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Un jeune diplomate

Rencontres « conviviales » à Tunis au lendemain de la « révolution »

Prudence et sagesse

dimanche 20 février 2011, par Picospin

Du côté de la maitrise de la langue, il ne semblait pas y avoir de problème tant le jeune homme, frais émoulu de la diplomatie française montrait des dons manifestes dans l’exercice de la communication dans cette langue au cours d’un repas sur une longue table avec des interlocuteurs tunisiens.

Il n’en était pas à son coup d’essai puisqu’on apprend que le tout jeune homme, les cheveux en brosse venait d’occuper un poste diplomatique en Irak ce qui devait plaider en sa faveur. Ses manières et son éducation ne suivaient pas exactement les contours plutôt arrondis de son discours que je ne pus comprendre. Par contre je savais observer ses manières qui n’étaient pas entièrement celles d’un diplomate rompu aux négociations, échanges, discours internationaux ce qui est la moindre chose pour un fonctionnaire du Quai d’Orsay qui vient d’entrer dans la carrière. Il semble que sa prestation n’ait pas convaincu tous les présents à la réunion puisqu’une certaine mauvaise humeur commençait déjà à se faire sentir parmi les convives puisque déjà on pouvait capter grâce à la finesse de certaines ouïes des ordres tels que « dégage » ou « le peuple tunisien choisit ses ministres et il est mûr pour juger les ambassadeurs étrangers ». Ces propos se virent attirer la même réponse cinglante que celle exprimée plus tôt par les représentants mexicains à propos de l’affaire diplomatique qui tend actuellement les relations entre plénipotentiaires mexicains et français ce qui fait ressembler ce scénario plus à une opérette du regretté Francis Lopez représentée au Chatelet interprétée par un quelconque Luis Mariano ou Georges Guétary qu’à un affaire grave qui hypothèque sérieusement la vie d’une jeune Française dont on ne sait toujours rien de précis par manque volontaire de renseignements fournis par les médias. Si ce n’est que, suivant son compagnon de rencontre, il est possible qu’elle l’ait accompagné dans ses activités dont la nature reste encore confuse. On a donc mis en première ligne un sympathique et beau jeunot dans pour une tâche difficile où la plus grande prudence est de mise tant la situation reste encore tendue dans les pays qui viennent d’être soulevés par la vague révolutionnaire et indépendantiste teintée de volonté démocratique ce qui a surpris tout le monde y compris les analystes les plus fins et les esprits politiques les plus distingués. On ne sait comment va évoluer la représentation diplomatique de notre débutant mais tout laisse à penser qu’il aura intérêt à mesurer ses propos même s’il sait les exprimer en arabe ce qui est un bon point pour entamer des conversations qui risquent de se prolonger dans une situation instable où se mêlent assurément enthousiasme débordant, joie d’accéder à plus de liberté et satisfaction d’avoir pu prendre une revanche sur d’anciens « colonisateurs ». "No comment", le nouvel ambassadeur de France à Tunis, en provenance de Bagdad, n’a pas souhaité commenter les manifestations qui se déroulaient samedi devant sa résidence comme devant l’ambassade. Elles ont réuni moins d’un millier de personnes, 500 selon l’AFP. "Boillon dégage", le slogan a aussi fait florès sur Facebook, où on compte près de 10 000 messages hostiles au fringant diplomate. "Dégagez, le résident général", une allusion au temps des colonies et du protectorat français en Tunisie.
« Comment en est-on arrivé là ? Une incompréhension, une maladresse ? Interrogé par une journaliste tunisienne à son arrivée, Boris Boillon a semble-t-il mal compris une question, posée en arabe. "N’avez-vous pas des craintes d’arriver, avec peu d’expérience, dans une situation troublée ?", a demandé la reporter. Sur la vidéo filmée par la radio Mosaïque fm, Boris Boillon s’énerve et quitte la conférence de presse, pestant contre les questions "débiles". Un témoin présent raconte : "Il a mal compris la question, il a cru que la journaliste lui demandait s’il avait peur pour lui. Comme il a une dégaine de cow-boy et qu’il arrive d’Irak, on doit considérer que ce sentiment lui est étranger. À l’avenir, les journalistes tunisiens lui poseront les questions en français. Ici, on est francophone, ce n’est pas Bagdad."
Joint par le Point.fr, essoufflé à la fin de sa séance de sport quotidienne, Boris Boillon renvoie sur le quai d’Orsay. "L’ambassadeur est dans l’action, il n’est pas dans la polémique", a expliqué Bernard Valero, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. L’ambassadeur a tout de même twitté samedi des excuses à l’adresse des Tunisiens : "Vraiment désolé, si j’ai pu offenser. Ce n’est pas mon intention." Peut-être ai-je eu tort d’avoir été impressionné par la maitrises apparente du jeune homme en langue arabe puisqu’apparemment le sens d’une question posée dans cette langue lui a échappé ce qui a contribué à tendre les relations et à déclencher la politique de la chaise vide lors d’un repas dont on ne connaît pas encore la composition mais que l’on devine avoir été confectionné avec du couscous et des boulettes dans l’espoir qu’elles n’ont pas servi à bombarder les convives présents au festin inaugural auquel on ne saurait que souhaiter bonne chance.