Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Rencontres autour de rondeurs

Rencontres autour de rondeurs

samedi 17 juillet 2010, par Picospin

Il concerne la conversation qui a eu lieu récemment, au retour de Thierry Henry de sa campagne manquée d’Afrique du sud. Avec qui s’est-elle déroulée ? A l’invitation du Président de la République. Que voulait-il savoir ?

L’état d’esprit d’une équipe de football décimée moralement et physiquement ? Les moyens de la sortir de cet état après de nombreuses années passées à entendre le discours paradoxal, étrange, incompréhensible et toujours à contre-sens d’un entraineur dont on ne connaît toujours pas les raisons de l’étrange accession au sommet de la hiérarchie du sport si populaire en France ? Peu de langues se sont déliées après l’aventure sud-africaine résolue en un fiasco d’autant moins attendu que des garanties, des pronostics favorables, une confiance inébranlable avait été accordée à une équipe en péril au sujet de laquelle les doutes avaient été de rigueur, les questions posées multiples et variées. Que voulait donc savoir notre Président après cette aventure et à l’orée d’une nouvelle carrière du capitaine aux Etats-Unis dont les avantages, s’ils peuvent être fortement financiers, n’apparaissent guère dans d’autres domaines ? Rien n’a percé de cet entretien ce qui ajoute encore au mystère épais et épaissi de cet échange. Brève rencontre

Est-ce qu’une telle rencontre méritait autant de publicité et de cérémonial si le thème en est aussi banal. Allait-on se livrer à une analyse du fonctionnement du sport professionnel en Amérique ? Si oui, dans quel but après celui marqué irrégulièrement par la main contre une équipe irlandaise bafouée, humiliée, injustement sanctionnée ? Il est excellent qu’un chef d’état s’intéresse à la vie, aux problèmes, à la carrière de ses sujets fussent-ils célèbres ou au contraire humbles, méconnus, partageant avec les concitoyens les mêmes difficultés au cours d’une crise qui n’en finit pas de se dérouler sous nos yeux impuissants à la comprendre, à en tirer la substantifique moelle, à en démonter le mécanisme. Il est non moins souhaitable que ce même Président s’implique dans la vie de ses concitoyens surtout au moment les plus difficiles et qu’il prenne conseil auprès d’un du sport des remèdes proposés pour sortir des comportements les plus condamnables, d’une éthique sportive méconnaissable, d’interventions étrangères superflues sinon excessives.

Priorité

Pour autant, cette thématique est-elle une priorité et si oui pour qui ? N’y a-t-il pas d’excellentes personnes venues tout droit de la pharmacie ou d’organisme d’état célèbres pour s’enquérir des problèmes posés par l’exercice du sport dit de haut niveau ? Cette tranche d’activité ne risque-t-elle pas de cacher la forêt faite d’arbres qui ont du mal à pousser, faute d’être entretenues par des gardes forestiers facilement transformables en éducateurs en activités physiques capables de recueillir la sève qui s’écoule de ces dignes représentants de vie végétale du territoire ? Combien d’enfants encouragés à la pratique de l’activité sportive la cessent dès la sortie de l’institution scolaire pour voir mollir la musculature ferme et dure acquise pendant l’adolescence et perdre le souffle nécessaire à la course prolongée à travers bois vite difficilement mais joyeusement acquis autrefois pour se tourner vers les cafés et bars, les rencontres secrètes, les fumeries et beuveries organisées comme substituts à la vie pleine de promesses, aux horizons infinis de professions passionnantes, à la création de descendances en perfectionnements ?

Préoccupations ?

Ce sont ces questions qui pourraient agiter les préoccupations des responsables, de tous ceux qui ont souhaité en prendre pour le bénéfice de leurs semblables plus que pour le leur. Les ventres s’épaississent, les cerveaux s’embrument aux contacts des inepties et banalités servies aux repas de famille, lieu privilégié, dit-on, des rencontres entre leurs membres et servant d’occasion aux échanges qui autorisent, sinon favorisent questions, objections, critiques, encouragements pour ce que déjà il y a plus de 2000 ans le philosophe appelait la vie bonne. Pourquoi ne pas saisir l’occasion de la pratiquer ?