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Quelle éthique dans la diplomatie ?

Rôle et place de l’éthique dans la politique

Comment faire pour recevoir un dictateur ?

dimanche 10 février 2008, par Picospin

Après avoir fait allusion à l’importance du mouvement de mai 68, Joschka Fischer évoque les évènements qui ont marqué sa pensée sur des sujets aussi délicats que ses rapports avec les Etats-Unis, la guerre du Vietnam et à l’arrière plan la nécessité de se référer au National socialisme et à la Shoah. De son côté, le représentant de la France déplace le problème sur la faim dans le monde qu’il a rencontrée et vue de près au Biafra. Il tend, contrairement à son interlocuteur à centrer son questionnement sur l’aide à tous les hommes ou sur celle qui concerne exclusivement l’humain dans sa détresse individuelle.

Kouchner et Fischer

Restant dans sa problématique propre, il insiste sur l’impératif catégorique de s’intéresser à l’individu plutôt qu’à essayer d’en donner une représentation globale. Joschka Fischer s’intéresse de plus près à l’ordre international fondé sur le droit ce qui l’amène nécessairement à passer du politique à l’individu et à l’humain. Grâce à cette synthèse, il en vient à envisager un nouveau monde imprégné certes encore des reliquats de la pensée et de l’influence de Marx et Hegel mais surtout d’un rationalisme qui progressivement évincera les questions d’ordre moral, comme c’est le déjà le cas du problème des droits de l’homme. Cette préoccupation justifiée n’empêche pas l’émergence de nouveaux nationalismes, de luttes religieuses et d’oppressions qui ont du mal à laisser la place aux droits de l’homme qui finiront par s’imposer au nom de la morale, de l’idéologie et surtout de la nécessité de la survie. Contre quoi sinon contre le terrorisme qui continue de gagner du terrain et qu’il faut combattre tout en en comprenant les raisons. Les sociétés islamiques sont confrontées au défi de l’héritage d’un empire ottoman disparu, du colonialisme européen et de la recherche de voies spécifiques vers la modernité dont il n’y a guère de modèle de réussite convaincant. Les religions ne sont d’aucune aide dans ce défi car elles s’inscrivent plutôt dans un objectif de refus du monde, une supercherie intellectuelle.

Pauvreté

La pauvreté est une réalité dont il faut tenir compte mais qui ne constitue guère une cause qu’on puisse aussi facilement légitimer dans le cadre des actions terroristes. Contre elles, quelle peut être l’efficacité du modèle européen si apprécié dans le monde pour l’attraction qu’il exerce grâce à ses valeurs culturelles, ses projets communs, ses valeurs culturelles communes pour la protection sociale, la vitalité des syndicats et du service public. Le processus de dépassement des souverainetés peut avoir un caractère exemplaire pour le XXè siècle en particulier pour l’Afrique et l’Amérique latine. Maintenir le statu quo partout et indéfiniment est une solution de facilité, d’immobilisme qui coupe les ailes à tout espoir d’amélioration. Est-ce que les interventions dans les conflits armés dans le monde sont liées à des raisons humanitaires ou idéologiques qui se transforment trop vite en doctrines. Ne faut-il pas transformer cette vision politique en une responsabilité qui serait de protéger ce qui constitue un progrès ayant créé un nouveau droit. Bel exemple d’échanges entre deux hommes politiques qui ont choisi leur pôle de séduction tout en reconnaissant l’instabilité des choses humaines comme l’a fait en son temps Aristote lorsqu’il a affirmé l’impossibilité de parvenir à la précision dans leur étude. Cet échec relatif mais seulement partiel ne justifie en aucun cas la critique radicale de l’autorité politique qui diffère de l’esclavage en ce qu’elle consiste en un gouvernement par des hommes libres et qu’elle vise à obtenir le bien de tous les citoyens qui en tant qu’homme libres existent pour eux-mêmes contrairement à l’esclave qui existe pour un autre et pour le bien de ce dernier c’est-à-dire de son maître. De même, la cité est plus que la somme des intérêts particuliers de ses membres. Sa fin suppose l‘existence d’un bien commun qui tout en étant en nombre soit partagé par chaque citoyen. Un autre son de cloche provient de ceux qui pensent que l’homme ne peut obtenir son salut par ses propres forces.

Calvin et Luther

Pour Luther, le fait de ne pas avoir assez pris en considération le caractère déchu de la condition humaine conduit les théologiens à attribuer une confiance indue à la raison. Si les bonnes œuvres ne sont pas reconnues comme méritantes, pourquoi être bon ? A cet argument, les réformateurs répondent que c’est par la foi seule que l’amour envers le prochain devient actif. Les œuvres de l’homme de foi ont une valeur exceptionnelle parce qu’elles sont désintéressées. L’homme de bien sert Dieu et son prochain pour eux-mêmes et non parce qu’il espère en obtenir le salut. Pour Montesquieu, la vertu principale du législateur se situe dans la modération. Il y faut aussi une habileté consciente et pour exercer l’art de l’homme d’état et pour comprendre le réseau de relations complexes entre l’esprit des lois et les traits particuliers de chaque société. Comme Machiavel et Locke, il rejette la vertu comme guide ultime en politique. C’est une des particularités de « l’esprit des lois » que d’être simple et désordonné en surface et difficile et cohérent en profondeur.

Machiavel, Locke et Heidegger

Pour John Stuart Mill, l’utilitarisme si populaire dans le monde anglo-saxon, donne une vision peu élevée de la vie humaine ce qui ne l’empêche pas de prétendre que les plaisirs de l’intelligence et de l’esprit sont supérieurs à ceux du corps. Cet état représente le pas décisif pour le progrès de la société qui peut ainsi se consacrer au désintéressement et à l’objectivité, conditions indispensables pour la réalisation de la recherche scientifique et partant du perfectionnement pour une vie intellectuelle optimale. Les positions de Heidegger vis-à-vis de ces problèmes sont plus complexes sinon plus contradictoires. D’une part en raison de l’engagement du philosophe dans le nazisme, d’autre part à cause de la place qu’il attribue à l’homme dans le monde. Cette analyse ne montre plus ce qu’est l’homme mais comment il existe, comment il est dans et par le temps ce qui revient à le décrire comme l’Etre au monde. Se rapproche-t-il ainsi du nihilisme qui signalerait la fin de la civilisation occidentale dans laquelle l’Etre apparaît comme chaos et abîme ce qui sape du même coup toute éthique, toute, politique et toute religion.

Questionnement éthique :

1. Est-il contenu dans ce texte qui éclaire les idées force de quelques philosophies politiques marquantes ?

2. Comment peut-on mélanger dans un même texte les allusions au rôle des religions et celles qui émanent des penseurs qui revendiquent leur séparation radicale avec cette forme d’hétéronomie ?

3. Est-ce que le discours des deux hommes politiques est suffisant à expliquer et définir leur positionnement envers le politique opposé à l’humain ?

4. Comment peut-on tenir compte des positions de Heidegger au niveau politique si l’on prend en considération son attachement à l’idéologie païenne du nazisme et sa conception négative de l’être humain ?


Sources :

Le Monde : 9.2.08
Strauss L, Cropsey J. Histoire de la philosophie politique. Paris : Quadrige/ Presses Universitaires de France, 1994.

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