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Relations entre le handicap et les infirmités avec l’éthique et la santé publique.

mardi 29 janvier 2013, par Picospin

Cette phase de « bonheur » ne doit en rien autoriser les autorités à relâcher leur vigilance et surtout à rêver que la partie est gagnée et que les soins aux infirmes et handicapés touchés de plein fouet par des collisions graves doivent être réduits ni au point de vue des traitements, ni de la prévention ni surtout de la recherche en faveur de dispositifs de plus en plus ingénieux et confortables pour compenser les lésions et leurs conséquences neurologique et motrices.

Les questions qui se posent à ce sujet relèvent en premier lieu des conséquences ou du rôle que jouent les stigmates de ces afflictions portées par l’être humain dans la discrimination accomplie par l’environnement lorsqu’il s’occupe d’en influencer la politique, la santé publique ou les lois des pays démocratiques. Le rôle principal joué dans cette relation est bien celui de l’éducation. Pour illustrer cette affirmation, devenue de nos jours hypothèse, qu’il suffise de se rappeler les mœurs prédominant au cours de ces 40 dernières années, quand les femmes s’étonnèrent de voir les hommes bien élevés tenir la porte ouverte au moment où elles franchirent leur seuil ou encore la prédominance des noms masculins pour désigner les êtres humains en général. Ces bouleversements sont intervenus dans le cadre du langage, des conventions sociales et d’autres manifestations de la vie courante, le plus souvent rapportées par les femmes comme n’étant pas si anodins qu’il y paraissait à première vue. Pour quelle raison une personne marchant avec des béquilles est-elle surprise, voire offensée quand un steward d’une compagnie aérienne lui demande si elle voyage seule, question qu’il ne posera jamais à une passagère normalement constituée ou d’apparence normale ? Pourquoi un aveugle ne réagit-il pas quand le chauffeur de taxi refuse de prendre l’argent qu’il lui tend ? La personne normale penserait qu’il est toujours préférable et avantageux de ne pas s’acquitter du prix élevé de la course au moment où les tarifs des taxis grimpent de manière excessive. Une éducation est réussie quand elle parvient à expliquer comment les exemples tirés des expériences quotidiennes vécues par les handicapés dépassent de loin celles recueillies au cours des entrainements vécus au nom de la sensibilité. Les gens dits normaux sont susceptibles de se rendre compte dans quelle mesure le poids du handicap provient des faits, évènements, interactions subjectives qui contribuent à les convaincre que les conséquences directes et indirectes de leurs « misères » ne sont pas aussi graves qu’on se l’imagine. La réputation du handicap est bien plus tragique aux yeux de l’entourage qu’au ressenti des personnes qui en sont les victimes. Cette discordance ne s’explique pas seulement par la rareté des contacts entre les deux groupes de personnes. Les gens « normaux », indemnes de tout handicap considèrent que les traitements et mesures à prendre pour assurer un retour à la normale en faveur des personnes atteintes de quadriplégie n’avaient qu’une importance réduite ne serait-ce qu’à cause de leur médiocre qualité de vie. Ces derniers se sont plaints d’avoir été ignorés par les enquêtes conduites sur leur vie et, pire, que leur qualité de vie n’a même pas été évaluée. Si bien que les deux catégories de personnes, les infirmes et les normaux ont été traitées de la même manière dans l’élaboration statistique de leur mode de vie et de sa qualité. La manière d’évaluer et de classer la sévérité d’une infirmité est sans doute moins importante que les véritables conclusions tirées des expériences faites à partir des conséquences induites par leurs séquelles et les discriminations qui en résultent. C’est en imaginant, créant et construisant des dispositifs visant à lutter contre les inconvénients et difficultés de la vie des handicapés et des infirmes qu’on en saura un peu plus sur la manière dont ces derniers se tirent d’affaire et s’y prennent pour compenser leur déficit. Il ne suffit plus de se rendre compte du fait que la largeur d’une porte d’entrée est plus grande que celle d’une chaise roulante, encore faut-il tenir compte des manœuvres nécessaires à mobiliser cette dernière après son entrée dans une immeuble. Ce type de renseignement ne diffère guère de celle qu’on accrédite pour la population normale destinée à habiter dans un immeuble standardisé. A condition de se représenter avec minutie et objectivité les multiples possibilités et conditions de survenue et d’évolution du handicap.