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Que faut-il savoir de cette pandémie ?

Réponses aux questions que vous vous posez sur la grippe porcine

Comment la prévenir, la détecter, la soigner ?

vendredi 4 septembre 2009, par Picospin

Q : J‘ai été surpris d’apprendre que le port de masques est susceptible d’augmenter le risque de propagation de cette grippe au lieu de la diminuer du fait que la surface autour de la bouche et du nez se réchauffe et s’humidifie ce qui considère une véritable occasion pour le virus de se développer alors que le port du masque ne diminue en rien le risque car il laisse passer le virus par ses pores. Est-ce vrai ?

R : En réalité le virus se reproduit dans les tissus de l’appareil respiratoire et non dans la peau, si chaude et humide soit-elle. Les masques visent plus à empêcher la transmission qu’à en diminuer la contamination. Il est certain que les masques deviendront plus chauds et plus humides à mesure de leur présence dans la zone vulnérable ce qui incite à en changer fréquemment dans la journée. C’est pour toutes ces raisons que le gouvernement britannique a refusé de constituer d’importants stocks de ce dispositif bien qu’une nouvelle tendance se fasse jour pour recommencer à ordonner la fabrication de ces outils de prévention.

Q : On dit que la pandémie grippale en Espagne a provoqué une certaine mortalité qui serait liée à une libération énorme, « orageuse » de cytokines qui seraient la preuve d’une réaction immunologique excessive. Est-ce la même chose avec la grippe A ? Si c’est le cas, y a-t-il une chance pour que la diminution de la réponse immunitaire chez les jeunes adultes puisse diminuer la taux de mortalité ?

R : Il n’y a aucune preuve actuellement que le grippe « mexicaine » ait jamais provoqué la fameuse « tempête des cytokines » ce qui en mon âme et conscience m retient de vouloir atténuer la réponse immunitaire d’une personne porteuse du virus grippal.

Q : En raison de la publicité intempestive faite autour de la grippe A, comment pouvons-nous savoir si cette forme de grippe est devenue pandémique dans certaines régions ? Quelles précautions doit prendre le public qui ne voyage pas souvent dans des zones de pandémie pour réduire le risque de contamination ? Est-ce qu’une hausse de la température contribue à accélérer l’extension du virus ?

R : Nous saurons que le virus provoque des épidémies locales s’il existe une chaine continue de transmission d’une personne à l’autre. Il n’y a aucun moyen de garantir la prévention de l’infection dans l’activité régulière de tous les jours. Les employeurs doivent prévenir leurs employés de ne pas venir travailler d’autant plus facilement que ces derniers se sentent mal lorsqu’ils restent à la maison et qu’ils ont déjà appelé leur médecin pour une consultation plutôt que de se rendre dans un centre de soins. Le virus semble préférer vivre dans les hivers frais pour des raisons qui ne sont pas encore claires.

Q : Comme je suis actuellement sous traitement immuno-suppresseur pour une arthrite rhumatoïde, quelles implications dois-je en tirer si par malheur je suis entré en contact avec un virus A ?

R : Vous êtes sans doute plus vulnérable à l’infection par ce virus si vous restez en contact avec lui et l’infection est susceptible de provoquer une atteinte plus sévère ce qui devrait vous inciter à consulter rapidement votre généraliste pour lui poser la question des mesures à prendre.

Q : Peut-on dire que le virus grippal mexicain est plus grave que celui des Etats-Unis ou d’ailleurs ?

R : Je serais très heureux d’en connaître les causes même si actuellement on ne sait pas encore si le virus est plus actif et tue davantage que celui des Etats-Unis. Ce qui est sur en tout cas, c’est que le virus mexicains est une variante du H1N1 et qu’à ce titre il constitue une nouveauté pour l’homme et qu’il est différent de celui de la grippe saisonnière.

Q : Comment se comporter pour éviter de transmettre le virus dont l’agressivité est maintenant établie et dont la présence chez un malade incite à rester à la maison pour éviter de le transmettre trop largement ?

R. : Les médicaments contre la grippe comme le « Tamiflu » sont mis sur le marché pour raccourcir la durée de la maladie et permettre une reprise du travail plus précoce. Le Service National de la Santé au Royaume Uni ne force pas à prescrire ce produit car il est cher et que la grippe reste pour la plupart des gens une maladie bénigne dont les symptômes limitent l’activité physique avant de permettre le retour normal au travail. Ces considérations incitent à prescrire le repos et le séjour à la maison pour éviter toute contamination ultérieure des collègues ou amis. Comme la grippe restreint l’activité professionnelle plus longtemps qu’un rhume banal, cette infection mérite qu’on fasse ce qu’il faut pour en réduire et les risques et les séquelles.

Q : Neuf personnes seulement sur des centaines de millions sont décédés de la grippe. Est-ce qu’il n’y en a pas davantage qui meurent de la grippe saisonnière et n’y a-t-il pas plus de maladies graves qui tuent des gens chaque jour ?

R : Chaque jour dans le monde, des milliers de gens meurent du SIDA, de la tuberculose et du paludisme, toutes affections curables. La diarrhée et les maladies respiratoires qui sont d’origine infectieuse tuent des millions d’enfants très jeunes chaque année. Même dan un monde développé, qui mange gras les maladies infectieuses comme la pneumonie et les septicémies tuent des centaines ou des milliers de gens chaque année. Toutes maladies confondues, les atteintes infectieuses à elles seules provoquent annuellement 15 à 20 millions de morts, ce qui représente un tiers de tous les décès. La grippe du porc présente un caractère particulier en ce qu’elle vient se surajouter aux décès déjà répertoriés chaque année. Une pandémie comme celle qui est survenue pendant la guerre de 14-18 et qui a tué au moins 50 millions de personnes serait un évènement catastrophique car cette statistique ne ferait que doubler la mortalité annuelle habituelle. Ce risque, en tout cas reste fortement improbable. Ce que la grippe actuelle et les réactions qu’elle déclenche soulignent c’est que nous sommes prêts à accepter cette taxe sur les infections sans en faire une montagne. Alors que « Maman est morte de la tuberculose en Zambie après avoir contaminé ses trois enfants » n’est guère un titre qui fait vendre beaucoup de journaux.

John McConnell is Editor of The Lancet Infectious Diseases journal