11 février 2012

En France, on vient de découvrir cette donnée sous l’appellation de « température ressentie » comme si c’était une nouveauté, une équation difficile ou impossible à saisir ou à comprendre.



Il s’agit tout simplement de ce que l’on appelle aussi le refroidissement éolien, en d’autres termes celui qui est provoqué par le vent et qui s’ajoute à la valeur affichée par le thermomètre. Le refroidissement éolien désigne une sensation ressentie directement par le corps d’un être vivant à sang chaud. Le déplacement d’air, en soi, ne fait pas baisser la température. Cependant, un mammifère homéotherme, animal à sang chaud dont nous hominidés faisons partie, forme une couche d’air à la surface de sa peau grâce à son métabolisme interne, contrairement aux poïkilothermes, animaux dits à sang froid comme les grenouilles, crocodiles, serpents ou lézards qui doivent prendre des bains de soleil pour réchauffer leurs vieux ou jeunes os. L’air qui est un isolant thermique est emprisonné dans les vêtements ou la fourrure qui gardent la peau à une température constante. En temps normal, seule la convection enlève cet air réchauffé. Exposé au vent, le corps perd cette couche protectrice et amène en permanence de l’air à température ambiante au contact de la peau alors que le corps s’efforce de remplacer la couche chaude. Ce mécanisme intervient lorsque la température de l’air est inférieure à la température d’équilibre thermique. Lorsque la température est suffisamment élevée, la transpiration, s’évapore et crée une zone d’air humide autour du constituant homéotherme. Le mouvement d’air chasse cet air humidifié et apporte de l’air plus sec, favorisant ainsi l’évaporation, donc le refroidissement. L’indice de refroidissement éolien est une quantification du taux de perte de chaleur. Il n’est applicable qu’aux êtres vivants à sang chaud. Il n’est pas applicable à un objet inanimé, comme une auto, car celle-ci perdra rapidement sa chaleur pour atteindre celle de l’air ce qui annule l’effet de refroidissement éolien. Plus la température est basse, plus l’impact du vent sur la température perçue par le corps humain est grand. Ainsi, à -20 °C, un vent de 50 km/h fait baisser la température perçue par le corps de 15 °C, soit l’équivalent d’une température de -35 °C par temps calme (sans vent). Les pays nordiques sont plus sensibles à ce sujet que les pays plus tempérés. Au Canada et aux États-Unis, le refroidissement éolien est indiqué lors des informations météorologiques. Les valeurs du refroidissement éolien sont des indications utiles plus spécialement aux cyclistes et motocyclistes pour leur permettre de se représenter le refroidissement auquel leur corps sera exposé en fonction de leur vitesse de déplacement. Il est étrange que cette notion élémentaire ait attendu plusieurs années pour faire son apparition en France alors qu’elle figure en bonne place dans les bulletins météorologiques des pays d’Amérique du Nord. Il est vrai que chez eux, la météorologie est une science exacte par laquelle les informations sont données en pourcentages et probabilités de survenue et non en récits affabulés dans lesquels la rigueur scientifique le cède à l’invention, au romantisme et à la métaphore.




Répondre à cet article



Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

[Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]