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Quoi de neuf en Afghanistan après l’embuscade ?

Retour à Kaboul

Faut-il partir ou rester ?

lundi 1er septembre 2008, par Picospin

Il faut modifier la vision de l’aide, réfléchir à une modalité de retrait de ce pays comme de l’Irak, porter les efforts sur une assistance efficace comme ont essayé de la faire les forces canadiennes dont la mission a été payée très cher pour atteindre un objectif à peine rempli.

Pacification ? :

Comment agir ? Par encapsulation, par contrôle du gouvernement alors que l’on sait que ces structures sont difficiles, voire impossibles à administrer. Les erreurs des Américains ont été nombreuses qui ont tenté d’appliquer les mêmes techniques vouées à l’échec. La coalition de l’OTAN est réticente à renforcer les contingents qui s’exposent à des revers. Les opérations françaises auraient été mal préparées, comme l’ont suggérés l’absence de gilets pare-balles et d’un soutien aérien coordonné avec les forces terrestres. Cette action aurait mérité une armée mieux préparée en raison de la difficulté de telles opérations, d’autant plus que la société actuelle n’accepte pas la mort même si c’est un nombre de 10 dans une région incontrôlable. C’est un leurre que de vouloir construire une nation de l’extérieur, avec un gouvernement corrompu, qui régit principalement la culture du pavot qui a doublé en quelques années puisque, actuellement près de 90% de la production de drogue dans le monde provient de ce pays.

Dégâts collatéraux

On déplore des dégâts collatéraux, par les bombardements inconsidérés de l’OTAN qui mènent à une impasse, ou à une réaction spontanée non réfléchie, sans nécessairement conduire à un départ brutal. Les contingents de 31 pays présents ne jouent qu’un rôle symbolique, et n’offrent ni débouché, ni négociations avec telle ou telle partie des Talibans. On assiste à une régression barbare, comme le suggère la conservation du statut des femmes de Kaboul qui montrent à l’évidence l’échec de cette opération. Cette opération souligne à la fois le triomphe et la négation des théories de Clausewitz. On intervient dans un pays en guerre où on n’a pas déployé les moyens nécessaires à la victoire, on s’aliène à un système dérivé du principe de précaution ou bien à celui, italien, si bien décrit dans le livre de Buzzati le « désert des Tartares ».

Patrouilles

Patrouiller à pied est risqué en face des Talibans qui veulent donner une leçon et tentent de retourner la situation ? L’action des Talibans n’est pas forcément du gout des Afghans. Problème est plus chez nous que chez eux. La question est reposée de savoir comment faire une guerre coloniale, ce que les Canadiens ont essayé de bien faire, ou bien les Italiens sinon les Américains qui tirent sur tout ce qui bouge. Y-a-t-il une possibilité de droit à l’ingérence quand une armée se heurte à la réalité et qu’on ne peut imposer un système politico militaire qui n’est pas demandé par la population. Pas de solution dans la multiplication des effectifs, car cette mesure ne résout pas la question, d’autant plus qu’existent des raisons historiques, religieuses, dont il faut tenir compte pour gérer cette tumeur dans des pays qui n’ont pas nos valeurs. Illusion ou réalité ? Voie sans issue comme au Vietnam, ou établissement d’un cordon sanitaire, d’une encapsulation, ou encore d’avoir des objectifs réduits, dès lors qu’on occupe le pouvoir pour empêcher les autres de le prendre. Ici, on a affaire à une politique coopérative de construction de l’ordre mondial dans lequel jouent des chefs locaux qui n’ont pas tous été contents des Talibans, avec des féodaux et un pouvoir central.

Valeurs européennes

Faut-il consolider la politique de nouvelles valeurs, le ressenti d’un gouvernement corrompu, le constat que cette politique de valeurs humanistes, produit les effets d’une politique d’occupation, ce qui incite à s’appuyer sur une partie de la population. Faut-il ménager sa retraite qui s’imposera, alors que la coordination n’est pas faite, reconstruire mais à moindre frais ? Aller chercher ailleurs, croyance de construire des nations réalisme politique, faire pression sur les Talibans. Notion d’état voyou ? Industrie de la drogue, en allant là-bas, on rencontre des forces extrémistes qui sont fortes. Est-ce que c’est notre guerre dépendra de l’attitude des Américains ? Point fort de la politique américaine sera connu dans quelques mois, soit sous forme d’un cordon sanitaire, d’un bouclier, toutes options qui risquent de couter plus cher si l’on reste que si l’on part.