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Réactions américaines à la vaccination anti-grippe A

Réponses contrastées aux vaccins

Les discours des médecins américains

dimanche 15 novembre 2009, par Picospin

Quand je parle à mes amis de la vaccination contre la grippe que provisionne mon cabinet contre le virus actuellement en pleine activité, voici ce que j’entends : « oh, mon Dieu, mon médecin n’en a pas. Pourriez-vous m’en procurer une dose ? » L’autre moitié des personnes interrogées sur cette question répond et interroge à son tour pour savoir ce que j’en pense, en particulier sur le sujet de la sécurité et de l’absence d’effets délétères.

Réactions opposées

La réaction de la population au vaccin est double. D’un côté il y a des gens qui montrent une certains réticence à se faire vacciner eux et leurs enfants alors que de l’autre côté certains personnes s’empressent de faire vacciner les leurs le plus rapidement possible. D’un autre côté, nous les médecins, nous nous opposons fermement aux parents qui sont décidés à ne pas faire vacciner leurs enfants. C’est à ce moment que les historiens font leur entrée dans cette pandémie par le biais de la variole survenue au Mexique à partir d’une personne en provenance de New York. Les autorités, sans faire le détail se mirent à vacciner tout le monde y compris ceux qui avaient déjà reçu un vaccin auparavant. C’est ainsi que toute la ville fut revaccinée sans qu’on recense le moindre cas de résistance. Les gens avaient bien évalué le rapport entre bénéfice et risque et se sont mis à écouter avec la plus grande attention les représentants des autorités officielles de santé.

De la variole et de la polio à la grippe

Dans certaines conditions particulières, des parents ont été confrontés à la survenue d’épidémies comme celle de la variole ou celle de la poliomyélite, circonstances qui ne se rencontrent plus tellement de nos jours. De nombreux médecins qui pratiquent la médecine actuellement n’ont jamais vu le moindre cas de variole ou de polio grâce à la vaccination. Quand les pédiatres sont confrontés actuellement à la grippe, ils cherchent à s’en protéger le mieux possible et à agir au mieux des intérêts des enfants alors qu’une bonne centaines d’enfants sont déjà morts du fait de la grippe H1N1 dont la mortalité est nettement plus élevée chez les enfants et les femmes enceintes. C’est pour cette raison que nous offrons la vaccination aux enfants des parents les plus angoissés du fait de la grippe mais aussi à ceux qui sont terrifiés par les conséquences négatives possibles des vaccins actuellement disponibles.

Rassurer

Pour les rassurer, nous expliquons que les produits actuels ne sont pas fondamentalement différents des vaccins utilisés jusqu’à maintenant et qu’ils répondent à la même technique que celle employée pour les vaccinations contre la grippe saisonnière classique. Elle est donc sûre, efficace et a été testée de façon rigoureuse à plusieurs reprises. J’ai conseillé à des parents inquiets de faire pratiquer une vaccination nasale à leurs enfants ce qui peut servir de bonne recommandation en raison de la variété des germes auxquels les enfants sont exposés ce qui garantissant une certaine efficacité, est de nature à rassurer les parents particulièrement inquiets. Ce travail d’explication a renversé la tendance de parents qui autrefois étaient inquiets de recevoir pour leurs enfants le fameux vaccin, le devenaient maintenant du fait de ne pas y avoir droit. La situation actuelle est dramatique à un point rarement observé jusqu’ici.

Dégradation rapide

Des pédiatres ont vu des enfants aller vite de plus en plus mal au point qu’une oxygénothérapie était nécessaire car déjà ils présentaient un épanchement pleural et devaient rester hospitalisés pendant un long moment. Le rédacteur de l’article a eu l’occasion de lire de récents articles sur des drames qui ont impliqué un élève de maternelle sans aucun antécédent pathologique, qui vient de mourir dans un hôpital célèbre et à la suite de ce décès, de multiples réunions ont eu lieu entre des parents dévastés et inquiets des conditions d’hygiène qui avaient cours dans cet établissement. Les opinions des parents sur l’opportunité de faire vacciner leurs enfants est variable depuis ceux qui recherchent des vaccins à tout prix, ceux qui les craignent et ceux qui pensent que la vaccination est au moins aussi dangereuse que la maladie qu’elle cherche à prévenir. Une autre autorité médicale de Philadelphie ne craint pas d’affirmer que nous avons une expérience très longue de la fabrication des vaccins et de la technologie qui la sous tend. Cet argument n’emporte pas la conviction des nombreuses personnes qui en ont peur même si elles ne savent pas d’où elle vient et à quel défaut elle est liée.

Injection de corps étranger

Il est des personnes qui ne supportent pas l’idée de recevoir l’injection d’une substance étrangère au corps et qui préfèrent prendre le risque du contact avec le virus qui peut vous tuer ou non. L’épidémie actuelle n’est guère catastrophique à condition d’oublier qu’elle touche des enfants sans défense immunitaire et qui a déjà provoqué plus de décès en quelques jours que l’a produit n’importe quelle grippe saisonnière. Cette opinion fait penser à une réplique d’un film de Woody Allen, "Annie Hall", dans lequel on voit une femme se plaindre de la mauvaise qualité de la nourriture dans un restaurant célèbre, plainte à laquelle on répond qu’il s’agit de toutes petites portions si peu significatives. Et le médecin de conclure qu’il est réellement effrayé quand il voit un enfant fébrile tousser, chez lequel il est incapable de prévoir l’évolution de la maladie. C’est pour cette raison qu’il veut lui offrir immunité, protection et vaccination ce qui lui rend cette perspective heureuse et l’empêche de se plaindre de l’obligation d’un choix cruel pour décider du mode de prévention et de traitement.

The New York Times
November 10, 2009
18 and Under
Fearing a Flu Vaccine, and Wanting More of It
By PERRI KLASS, M.D.

Questionnement :

1. Avez-vous décelé des différences entre le comportement vis à vis du vaccin des Français et des Américains ?

2. Si oui, quelle pourrait en être la cause ?

3. En revanche, y a-t-il des différences de perception envers les vaccins entre Américains et Français ?

4. Si oui, lesquelles ?

5. Comment expliquer que la tradition américaine envers les procédures médicales penche plutôt en faveur des actes à pratiquer que vers l’abstention, ce qui ne serait pas le cas pour les vaccins nouveaux qui font peur ?

6. Perçoit-on le même comportement et la même réaction en France malgré les incitations directes de Roselyne Bachelot à passer à l’acte de la vaccination d’autant plus qu’un grand stock a d’ores et déjà été acheté par les pouvoirs publics, malgré la hauteur de la dette ?