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Quels espoirs ?

Révolutions arabes

Quel avenir ? Quels dangers ?

dimanche 10 juillet 2011, par Picospin

Il y décrit le chômage massif des jeunes, l’absence d’espace de liberté et la difficulté des démocraties occidentales à prendre position vis à vis de cet événement. L’Arabie Saoudite reste la clef du dispositif stratégique des Etats-Unis, dans la région, en raison de la solution qu’elle offre du problème des carburants. Les Etats-Unis se sont bien tiré, sinon mieux de ce piège en raison du poids des US, de la personnalité d’Obama et de l’habileté de la diplomatie américaine.

Après le printemps, l’été ?

Il est encore trop tôt pour tirer les conséquences de ces événements à l’instar de celles encore en suspens de la Révolution Française, dont certains prétendent qu’il est prématuré de se prononcer sur les conséquences même si elles sont bien plus lointaines. Les révolutions se poursuivent, le printemps n’est pas encore arrivé ailleurs qu’en Égypte et en Tunisie. En Syrie, la répression est féroce alors et ailleurs, on pourrait entrevoir une éclaircie nette au moins dans ces deux pays. Les diplomaties occidentales ont été surprises par ces évènements même s’ils ont été faciles à prévoir. Le malaise profond de la société avait été entrevu, ne serait-ce que par l’entremise de Wikileaks alors que les diplomates américains ont bien analysé la situation mais pas au point de penser que la révolution était si proche et les évènements aussi bousculés. Cette rapidité a surpris tout le monde au niveau des évènements et des dénouements, dans le cadre d’un archaïsme chronique et de la négation des valeurs auxquelles les occidentaux étaient attachés. Pas seulement le monde occidental mais aussi la Russie. Les USA ont rattrapé leur retard pour une étude correcte de l’Égypte et de la Tunisie alors qu’ils avaient été surpris par les événements d’Iran, même si certains peuvent s’inquiéter de voir que les US ne sont pas toujours fidèles à leurs alliances.

Un Maroc plus calme

Le cas du Maroc était différent, car Mohamed VI qui souvent s’est entretenu avec Sarkozy, avait reçu le conseil de passer à une étape suivante avec une participation réelle pacifique, la volonté exprimée de faire passer des compétences à des concepts démocratiques. Il était approprié d’y calmer ce mouvement, ce qui fut le cas du Maroc, intéressant, car la relation y a toujours été continue et droite, ce qui tranchait avec la position différente tenue envers l’Egypte et la Tunisie. En effet le Maroc est une monarchie, régie par une succession hiérarchique pour un roi qui est en même temps commandeur des croyants. Ses contemporains sont arrivés au pouvoir par la force, face à un souverain encore jeune, qui s’intéresse au modernisme, au mouvement de la jeunesse arabe dont il tient compte vis à vis duquel il a fait preuve de lucidité, de courage, ce qui est un exemple encourageant, qui a évité d’atteindre le même degré de violence qu’ailleurs, et a économisé une répression vigoureuse, et encouragé le respect des vies humaines, sans donner libre cours à la frustration. Le verrou contre la démocratisation a sauté, même si les prévisions de croyance ont été abaissées, qu’il a fallu acheter la paix sociale et qu’une lueur d’espoir est apparue sans sentir la menace d’aller dans le mur. Les classes moyennes sont très développées en Tunisie, le niveau d’éducation élevé, ce qui laisse ouvert le réceptacle où travaillent des légistes, des philosophes, sans oublier le rôle de l’armée.

Haut niveau d’Éducation en Tunisie

En Tunisie, l’armée est petite mais tenue à l’écart celle là même qui a fait précipiter le dénouement en Egypte car elle offre un cadre compétent, protège la hiérarchie et tenait entre ses mains le sort du Président. Personne n’a tiré sur la foule, l’armée a retiré le soutien à Moubarak, donc encouragé un dénouement plus facile. Les revendications économiques sont aussi importantes que les politiques, et donnent lieu à une formidable frustration avec une démographie et une jeunesse vigoureuse, bénéficiaire d’une excellente éducation des jeunes et surtout des femmes arabes. Malgré ces avantages, ils ne trouvent ni emploi, ni débouchés dans le contexte d’un chômage structurel qui ne cesse d’augmenter d’augment dans une population de surdiplômés. On aura des consultations qui aboutiront à des régimes transitoires dont il faudra faire le bilan. Ces pays ont besoin d’une aide internationale, de payements internationaux difficiles à obtenir même si le Quatar, le FMI ont promis des aides qui doivent réamorcer la pompe. Grand est l’embarras des diplomaties occidentales, dans le contexte d’un triomphe de idées occidentales, principalement européennes. On ne brule plus de drapeaux, des rituels et le travail des mécanismes religieux, les valeurs se répandent malgré les frères musulmans qui devront être continuellement contenus. Pourquoi cet optimisme, alors que se dessine au loin le problème difficile des Coptes.

Des Coptes à Israël

« Est-ce que c’est bon pour nous », dit un soldat israélien à son copain « si le Nicaragua a battu l’Equateur ? » La paix civile, la démocratie ont une vraie chance de s’établir même si ça prendra du temps, quand on songe au fameux modèle turc qui a demandé près de 100 ans pour l’établir. Les échéances électorales sont proches, les éléments libéraux demandent un report des élections, surtout que les petits partis étaient durement réprimés. Fukuyama est battu car il n’y a pas de fin du débat idéologique, même avec les frères musulmans où il y a pourtant un débat d’idées politiques qui va s’enrichir sous nos yeux. La révolution verte est similaire à celle de la Tunisie et de l’Egypte, personne ne brule de drapeaux américains ni israéliens ce qui est une avancée des idées occidentales qui n’avaient pas prévu cette évolution alors qu’auparavant, les régimes autoritaires devaient être un rempart contre l’islamisme ont échoué dans cette mission. Israël nous interpelle, qui analyse tout en fonction de sa propre sécurité et qui n’a jamais exprimé de sympathie pour les nouvelles idées arabes. La diplomatie égyptienne peut elle se radicaliser ? On ne reviendra pas au nassérisme alors que les Égyptiens s’écartent du traité de paix avec Israël signé récemment. Les maintien de l’ordre dans le tunnel qui mène à Gaza est devenu une priorité actuelle.

Puissances coloniales

Dans la diplomatie européenne, les anciennes puissances coloniales ont eu un réflexe différent de celui de l’Allemagne et des puissance non coloniales. L’attitude de l’Allemagne envers la France est sceptique alors qu’elle devrait être à la pointe du combat pour s’engager autrement que dans un conflit militaire avec la Libye et pour quel avenir de l’Union pour la Méditerranée. L’Allemagne qui a voté avec la Chine et la Russie, donne l’impression qu’elle est loin de cette mer alors que l’UE doit avoir une réponse unifiée aux pays du Maghreb qui attend une réaction de soutien et non d’indifférence. Tous les protagonistes de ce projet viennent de disparaître en même temps que se levait l’enthousiasme pour la révolution arabe. Si on a évité un bain de sang à Benghazi, il y a un essoufflement pour le conflit libyen car il n’y a plus de munitions alors que nous bénéficions d’une aide américaine. Obama s’y est engagé pour la phase préliminaire en tirant beaucoup au début puis en diminuant les forces d’intervention. Il a été poussé par sa propre opposition qui nous aide indirectement mais il faudra à terme une solution négociée. Il y a un risque de fragmentation, dans cette mosaïque de religions, où domine une majorité sunnite elle-même fragmentée, avec des éléments ethniques et religieux qui viennent du parti Bass, sont laïcs et maintiennent une relative cohésion, rassemblée sous la garde prétorienne formée autour de Hassad, ce qui n’a pas empêché la découverte de fosses communes où on a trouvé des cadavres tués par balles. Une minorité kurde complique la situation avec une loyauté militaire discutable, dont les réfugiés vont vers le Liban ou la Turquie.

Une diplomatie naufragée

Le naufrage de la diplomatie française en Tunisie a été réparé, la diplomatie s’est ressaisie, une nouvelle politique a été lancée, plus droite grâce à l’action de Juppé qui est claire contre les répressions, les propos sont sans ambiguïté, pour peu qu’on ose exprimer la sympathie et le soutien et apporter une aide matérielle pour ceux qui tentent de rétablir une économie écornée par la révolution. Quid de la péninsule arabique dans laquelle nous sommes engagés au même titre que les Américains. Ce discours est à comparer avec les exhibitions analphabètes des personnages politiques vus hier sur les diverses chaines nationales et qui ont eu le plus grand mal à rassembler plus de trois mots de français selon une syntaxe et une grammaire compréhensibles. Est-ce la descente aux enfers de la langue française parlée par les nouveaux politiques ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la médiocre qualité des politiciens actuels ne pose pas la question éthique de leur responsabilité dans l’avenir et l’être futur de l’humanité ?

2. Est-ce que cette responsabilité prend en charge une humanité et une vie fragiles et périssables ?

3. Est-ce que cette responsabilité désigne bien une mission qui s’étend en un avenir illimité ?

4. Est-ce que le développement des technologies, en particulier celles liées à la biotechnologie, modifie le relation entre l’humanité d’aujourd’hui et l’environnement naturel repose la question philosophique de la relation entre l’homme et la nature, sinon entre l’esprit et la matière ?