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Révolution technologique en Médecine

vendredi 4 janvier 2013, par Picospin

Les moyens de transmission instantanés et sans fil, actuellement disponibles permettent aux responsables de la santé d’être informés en temps réel des conditions de vie de leurs patients sans que ces derniers soient concernés par les résultats affichés sur les dernières machines ainsi mises au point.

Fin du stéthoscope

C’est ainsi que le fameux stéthoscope utilisé depuis le 19è siècle sous le regard bienveillant et inventif de Laennec est sur le point de mettre un terme à sa carrière après de loyaux services dont l’utilité a été magnifiée par le port de cet ustensile enroulé autour du cou du médecin dont il désignait la fonction. On se demande bien quels sont les renseignements que tant de générations de cardiologues et de généralistes, de pédiatres ont pu tirer des bruits, souffles, grésillements décelés par cet instrument à l’écoute des bruits du cœur et des poumons. Cela d’autant plus que le qualité de l’écoute de ces antiques appareils ne permettait guère d’établir le moindre diagnostic de la part d’oreilles vieillissantes progressivement atteintes par les débuts de l’hypoacousie, entendez par là la surdité. S’il est vrai aussi que l’Electrocardiogramme, autoproclamé unique et indispensable juge de paix du fonctionnement du cœur, voit ses vieux jours arriver à la vitesse des TGV vieillissants sur les rails français, son remplacement depuis longtemps attendu par l’échocardiographie sera le bienvenu dans le monde de la technologie médicale.

Laennec contre la Californie

La raison en est simple : le premier renseigne sur l’activité électrique des cellules cardiaques bien plus que sur le fonctionnement d’ensemble de l’organe chargé d’expulser rythmiquement le sang de la pompe cardiaque et ne dit rien de ses dysfonctionnements mineurs, le second renseigne sur son intégrité, sa structure et son efficacité. « Un système d’échographie de poche, remplacera-t-il le bon vieux stéthoscope au chevet du malade ? Pas de doute là-dessus, déclare un des meilleurs spécialistes américains qui affirme " ne plus utiliser de stéthoscope depuis trois ans ", soit depuis l’avènement d’échocardiographes ultraportables. Spécialement adapté à une imagerie abdominale, obstétricale et cardiaque, cet appareil comporte une sonde reliée par câble à un smartphone sur lequel l’opérateur visualise les images, envoyées dans les « nuages » et observe par technologie Doppler, la vitesse et le débit du flux sanguin ce qui est quand même l’essentiel pour apprécier l’efficacité de la pompe cardiaque chargée de cette mission depuis la conception du fétus jusqu’aux tout derniers moments de sa vie sur terre. Sonder les cœurs est le propre de l’homme quand il interroge l’âme sœur pour tester ses capacités amoureuses. Il aimerait aussi caresser sa peau en évaluer le granité, la couleur, les accidents de l’épiderme, tous détails mis à sa disposition par les photographies en HD.

Un glucomètre : qu’est-ce ?

Sans parler du « glucomètre » qui mesure le taux de glucose sanguin s’affichant après introduction des bandelettes réactives par le haut du smartphone, qui n’a donc pas besoin d’être branché à un lecteur de glycémie. On mesure également la conductivité électrique cutanée qui permet de déterminer la masse graisseuse et le niveau de " stress physiologique ", également fonction de la variabilité de la fréquence cardiaque. Cette invention soulage les diabétiques de la contrainte d’évaluer plusieurs fois par jour le taux de sucre dans le sang, éléments indispensables à la programmation des doses nécessaires d’insuline pour équilibrer les diabètes même les plus instables. Un autre dispositif posé sur la tempe, permet d’afficher en moins de dix secondes la température corporelle, la fréquence cardiaque et sa variabilité, à partir d’algorithmes interprétant l’activité électrique du coeur. Il affiche aussi le temps de transit du pouls (délai qui sépare l’ouverture de la valve aortique de l’arrivée de l’onde de pouls) et le taux d’oxygène dans le sang (oxymétrie de pouls). Un deuxième dispositif transforme le smartphone en lecteur d’analyse d’urine. Utilisant des cartouches jetables, il permet le diagnostic chez la femme enceinte de complications liées à la grossesse : préclampsie, diabète gestationnel, insuffisance rénale, infection urinaire.

Les laboratoires dévoilés

Utilisé sur le lieu des soins comme microscope, le smartphone pourrait être une aide au diagnostic (HIV, paludisme, tuberculose, anémie). Il pourrait aussi servir de lecteur optique des résultats d’un " laboratoire sur puce ", dispositif ultraminiaturisé capable de doser des marqueurs présents dans une goutte de sang, d’urine ou de salive. Muni d’une application, le smartphone pourrait afficher les résultats de tests génomiques réalisables en moins de trente minutes et qui permettent aujourd’hui de dépister, au lit du malade, une susceptibilité génétique à développer un effet indésirable redoutable vis-à-vis d’un médicament ou de prédire la non-réponse au traitement envisagé. On parle aussi d’un système de microscopie capable de détecter les cellules qui se détachent de la paroi interne d’une artère coronaire lors de la rupture de la plaque d’athérome à l’origine d’un infarctus du myocarde.

Prévoir les AVC ?

En faisant communiquer un smartphone avec un biosenseur de la taille d’un grain de riz capable de détecter ces cellules endothéliales circulantes dont la morphologie du noyau est anormale, il serait possible de recevoir sur son smartphone une alarme de survenue imminente d’un infarctus myocardiaque, avant même de ressentir le moindre symptôme. Cette avancée est capitale dans la recherche des nouveaux instruments capables de prédire la survenue d’un accident grave à point de départ vasculaire. Cette numérisation de l’être humain permettra de meilleurs soins et l’avènement d’une prévention personnalisée qui se fera sous la pression des consommateurs, bien plus qu’à l’initiative de la communauté médicale, par nature conservatrice et peu encline à adopter des outils qui vont bouleverser sa pratique et remettre en question une partie de son pouvoir, a conclu un des grands responsables de la mise en place et de la conception d’un nouveau matériel de diagnostic et de soins.

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