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Absentéisme : quelles causes et quels effets

Responsabilité parentale dans la déscolarisation et les conduites aberrantes

Comment éduquer votre enfant ?

jeudi 31 mars 2011, par Picospin

Si elle ne se révèle pas toujours à plusieurs reprises ou à la moindre occasion, elle peut se manifester à certains occasions, en particulier celles où l’enfant n’est pas habitué à s’intégrer dans un milieu et un espace dont il aurait acquis la maitrise.

Comment se tenir à table ?

Dans le cas qui nous préoccupe, il s’agissait d’un restaurant dans lequel l’un des garçons âgé de 4 ans se tenait particulièrement mal à table sans qu’aucune intervention parentale ne tente de corriger son maintien et sa conduite ou de tenter de le remettre sur le chemin d’une éducation convenable. Les lecteurs de cette courte histoire sont intervenus par des commentaires appropriés qui jetèrent l’opprobre soit sur le jeune individu « mal élevé » soit sur les parents « indignes », laxistes, passifs devant les incartades du garçon et incapables d’élever leurs rejetons. L’histoire se termine intelligemment par une citation de Platon qui stipule que « quand les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles... les maîtres tremblent devant les élèves et préfèrent les flatteries... ». La conclusion de cette histoire tient en quelques mots : « Comment espérer que les instituteurs, aujourd’hui promus « professeurs des écoles », puissent, malgré l’honnêteté et le dévouement qui les caractérisent, exercer leur métier d’enseignant si leurs classes sont composées (ne serait-ce que pour un quart) de ces énergumènes ? (définition : « personnes exaltées qui se livrent à des cris, des gestes excessifs dans l’enthousiasme ou la fureur »). Les rappels à l’ordre continuels ne troubleront-ils pas le calme nécessaire au bon déroulement du cours ? »

Intervention du Code Civil

« Le devoir d’éducation des parents envers les enfants (imposé, rappelons-le, par l’article 213 du Code Civil) n’a pas été respecté. Les prérequis faisant défaut, l’enseignement va en pâtir... » Il est évidemment facile d’exonérer la conduite des parents en les accusant de laxisme, de manque d’énergie, de fatigue, de préoccupations personnelles pour leur vie privée, leur intimité, la survivance de leur couple, la mode actuelle de l’enfant roi, auquel sont accordés tous les droits sans aucune obligation de devoir en contre partie. Ces arguments ressortissent plus à la phénoménologie qu’à la déontologie avec son impératif catégorique si cher à Kant. Il n’en demeure pas moins vrai que les prévisions pour la conduite de notre planète - au moins à court terme - n’apparaissent pas excessivement optimistes si l’on veut bien tenir compte d’exemples de ce type où l’ordre du monde risque de se trouver bouleversé par la fracture des générations, les pannes dans la communication, l’irrespect de la convention signée, de la parole donnée, des tâches promises à exécution.

Condamnation de l’Univers

Un tel univers est condamné à la capitulation sans condition des civilisations les plus faibles et les plus fragiles devant celles qui seront capables de mobiliser leurs forces, leur potentiel d’invention, d’originalité, d’initiatives en face – mais non contre – une nature qui ne se montre pas toujours bienveillante mais capable de colères, de vengeance, d’attaques meurtrières contre les tentatives de domination des hommes dont les capacités de prévision, d’organisation sont loin d’être infinie. Les récentes expériences vécues au Japon et bien avant en Ukraine, aux Etats-Unis et en Indonésie sont présentes dans les mémoires pour rappeler qu’on ne peut indéfiniment et éternellement s’en prendre à la nature sans en recevoir le contrecoup. Que l’on assiste à la révélation d’un ennemi déclaré ou à l’indéfini d’une nature non ou mal maitrisée, la prudence doit conseiller de rester sur ses gardes, de préparer l’humanité par l’éducation, l’enseignement, l’apprentissage, à s’adapter aux conditions de vie sur cette terre, voire sur une autre planète si un jour les vaisseaux spatiaux doivent y emmener nos descendants pour y établir le premier campement dans l’espace.

Devoirs envers la culture

Dans ces conditions et avec de telles perspectives, le devoir pour le maintien de notre culture consiste à rester vigilant, à conserver notre veille technologique, intellectuelle, spirituelle afin d’éviter au maximum la survenue d’accidents comme ceux auxquels nous venons d’assister et devant lesquels, malgré les affirmations faussement optimistes des autorités, aucun moyen de prévention efficace n’avait été ni prévu, ni expérimenté. Beaucoup accusent les processus de déscolarisation de responsabilité dans la survenue endémique de ce manquement à la discipline, à l’ordre, à l’efficacité des apprentissages puis à la sortie des jeunes du système scolaire sans la moindre attestation d’aptitude professionnelle. Un large éventail de facteurs est susceptible d’être corrélé aux absences répétées et à la déscolarisation, d’autres causes sont réputées pour leur implication dans l’échec scolaire et la "désocialisation". D’autres le sont dans l’étiquetage et la stigmatisation, l’inadaptation scolaire, la vulnérabilité sociétale des familles, le décrochage cognitif, le rapport au savoir, celui de « l’effet maître » et de « l’effet école »… Se croisent également dans ce champ de recherches la sociologie de la déviance, celle de l’éducation, celle de la famille, celle de la pauvreté…

Bilans

« L’étude et le bilan des processus de déscolarisation éclaire le fonctionnement des systèmes scolaires à une période où la massification de l’enseignement dans les pays développés devient de plus en plus prégnante et sert d’illustration à la persistance des inégalités sociales au sein de l’école ». Les chercheurs ont porté l’accent sur les facteurs familiaux dans les interactions en milieu scolaire, l’intervention des travailleurs sociaux, les parcours scolaires. Comme les études qui combinent ces diverses approches sont rares, il importe de rappeler que c’est la combinaison de toutes ces variables qui peut faire intervenir l’interruption des scolarités, en conjonction avec les paramètres macrosociaux détectés en sociologie et en histoire de l’éducation.

Nouvelles recherches

Des recherches pourraient être entreprises sur les multiples expériences visant à proposer des solutions alternatives aux élèves exclues des normes scolaires en termes d’acquisitions et de comportements. Ces recherches concerneraient non seulement les dispositifs ou les classes relais en France, ou les collèges ou lycées alternatifs, les dispositifs locaux mettant en jeu les partenariats à l’intérieur et à l’extérieur de l’école. Il sera intéressant de déterminer si ces dispositifs modifient les moyens de sélection et de catégorisation établies par les recherches sur la déscolarisation, comment ils cohabitent avec eux et comment fonctionnent les tendances à la pénalisation des conduites juvéniles en milieu scolaire.

Questionnement éthique :

1. Quand on traite des problèmes de l’éducation, faut-il se limiter par celle qui est offerte par la scolarisation ?

2. Faut-il prévoir un engagement classique et humaniste pour étudier les problèmes posés par l’enseignement scolarisé ?

3. Quel peut être le résultat de la formation des éducateurs ?

4. Existe-t-il un risque à l’exercice de l’éducation ?

5. Est-ce que le critère de la réussite d’une éducation git dans le fait qu’elle est inachevée et qu’elle donne au sujet les moyens et la désir de la poursuivre, d’en faire une auto-éducation ?