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La nature du ressentiment ?

Riches et pauvres devant les aléas de la nature en révolte

Quel est le prix de la paix avec la nature ?

jeudi 24 décembre 2009, par Picospin

Ils seraient pour la plupart liés aux détériorations du climat qui ici provoque la sécheresse, là des inondation cataclysmiques sans compter les effets encore présents dans toutes les mémoires des tsunami qui, il y a 5 ans déjà, s’étaient soldé par la disparition de 220.000 personnes dans des circonstances d’autant plus dramatiques qu’au cours de cet évènement, les habitants avaient perdu leurs maisons et leurs biens, les gites, hôtels et autres lieux d’accueil avaient été détruits et que d’innombrables cadavres flottaient au-dessus des flots soudain calmés comme par un ordre reçu du ciel ou de l’enfer.

Des statistiques

Les statistiques bien pilotées et intelligemment interprétées font ce qu’elles veulent à condition de leur faire dire ce que les concepteurs désirent et l’impact sérieusement choisi pour faire appuyer des faits, des prévisions, une philosophie ou une croyance dans le sens voulu par les auteurs de telle ou telle pensée, idée, ou orientation politique souhaitée. En tout cas, actuellement les chiffres que craignent tants les candidats à des concours comportant des mathématiques se veulent rassurants et optimistes qui demandent d’espérer et de croire même s’il ne s’agit pas d’une foi solide à laquelle peuvent s’accrocher les délaissés et malheureux de la terre dont les logements sont envahis par les eaux et les bêtes mortes de sécheresse. C’est ainsi que en 2009, sur les onze premiers mois, 245 sinistres ont touché 58 millions de personnes et fait 8 900 morts, selon un premier bilan établi par le Centre de recherche en épidémiologie des sinistres (CRED), un organisme belge travaillant pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Bonne nouvelle

Ces chiffres constituent, paradoxalement, une bonne nouvelle. Ils marquent en effet une très forte baisse par rapport aux années antérieures. Depuis le début de la décennie, ils se situaient dans des fourchettes beaucoup plus hautes, avec par exemple, en 2008, un total de 349 cataclysmes, 216 millions de personnes affectées et 235 000 morts. Ecrit Le Monde, apparemment optimiste à la lecture de ces statistiques encourageantes si on veut bien les comparer à celles de l’année précédente où on releva une hécatombe due notamment au séisme du Sichuan, en Chine (près de 90 000 victimes), et au passage du cyclone Nargis en Birmanie (plus de 20 000 morts et un million de sinistrés). En 2004, le tsunami dont on s’apprête à commémorer le cinquième anniversaire, le 26 décembre, avait fait à lui seul environ 220 000 morts. Que cette joie provisoire des « scientifiques », toujours récupérable par le politique, engendre optimisme et satisfaction ponctuelle ne saurait cacher l’impact des sécheresses, dont les effets se manifestent sur le long terme.

Sécheresse

La sécheresse qui sévit depuis plusieurs années dans la Corne de l’Afrique, au Kenya, en Somalie ou en Ethiopie, menace ainsi de famine plusieurs dizaines de millions d’habitants. Un rapport publié au printemps par le Forum humanitaire mondial, prenant en compte la malnutrition et les maladies, évaluait à plus de 300 millions le nombre de personnes frappées chaque année par des catastrophes et par le réchauffement. Un des principaux enseignements de la nouvelle étude est la confirmation de l’étroite corrélation entre risques naturels et changement climatique : 91 % des désastres de 2009 et 79 % des victimes lui sont directement imputables. Tempêtes et inondations constituent les risques majeurs, surtout en Asie où, cette année, 48 millions de personnes en ont souffert car "les catastrophes climatiques restent en tête de liste et elles continueront à affecter davantage de personnes dans le futur", prévient la représentante des Nations unies pour la stratégie internationale de réduction des risques. De fait, les modèles du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) prévoient, avec la hausse des températures, une accentuation des phénomènes extrêmes : précipitations et inondations d’un côté, sécheresses de l’autre.

Observer à l’aide des satellites

En outre, les récentes observations par satellites indiquent que l’élévation moyenne du niveau des mers, de 3,4 millimètres par an au cours des quinze dernières années, est supérieure de 80 % aux prévisions. Le réchauffement devrait aussi se traduire par des cyclones plus violents. A cette évolution parfois aléatoire où se mêlent risques et complexité, l’homme est capable de trouver une parade, c’est celle de l’éthique, intervenant surprenant et sans doute inattendu de la part des profanes qui peuvent avoir du mal à comprendre cette intrusion du moral, de la justice et de l’intelligence humaine dans un domaine qui, a priori semble étroitement lié à l’aléatoire. Ce n’est pas ce qu’affirment des responsables des prévisions météorologiques dont la qualité nettement améliorée depuis quelques années permet d’effectuer des prévisions à plus long terme. Au cours du demi-siècle écoulé, alors que le nombre de sinistres a considérablement augmenté, les pertes en vies humaines ont été divisées par dix ce qui constitue une formidable augmentation du « rendement ».

Les avantages des satellites

Dans ce domaine, l’observation par satellites joue un rôle crucial puisque pour les cyclones et les tempêtes, les nouvelles générations de ces instruments, qui combinent les paramètres atmosphériques et océaniques, permettent de mieux prévoir les événements extrêmes. La détection d’anomalies de température à la surface des océans permet ainsi d’anticiper la formation d’un cyclone, ce qui n’est guère le cas pour les « déplacements » des plaques tectoniques, générateurs de tsunami séismes et tsunamis -, dont les éventuels signaux précurseurs sont mal connus et les satellites encore de peu de secours. "Il existe des moyens éprouvés pour éviter les morts et réduire les dommages grâce à des systèmes d’alerte précoce, de normes de construction adaptées et de plans gouvernementaux en réponse aux situations de crise. Les systèmes d’alerte aux cyclones ont ainsi fait la preuve de leur efficacité à Cuba qui, en 2008, a essuyé cinq ouragans successifs, au prix relativement réduit de sept morts. Toutefois, la plupart des pays en développement - qui sont aussi les plus exposés - ne disposent pas des infrastructures techniques nécessaires. Raison de plus pour les aider en évitant d’organiser des simulacres de conférences où les gâteaux et zakouski occupent plus les esprits que les préventions des catastrophes en fonction du sacré principe de précaution, nouvelle idole clouée au fronton des palais nationaux et internationaux des pays riches.