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Le temple de Salomon a-t-il existé ?

Retour aux temps bibliques de l’édification du Temple de Salomon

Pourquoi a-t-il été détruit si souvent ?

vendredi 15 octobre 2010, par Picospin

Même si ses constructions historiographiques sont parfois sujettes à caution, personne ne doute de la véracité relative de ses propos et de ses reconstitutions historiques. Sommes-nous en droit de comparer l’histoire d’une bande de nomades et d’une population sédentaire vivant sur les terres confinant au désert en fonction du temps – non « time » comme le dit le Président Sarkozy, mais weather qui est le véritable terme anglais pour signifier la nature du ciel, du soleil et des nuages – au déroulement de la vie des Roms, ces proscrits subits dont se sont saisis brusquement et au coup de sifflet initial de leur chef des Ministres plus politiques que penseurs ?

Nomades ?

Dès qu’on entend parler de nomades, nos oreilles se dressent, à l’instar des celles du lapin ou du chat pour repérer dans l’espace la nature de ces populations dont on sait fréquemment peu de choses sinon qu’elles ne se laissent pas facilement cerner et qu’elles préfèrent garder une certaine inviolabilité, propriété qui fait partie de leur dignité. Dès qu’elle est prononcée, elle est d’emblée niée par des adversaires plus que sympathisants qui jettent au feu leurs qualités d’accueil, de chaleur et de dons musicaux concentrés en leurs mains fragiles et parfois captatrices, cleptomanes pour nourrir une famille exigeante dont les becs sont largement ouverts pour mieux avaler la pitance attendue chaque minute depuis leur apparition sur la terre. Dans la logique d’un historien de qualité, de haut niveau du fait de sa naissance brillante au sein d’une famille évoluée et cultivée polyglotte car située au carrefour des civilisations, notre Flavius ne ménage pas ses efforts pour décrire par le menu les trajets des autres nomades venus pour laisser les empreintes de leurs pas aux confins du désert.

Babylone sans ses jardins

Voici comment il décrit les modes de vie, l’influence du climat sur les itinéraires de nomades et des sédentaires, les déportations qui ne ressemblent pas entièrement à celles de Babylone et comment est tue la juxtaposition des appartenances idéologiques et réelles du principal auteur de cette histoire à cheval sur l’imaginaire comme sur les confins des territoires cultivables et désertiques des anciens hébreux : « Après la déportation de Babylone, les exilés revinrent à Jérusalem. Cyrus ayant donné l’autorisation de reconstruire la maison de Yahvé, Esdras fit remettre l’autel à son emplacement et reconstruire le temple. En l’an cent soixante-quatre av. J. C., Judas et ses frères reprirent possession du mont Sion. Voyant les portes brûlées, la végétation qui poussait partout sur les parvis, les nefs effondrées, ils déchirèrent leurs vêtements, tombant face contre terre ; puis, se redressant, ils poussaient de lugubres cris vers le ciel. Pendant qu’ils purifiaient le lieu saint, d’autres attaquaient les Macédoniens qui tenaient la citadelle de David. Puis ils reconstruisirent le temple, les remparts et les tours. Jusque-là, on peut dire que la maison de Yahvé se dressait toujours sur le mont Sion, sur la colline haute, même si le temple d’Esdras et de Judas était bien différent de celui de Salomon par son style et à ses dimensions.

Questionnement éthique :

1. Le temple de Salomon a-t-il vraiment existé ? Quelles sont les preuves de son existence réelle ?

2. A quel témoignage peut-on se fier pour établir la réalité ou l’imaginaire de cette existence ?

3. Est-ce que David et Salomon ont existé ou sont-ils le fruit de montages idéologiques effectués par les cercles sacerdotaux de Jérusalem durant la période postexilique et hellénistique ?

4. Est-ce que l’examen scrupuleux du contenu concernant l’élaboration du temple ne démontre pas la part considérable accordée à la peinture d’un passé idéalisé, d’un âge d’or nimbé de gloire ?

Palais d’Hérode

Au Ier siècle avant J.C., quand Flavius Josèphe décrit avec admiration le palais d’Hérode, ce n’est pas d’un simple bâtiment qu’il s’agit, mais de tout un quartier qui ne peut être que le mont Sion, avec ses anciens édifices sacrés. Le temple de Salomon n’est alors plus qu’un vague souvenir où l’imagination se perd. Le judaïsme, quant à lui, s’est répandu dans le monde entier. Flavius Josèphe écrit qu’il n’était pas un peuple au monde qui ne possedât quelque élément de la race juive. Il y a une logique de l’histoire. Pour accueillir les pèlerins et les dons de la diaspora, la construction d’un nouveau temple s’imposait, un temple à la mesure de l’importance de cette diaspora. En 22 av. J.C., Hérode le Grand fit commencer les travaux. Il aurait été absurde de raser le mont Sion pour construire le nouveau temple. Mais, dans le prolongement de la colline basse, au nord de l’ancienne enceinte, il existait un terrain apparemment vierge où s’entassaient les ordures de la ville. On le remblaya de façon à obtenir une grande esplanade sur lequel on édifia la nouvelle maison de Dieu. Le bâtiment avait quarante-cinq mètres de haut et il fallut plus de quarante-six ans pour le construire. Flavius Josèphe écrit que lorsque le soleil l’éclairait, on ne pouvait le fixer longtemps du regard tant on était ébloui par la blancheur de sa pierre et par l’or de ses décorations.

Jérusalem rasée

En 70, à l’issue d’une guerre effroyable, les armées romaines rasèrent la ville de Jérusalem, à l’exception de quelques tours. Le feu détruisit le temple d’Hérode. Au IIème siècle, l’empereur Hadrien expulsa les Juifs et les Arabes de la ville. Sur l’esplanade, les temples étaient devenus païens. Au IVème siècle, l’empereur Constantin fit construire l’église du Saint-Sépulcre.
En 638, le calife Omar s’empara de Jérusalem. Les mosquées succédèrent aux temples païens. Soliman le Magnifique, Saladin embellirent le site. Pour ne pas être en manque d’arguments face aux Juifs qui réclamaient le lieu saint au nom de leur histoire, les califes déclarèrent que c’était de là que le prophète Muhammad était monté au ciel, chevauchant son cheval ailé Al Burak. Les témoignages sérieux sont rares et précieux, les témoins sincères et objectifs difficiles à recruter. Quand on en trouve un, il faut le garder fermement à côté de soi pour le faire témoigner et extraire de sa généralement déjà vieille carcasse tout ce qu’elle peut empiler. Josèphe est de ceux-là, même s’il a franchi des frontières nationales, politiques et idéologiques avec une surprenante désinvolture.

Droits d’auteur

Il s’est ainsi acquitté de ses droits d’auteur. C’est le prix à payer pour émettre les messages nécessaires avec la fidélité minimale et recueillir la crédibilité des lecteurs. Leur accréditation est indispensable pour conduire l’œuvre dans le temps jusqu’à son point final ce qui est souvent impossible compte tenu de l’irrépressible besoin du temps de se dérouler sans cesse avant de se surpasser à tout moment. Peut-être pourra-t-on m’accuser d’abus de mémoire à l’occasion de la résurgence volontairement ciblée des itinéraires en pays cananéen des anciens Hébreux comparés à ceux plus restreints des Roms actuels ? Sans doute aussi aboutit-il au brouillage de repères historiques déjà si difficiles à conjuguer pour éviter la sauvagerie de regrettables amalgames ? A un moment donné, ne faut-il pas sauter le pas pour enjamber la frontière entre terre arable, steppe et désert ? Ne serait-ce que pour faire mieux comprendre les séparations entre natures du sol et dons de la terre ?