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L’ascension d’une flamme sacrée

Retour sur une escalade d’exception.

qui ne l’est sans doute pas pour tout le monde

jeudi 21 août 2008, par Picospin

A l’heure où la flamme olympique devenue « torche sacrée » atteint le plus haut sommet du monde, de la Chine et du Tibet, ne faut-il pas être aveugle ou membre actif du CIO pour ne pas voir dans ce symbole fort sinon trop voyant, le message que la Chine de Pékin veut délivrer au monde en général et au monde occidental en particulier. On veut affirmer haut – c’est le cas de le dire – et fort, à travers les agences d’information et les nombreux blogueurs chinois que l’Everest comme le Tibet sont et doivent rester chinois.

Témoins sur l’Everest

Il n’y a pas plus de témoins au sommet de l’Everest que dans les régions d’altitude et de culture tibétaine comme au Tibet, Gansu, Qinhai, ou Sichuan où la répression des mouvements de protestation se déroule à l’abri des regards extérieurs depuis bientôt deux mois. Sous le Toit du monde, mais à bonne distance du camp de base, quelques journalistes assistent à des briefings langue de bois, alors qu’ils sont assommés par le mal des montagnes. Il est possible que les privilégiés qui ont subi un entrainement poussé à la vie et à l’exercice en haute montagne s’adaptent mieux que les autres à des conditions physiologiques de l’extrême, là où manque l’oxygène mais, où le corps stimulé par cette raréfaction, fabrique des globules rouges en se servant de sécrétions internes ou endocrines comme l’EPO, ce produit honni par la communauté internationale et recherché partout dans le monde par les plus fins limiers comme on le fait d’un criminel poursuivi dans le monde entier pour être un « serial killer » ou un tueur en série.

Tueurs en série

A ce propos, on vient de découvrir un nouveau substitut du sang capable de faire produire des éléments figurés semblables au sang ce qui permettra sans doute d’en économiser les perfusions ou transfusions. Je serai curieux d’apprendre comment cette nouvelle substance sera accueillie par les scientifiques et surtout par les douaniers de la science aux prises avec les éventuels utilisateurs devenus ainsi tricheurs. Et la Française des Jeux ? De quels moyens dispose-t-elle pour pourchasser dans le monde d’autres tricheurs qui faussent la régularité du jeu par des trucages ou des détours inconnus ? Les raisons d’une telle réaction envers un produit étiqueté « dopant » n’apparaissent pas toujours dans les discours d’autant plus que ce produit est administré en guise de traitement pour exciter les sites de production des érythrocytes ou globules rouges. On sait que ces éléments figurés du sang sont spécialisés dans le transport, la délivrance et l’absorption de l’oxyhémoglobine qui apporte aux organes les nutriments dont ils ont besoin pour leur activité quotidienne ou éventuellement pour des besoins supplémentaires quand cette circonstance se présente à eux. Comme les dix petits nègres, onze membres de la presse étrangère - qui ne sont plus que neuf, - deux d’entre eux ayant dû être évacués en raison d’une escalade à un rythme trop rapide en haute altitude et qui a dépassé leurs possibilités de compensation face à la raréfaction de l’organisme.

Terreur des « séparatistes »

Les alpinistes ont été invités à laisser leur place à d’autres expéditions dont aucune, parce que virtuelle, n’a été autorisée à prendre le départ. Début mars, trois jours après avoir reçu un prêt chinois de 210 millions d’euros, le Népal se serait porté garant qu’aucun « séparatiste » ne viendrait troubler le relais de la torche. Selon le correspondant de la BBC, expulsé depuis cette date, l’ambassadeur de Chine s’est rendu au camp de base en hélicoptère pour une inspection. Lorsque l’ »équipe nationale chinoise d’alpinisme » répétait l’ascension il y a un an, des étudiants américains avaient réussi à déployer près de son camp de base une banderole « One world, one dream, free Tibet ». Ce fut la première protestation liée à la flamme olympique. Depuis, le gouvernement chinois a pris toutes les mesures nécessaires pour éviter que ne se produise le moindre incident, comme par exemple le spectacle du relais de la torche avec sa double haie de policiers ou comme les 16.000 recensés en Inde à New Dehli ou les « patriotes » chinois écrasant de leurs cris toutes les voix discordantes. Depuis qu’elle est en Chine, le long du parcours de la torche, on voit des spectateurs vêtus d’un T-shirt affichant fièrement la formule anglaise déjà citée, à usage international « One world, one dream, one China ».Comme il n’y aura pas de manifs sur l’Everest, la propagande peut se déployer sans risque ni perturbations en employant des citations exemplaires et pertinentes au sujet de la bonne entente entre Chinois et Tibétains.

Le mal des montagnes

Lors d’un direct télévisé au pied de l’Everest, un technicien han, victime du mal des montagnes a témoigné de sa reconnaissance aux « compatriotes tibétains », qui l’ont secouru et qui de plus appartiendraient à la même famille. On peut espérer que ces témoignages servent de prémisses à une détente, comme l’ont fait les premiers pourparlers que le régime a accordés ce weekend aux émissaires du dalaï lama. Mais le message sera plus convainquant quand des journalistes ou des témoins indépendants pourront recueillir ce genre de propos, sur l’Everest ou à Lhasa. Sur ce pic, la Chine a besoin des Tibétains. L’an dernier à la même époque, il n’y avait qu’un seul non Tibétain dans la douzaine d’alpinistes qui ont porté une torche test jusqu’au sommet. Cette fois, il y avait 22 Tibétains dans l’équipe des 31 grimpeurs très expérimentés. En 1960, Mao envoya l’armée et le Parti à l’assaut de l’Everest. L’équipe de pointe parvint, juste avant l’arrivée de la mousson, au pied du deuxième ressaut, dernier obstacle avant le sommet. A 8600 mètres d’altitude, un des alpinistes attaqua le rocher pieds nus mais chuta à deux reprises, ce qui fit dire à la délégation chinoise qu’il était hors de question de renoncer comme l’avaient fait autrefois les grimpeurs britanniques. Au contraire, comme le peuple chinois et le Parti nous regardaient, nous pensâmes à la promesse solennelle faite au drapeau national et au buste du Président Mao que nous avions emportés avec nous et nous nous sentîmes assez forts pour réaliser et achever l’exploit de l’ascension.

Un rocher majestueux

Le rocher surplombant fut surmonté à l’aide d’une courte échelle à la nuit tombante malgré l’épuisement du chef de l’expédition. Après une réunion d’urgence il fut décidé que l’expédition amputée du Tibétain serait poursuivie et terminée jusqu’au sommet. Les Chinois ne sont pas les seuls à utiliser les aptitudes exceptionnelles des populations de l’Himalaya pour monter vers les demeures des dieux ni à minimiser leur rôle. La presque totalité des ascensions n’aurait pas eu lieu sans leur aide, et les mêmes Tibétains qui montent aujourd’hui la torche au sommet tireront les futurs riches clients des expéditions commerciales l’an prochain. Parmi ceux qui leur devront leur moment de gloire personnelle, combien se souviendront des noms de leurs amis d’un jour ? Le sherpa Tenzing, qui atteignit le premier le sommet de la montagne en 1953 avec Hillary, était né Tibétain et l’est resté toute son adolescence. Il avait joué un rôle crucial, sans lequel la réussite des Britanniques n’aurait été pas été achevée. Des membres de ma famille, raconte un habitant de cette contrée, qui ont fait la montée de l’Everest et d’autres sommets de la chaîne de l’Himalaya à la grande époque de la conquête racontent comment ils s’en sont sortis grâce aux sherpas, qui portaient toutes leurs affaires à des altitudes incroyables. Ils évoquent leur gentillesse, leur dévouement, leur anonymat, leur discrétion. N’appelait-on pas Tenzing, le Sherpa Tenzing, comme s’il portait son statut en guise de prénom ? Ces Sherpas tibétains, ne va les chercher que lorsqu’on en a besoin. Avant de descendre en flèche, Hillary, un prince qui a toujours défendu les sherpas, monté une fondation pour financer des projets humanitaires au Népal comme la construction d’hôpitaux et d’écoles pour les sherpas, a fait preuve d’un respect dont peu de summiters aujourd’hui seraient capables comme le culte de la performance.

Un illustre sherpa

Non contentes, au mépris de l’esprit olympique, d’avoir accordé les Jeux 2008 à la Chine – pays peu scrupuleux en matière de démocratie et de protection de l’environnement – voici que maintenant les autorités du CIO permettent aux organisateurs tout et n’importe quoi. Lors du parcours de la flamme olympique, on va finir de démythifier le plus haut sommet du monde en le transformant en vulgaire objet de promotion politique. Il est en effet prévu de faire passer la flamme sur le « toit » du monde, ceci au prix d’une mainmise complète sur l’itinéraire tibétain. Réduire le versant tibétain de la montagne à un cirque dévolu à l’argent s’inscrit dans un lent processus de banalisation de ce sommet. Depuis plusieurs années, de nombreuses agences commerciales dirigées par des guides – notamment américains et néo-zélandais – payent au gouvernement chinois des royalties afin de s’installer pour toute la saison au camp de base. Depuis ce dernier qui est pourvu de tout le confort nécessaire la base reçoit chaque jour un ravitaillement en légumes frais et autres fantaisies commandés via Internet et livrés pratiquement chaque jour par hélico. Pour le confort pendant l’ascension des clients, des agences emploient des dizaines de sherpas qui ont équipé la totalité de l’arête de plusieurs kilomètres de cordes fixes. Pour hisser la flamme olympique, les Chinois vont bénéficier de cette logistique et devront régler d’autres problèmes : aucune combustion naturelle n’étant possible à cette altitude, il leur faut en effet créer une torche spéciale placée sous cloche et capable d’utiliser différents mélanges gazeux associé à un apport interne d’oxygène.

Quel impact sur le peuple ?

On peut légitimement s’interroger sur l’impact d’une telle opération, menée dans l’indifférence de la communauté internationale vis-à-vis du peuple tibétain et de sa culture. Que la montagne soit ainsi artificialisée, banalisée, outragée peut être considéré comme profondément choquant. Mais que des montagnards – qui sont de surcroît des guides chevronnés – se prêtent à ce jeu, m’interpelle. Par notre silence, nous, membres de la communauté montagnarde, contribuons à l’ouverture d’une ère du clinquant pour nos activités – une ère où l’artifice et l’argent, bien loin des fondamentaux de l’alpinisme, prédomineront. Est-ce cela, l’avenir que nous voulons réserver à nos compagnons et à nos successeurs pour explorer la montagne, jouir de son spectacle à l’aube, l’embrasser au crépuscule, humer ses senteurs et célébrer le sacrifice de tous ceux qui ont voulu et su la conquérir pour vivre avec elle ?

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