Ethique Info

Accueil > Société > Retraite ou loisirs productifs ?

Retraite ou loisirs productifs ?

mardi 25 mai 2010, par Picospin

A la grande surprise des lecteurs en particulier et de la population en général, l’attachement à l’heure précise où elle pourra devenir une réalité au lieu de se cacher derrière des négociations sans fin et sans solution acceptable pour tous intéresse au plus haut point les candidats à cette date cruciale dans leur vie.

Le carcan levé

Tout se passe comme si un carcan était levé subitement de leurs fragiles épaules endommagées par une quarantaine d’années d’une activité professionnelle insupportable, vécue dans la stress quotidien, l’ennui profond de la sécurité assurée pour les uns, la crainte de perdre son emploi pour d’autres. Ces réactions se produisent à tous les âges comme si le changement de statut professionnel et de cadre et de genre de vie devenait un virage clé à prendre avec une infinie précaution, une préparation active et la perspective de la libération de toutes les contraintes et vicissitudes de la vie active. Ce dernier terme mérite d’être analysé quand on voit le plaisir, le bonheur et l’épanouissement de certains candidats à la retraite franchissant avec joie la frontière entre profession et loisirs. C’est sur ce dernier terme que je voudrais insister. On reste ébahi par l’intensité de la joie, l’enthousiasme manifesté pour les activités exercées au cours de la phase de l’après retraite.

Bouleverser les humeurs

Ce bouleversement des humeurs frappe les esprits des observateurs qui souvent ne reconnaissent plus dans le nouveau retraité l’individu morose, tendu, acariâtre qu’ils avaient côtoyé pendant la phase active de sa vie. C’est à ce point que se situe ma réflexion et que devrait s’épanouir celle de tous les acteurs de la vie publique dans la cité chargés de négocier le difficile tournant précédant la sortie des activités professionnelles et l’entrée dans celles des loisirs. Ces dernières sont librement choisies par un être à peine sorti de l’enfance et encore plein de rêves pour la réalisation de sa vie professionnelle et de sa carrière. Comment une société parvient-elle à éteindre un incendie aussi violent que celui du vouloir vivre de la jeunesse, à effacer les traces des rêves les plus fous et les plus colorés où apparaissent les fées se penchant sur des berceaux de nacre prêts à les accueillir pour implorer leur aide magique à réaliser fantasmes, songes de plénitude et de bonheur par l’accomplissement de leurs désirs d’enfant.

Chimères ?

Est-ce que ce sont ces espoirs, ces chimères, cette imagination enfin débridée qui autrefois éclairés par les quêtes d’aventures, la fringale d’un devenir lumineux, des grandes espérances que la société s’emploie – non sans succès – à étouffer bien avant que ne survienne le dernier acte, celui de l’étouffement définitif, marqueur d’une finitude attendue, crainte et anxiogène. Aurions-nous une chance, si mince soit-elle, de renverser la vapeur en inversant le calendrier de notre vie ? Faire passer le plaisir et les rêves des activités de loisir à la place des contraintes, insupportables pour certains, des activités professionnelles, mal rémunérées, porteuses de dépression sinon de suicides, sans apporter les joies des initiatives des plus âgés qui consacrent plus de temps aux animations, fonctionnement, vitalité consacrées au bénévolat qu’à celui du travail rémunéré ?