Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Rythmes scolaires, inspiration et nycthémère

Comment accorder les rythmes scolaires avec des noix ?

Rythmes scolaires, inspiration et nycthémère

Une bonne idée pour négocier utilement...

vendredi 8 juillet 2011, par Picospin

La période des vacances est particulièrement propice à ce type de réflexion parce que d’une part le temps ne presse guère en raison de la longue évolution du temps qui reste avant une rentrée devant laquelle nous serons au pied du mur pour décider vite, à la hâte et dans l’urgence ce qui pourra être prévu pour accorder adultes, enfants et enseignants sur une idée commune devant impérativement aboutir à une solution négociée entre des parties aux intérêts contradictoires sinon conflictuels.

Un joli programme

Que veulent les enseignants ? Un beau programme sur mesure, à la rigueur en figures imposées qui respecte leur temps libre, ménage un temps prolongé de vacances, ramasse les heures de présence sur les lieux de travail de manière continue et non en tranches saucissonnées qui laissent libres de travail des morceaux de repos ou d’interruption pour perdre le moins d’occasions de s’évader en dehors des établissements d’enseignement. Cette option se heurte tout naturellement aux moments optimaux de disponibilité des enseignés. Ces derniers sont hors d’état de mettre à la disposition de l’enseignement leurs meilleurs moments de réceptivité à l’apprentissage. Cette circonstance est hors du champ de leur organisation physiologique interne. Elle n’est pas dépendante ou soumise à leur volonté mais dépend davantage de leur rythme nycthéméral, celui qui dicte plus qu’il ne négocie ses périodes d’intense disponibilité. Dans cette mise en place du temps, la volonté a quelques chances d’intervenir, encore qu’à un faible degré.

Éveil et mobilisation des énergies

Les périodes d’éveil, de mobilisation des énergies, d’acuité intellectuelle et émotionnelle, de synchronisation entre celles de l’enseignant et de l’enseigné ne dépendent ni constamment ni nécessairement d’un acte volontaire comme l’inspiration qui ne s’introduit pas forcément au premier coup de sifflet comme l’appel au chien, ce compagnon plus que fidèle et fiable de l’homme comme de l’enfant. Einstein a découvert toutes ses grandes théories et les nouvelles bases de la physique moderne en moins d’un an sans que cette arrivée dans son univers mathématique ait été le résultat d’un appel à un au-delà quelconque, à des dieux cachés au ciel ou en enfer ou à des muses venues de la forêt ou émergées du fond des océans et des coraux. La nature ne peut que s’accorder à ses divers constituants selon des lois que nous connaissons peu et que nous maitrisons encore moins. On est donc prié de prendre toute précaution pour l’entretien de son éveil psychique et de l’exercice de sa mémoire lorsqu’on descend d’un avion venu de l’ouest et devant atterrir à l’est. Il vaut mieux se munir, au moment de toucher terre pour vaquer à ses occupations, de neurotransmetteurs qui eurent leur heure de gloire et dont la propriété essentielle fut de remettre les montres à l’heure, de libérer le jour pour accueillir la nuit.

S’endormir dans la béatitude

De même ne pouvons-nous rien faire pour décaler ou avancer le moment de l’endormissement post-prandial, cette minute où le corps se mobilise pour la digestion et où beaucoup préfèrent se laisser aller à l’assoupissement, communément appelé sieste, en particulier dans les pays méridionaux lorsque la chaleur anime les cigales et endort vieillards et bébés. Contre ces phénomènes propres à la physiologie de l’être humain, les dieux sont impuissants y compris lorsque Thémis se mêle de répartir les fuseaux horaires pour les adapter aux besoins immédiats des hommes, des apprentis et des maitres. C’est à ce moment que s’élève la voix de Némésis appelant à son secours la juste colère devant l’injustice faite par la nature aux somnolents, au détriment des hyperactifs, relégués dans les catégories des agités trop obéissants aux rythmes saccadés et impétueux imposés par la vie moderne. La mélatonine, hormone du sommeil, est l’hormone centrale de régulation des rythmes chronobiologiques, de l’ensemble des sécrétions hormonales, chez l’humain, chez tous les mammifères et la plupart des espèces animales complexes. Cette neurohormone est synthétisée à partir d’un neurotransmetteur, la sérotonine, par la glande pinéale située dans le cerveau en réponse à l’absence de lumière. Cette substance est sécrétée la nuit uniquement avec un pic à 5 heures du matin et sa production, est inhibée par la lumière.

Sombre climat

Dans les régions où l’hiver est très gris comme en Europe du Nord, c’est la baisse de luminosité hivernale avec des jours courts et gris, qui déclenche une surproduction de mélatonine engendrant chez un grand nombre de personnes une asthénie, voire une dépression saisonnière, qui disparaissent au printemps. D’ailleurs, un nouvel antidépresseur, qui cible les récepteurs de la mélatonine, est efficace sur les dépressions saisonnières induites par le manque de lumière en hiver. Des séances de luminothérapie permettent de mieux réguler la production de mélatonine, substance recommandée aux voyageurs se déplaçant en avion sur de longues distances et qui souffrent du décalage horaire lorsqu’ils changent de fuseau horaire d’ouest en est. En même temps, cette hormone chez le rat produit un effet anxiolytique aussi efficace que le médicament de référence, le diazépam ou Valium. La prise de mélatonine facilite l’endormissement et allonge le sommeil de 27 mn. L’association de Lumière et de mélatonine diminue les comportements agressifs, les phases d’agitation et de réveils nocturnes. En améliorant le sommeil, on augmente aussi les fonctions cognitives et l’humeur.

Moins d’agressions si vous croquez des noix

Une étude16 de l’Université du Texas annonce que les noix et les noisettes sont une source importante de mélatonine facilement absorbée par l’organisme. Après avoir comparé le taux sanguin de rats nourris de noix à celui de rats nourris normalement, les chercheurs ont montré que la consommation de noix entraînait une forte multiplication des taux sanguins de mélatonine. Ils pensent que les bienfaits des noix découlent de la synergie entre la mélatonine et les nutriments qu’elles contiennent. Les chercheurs sont incapables de dire quelle quantité de noix devrait être consommée quotidiennement afin de profiter de ses effets protecteurs. Mais ils affirment qu’en raison de la multitude des composés bénéfiques qu’elles contiennent, leur consommation est préférable à la prise de suppléments de mélatonine.

Si les moutons ne rentrent pas, croquez des noix

Il est donc mieux de croquer des noix que des suppléments de mélatonine, dont les indications et les effets thérapeutiques sont connus. Il est juste et loyal de remarquer que ces chercheurs ont été payés par la Commission californienne des noix (California Walnut Commission). Plutôt que de vous agiter inutilement la nuit pour trouver le sommeil, vous savez ce qui vous reste à faire quand ce dernier ne vient pas à votre appel au moment de compter vos moutons restés dans le pré : croquez des noix comme l’ont fait les accusés nazis au procès de Nuremberg, pendant les longues auditions de coupables, même si cette protection ne leur a pas si bien réussi. La plupart d’entre eux ont été pendus. Ce qui ne devrait pas vous dissuader d’essayer cette médication.