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Ecoles de commerce

Revisiter les écoles de commerce

Une idéologie, un rôle, une éthique ?

lundi 23 mars 2009, par Picospin

Avec une économie en plein désarroi et des entreprises financières en pleine chute les analystes et les enseignants se demandent si la façon dont l’enseignement est organisé et les matières qui y sont apprises n’ont pas contribué à la survenue de la crise que nous subissons en ce moment.

Faillites

"Il est évident que quelque chose d’important a failli dans notre système d’éducation" ont déclaré en chœur les doyens et responsables principaux de l’enseignement dans les grandes universités et écoles du management, de l’économie et des finances aux Etats-Unis. Il est difficile pour les principaux enseignants impliqués dans le choix des matières enseignées de rejeter la faute à d’autres au moment où l’on rencontre une telle faillite dans le fonctionnement de l’économie et des finances des grandes entreprises. Les critiques émises à l’encontre des écoles de commerce se dispersent dans de multiples directions. Certaines plaintes vont à l’encontre d’un enseignement trop scientifique et surtout trop détaché des réalités de la vie. D’autres affirment que les étudiants ont appris à faire appel à des solutions trop hâtives face à des problèmes très complexes. D’autres encore accusent les écoles de donner aux étudiants une vision trop limitée et trop compliquée de leur véritable rôle si bien qu’ils arrivent à la fin de leurs études avec l’objectif de tenir un trop grand compte trop grand compte de la valorisation des actions et au contraire minimisent la valeur attribuée aux considérations éthiques et sociales. Ces inconvénients ont largement contribué à une impréparation des élèves des écoles de commerce à prendre les bonnes décisions et à les prendre ensemble de sorte qu’ils ont inconsciemment été les promoteurs de la crise financière actuelle. Dans l’enseignement du commerce il y a des choses extraordinaires et d’autres qui sont très prometteuses disent d’un commun accord les promoteurs et les organisateurs des programmes d’enseignement.

Ardeur ?

Ce qui manque le plus dans le théorème de l’apprentissage du commerce c’est l’ardeur. Un autre son de cloche émane des recruteurs, chasseurs de têtes, employeurs en général qui mettent en question la validité d’un master de commerce tout en proclamant haut et fort aux étudiants qu’ils recevraient un bien meilleur enseignement sur le terrain que par l’intermédiaire de l’école. De plus en plus nombreux sont les programmes d’enseignement qui aident les employés à acquérir sur place les compétences et capacités dont ils auront besoin plus tard. C’est dans cette perspective que sur d’innombrables campus des bouleversements dans l’enseignement sont en cours d’exécution. Les écoles sont en train d’élever leur niveau et leurs objectifs pour permettre aux étudiants de songer à leur avenir à long terme et à se montrer capables de prendre la relève des chefs d’entreprises de demain, lorsque ceux qui exercent cette activité maintenant seront sur le point de partir. C’est aussi pour cette raison que l’on s’ingénie à ajouter aux programmes actuels des réflexions et séminaires sur la crise actuelle. Le doyen de l’école de commerce de Harvard déclare à ce sujet que la génération actuelle a été trop gâtée par des circonstances éminemment favorables ce qui a démobilisé les gens au sujet des risques potentiels survenant dans le commerce et les a concentrés davantage sur l’objectif de gagner seulement de l’argent. Autrefois, les écoles de commerce se sont surtout intéressé à faire le bilan de leur action et à la critiquer.

Une vraie profession

Vers les années cinquante, les grandes fondations comme Ford et Carnegie ont conseillé à tour de rôle à faire du commerce une véritable profession avec un véritable code de conduite, une idéologie et une réflexion approfondie sur le rôle qu’elle doit jouer dans la société. Cette pensée n’a attiré ni grande attention de la part des étudiants ni même une grande audience. Ce qui est apparu au contraire c’est que les écoles de commerce n’ont jamais réellement enseigné à leurs étudiants que, à l’instar des médecins et des juristes, ils faisaient partie d’une véritable profession. Vers les années 70 au contraire, l’idée qui prédomina est que le véritable baromètre d’une entreprise et la mesure de son succès c’était le cours de la bourse ce qui a modifié considérablement les techniques d’apprentissage du management. Au lieu d’être considérés comme des serviteurs, des intendants et des organisateurs permanents de l’économie, on estimait que les managers étaient plutôt les représentants des propriétaires, des actionnaires et les responsables en charge d’augmenter au maximum leur fortune. C’est une sorte de fondamentalisme du marché qui s’est installé dans l’enseignement du commerce. Désormais la nouvelle logique de la primauté de l’actionnaire a absous le management de toute autre tâche et responsabilité que le résultat financier.

Questionnement :

1. Est-ce que l’éthique est la matière fondamentale à joindre à l’enseignement du commerce ?

2. Ne s’est-on pas aperçu trop tard de son importance par rapport à la nécessité de gagner de l’argent par n’importe quels moyens ?

3. Est-ce que les causes de la crise actuelle peuvent décemment être recherchés dans un manque de préoccupations éthiques de la part de la société en général et de l’enseignement des finances et du commerce en particulier ?

4. Est-il raisonnable d’affirmer que le commerce constitue une véritable profession comme la médecine, le droit, l’architecture ou la pharmacie avec sa déontologie, ses règles, son programme d’enseignement spécifique ?

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