Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > S’intéresser à l’histoire du monde en se trompant

S’intéresser à l’histoire du monde en se trompant

samedi 25 septembre 2010, par Picospin

« Moïse étendit sa main sur la mer, et l’Éternel fit reculer la mer, toute la nuit par un vent d’est impétueux, et il mit la mer à sec, et les eaux furent divisées. Les enfants d’Israël entrèrent au milieu de la mer, dans son lit desséché, les eaux se dressant en muraille à leur droite et à leur gauche » (Exode, versets 21 et 22).
La sortie d’Égypte est assurément un des épisodes les plus grandioses de l’Exode et sans doute l’un des plus difficilement explicables. Deux chercheurs américains affirment pourtant être en mesure de retracer les circonstances et le lieu où la mer aurait pu naturellement s’ouvrir devant Moïse et ses compagnons, il y a près de trois mille ans. L’événement se serait produit non pas en mer Rouge à l’occasion d’un tsunami, comme le prétendaient certains chercheurs, mais dans le delta du Nil, sur une lagune peu profonde, après une nuit entière de vent fort continu. « Nos simulations collent bien avec le récit de l’Exode », assurent Carl Drews et Weiqing Han, de l’Université du Colorado.
L’argumentation n’est pas entièrement nouvelle. Elle s’appuie sur un phénomène physique et météorologique bien connu que deux chercheurs russes avaient déjà avancé. Quand un vent fort souffle de façon continue au bord d’un étang, d’un lac ou d’un océan, il pousse la surface de l’eau perpendiculairement vers la droite dans l’hémisphère Nord, vers la gauche dans l’hémisphère Sud. Le phénomène est connu en anglais sous le terme de wind setdown. C’est ce qui se serait passé il y a trois mille ans en Égypte : la mer en s’écartant aurait laissé apparaître une langue de terre, créant ainsi un passage. « Le phénomène est observable à moindre échelle dans le sud de la France. Les vents d’est ont tendance à faire monter le niveau de la mer le long de la côte au point que, parfois, le Rhône a du mal à s’écouler ». À l’inverse, s’il y avait des vents d’ouest - ce qui n’arrive jamais dans la région -, le niveau de la mer aurait tendance à baisser. Au XIXe siècle, un officier britannique avait observé dans le delta du Nil, un phénomène comparable à celui raconté dans l’Exode. Le vent qui avait soufflé très fort pendant une longue période avait vidé une partie du lac, l’eau s’était retirée au loin et les personnes pouvaient le traverser à pied.
Comment rester indifférent à une histoire aussi étrange, mystérieuse et curieuse qui se serait passée depuis si longtemps ? Si des enfants des écoles n’étaient pas atteints de surdité, ils auraient du réagir à un récit aussi étrange qui au moins aurait du les étonner et leur faire poser des questions. Si ce n’était pas le cas, si aucune de ces réactions n’a a été enregistrée c’est que les enfants n’écoutaient pas et n’on pas jeté le moindre regard sur une éventuelle vidéo qui aurait pu leur être projetée pendant le cours. Ce dernier ne relevait pas nécessairement de l’instruction religieuse désormais considérée comme inutile par la plupart mais peut se situer dans tout autre registre, depuis l’histoire jusqu’à l’archéologie, les civilisations anciennes, les langues anciennes, la culture générale, voire la physique avec ses singularités dont les chercheurs parviennent toujours à dénouer les nœuds. Pourtant, malgré l’attrait de certains cours – peut-être ne faut-il pas leur donner un nom précis – les élèves ne mordent pas à l’hameçon. A cela plusieurs causes dont la principale se situe au niveau de la peur, de la terreur, d’une école dont ils sentent et savent qu’elle n’est pas faite pour raconter des histoires, informer et discuter mais pour délivrer le papier qui permet d’accéder à la vie en société et à se nourrir plus tard quand on sera grand. Cette perspective est tragique comme un destin, comme un drame comme un parcours sans espoir destiné à l’échec. Ces horizons nuageux ne sont pas faits pour encourager et donner de l’appétit mais pour décourager et inciter plutôt à la nausée et aux vomissements comme le font certaines maladies graves, chroniques qui détruisent l’espoir, dégoutent de la vie et ne génèrent qu’angoisses, terreurs et visions négatives. Pire, on se demande comment certains éléments réussissent, malgré ces conditions discutables et certainement défavorables à se tirer d’affaire et à entreprendre quelque chose dans la vie qui ne relève pas de la désespérance, voire d’instincts suicidaires devant le mur qui s’élève devant eux et qui obstrue après obscurcissement toute voie vers une vie de bonheur. Après tout c’est peut-être pour cet objectif que la vie est faite, même si les athées, incroyants et sceptiques ont de bonnes raisons de penser que la vie ici bas n’a pas de sens et qu’il est difficile de lui en trouver un. Tant pis, si c’est le cas, faisons comme les philosophes dont certains imaginent quand même que nous cherchons à acquérir le bonheur, à nous installer à l’intérieur et à tenter de vivre avec un peu de chance et un environnement favorable. Ce n’est pourtant pas ce que pensent beaucoup d’élèves qui se lèvent tous les matins, avec la boule au ventre car ils partent avec l’idée qu’ils ne réussiront pas, que rien ne se passe bien, et qu’il faut sortir de cette équation à trop d’inconnues pour que le coaching scolaire réussisse, que l’estime de soi, la confiance de soi soit rétablie en espérant une amélioration d’un détestable climat scolaire, d’une mauvaise ambiance scolaire, avec ses insultes, humiliations, détestables rapports avec les enseignants, des intimidations, sinon une médiocre organisation des établissements d’enseignement. Changer l’évaluation serait souhaitable tout en revoyant les systèmes de notation, écartant les mauvaises notes, qui sapent le moral, alors qu’il faudrait noter dans un climat de confiance encourageant et non l’inverse, fait de risques de dépression, de souffrance, au lieu de s’organiser tranquillement, sous la légitimité de l’étudiant, la protection de l’environnement familial, nécessaire quand l’élève parfois ne comprend pas ce qu’on demande à l’écolier. Par ailleurs, il y a souvent interaction entre ces deux fonctions de l’école : un enfant qui ne réussit pas à acquérir les savoirs de son âge va, par réaction, se démotiver et présenter des troubles du comportement à l’école. Inversement, un enfant présentant des troubles du comportement qui se manifestent par des difficultés à se concentrer, des rêveries ou qui va adopter des conduites agressives à l’égard de ses camarades ou des réactions d’opposition envers ses enseignants va, par ricochet, présenter des troubles des apprentissages. Une trop grande inhibition dans la relation aux autres peut considérablement gêner les acquisitions des savoirs. Si les causes biologiques ou génétiques sont indéniables dans certaines anomalies chromosomiques qui amoindrissent considérablement le développement cognitif et affectif de l’enfant (trisomie 21 ou autres anomalies génétiques), il est plus contestable de les invoquer lorsqu’il s’agit de difficultés révélées par l’entrée dans les apprentissages de base, avec des difficultés à lire et à écrire. Pour certains, ce trouble appelé "dyslexie", s’origine dans un dysfonctionnement neurologique. Malgré les nombreuses recherches dans ce domaine qui s’appuient sur les nouvelles techniques d’investigation du fonctionnement de cerveau, la preuve absolue n’a toujours pas été apportée. L’échec scolaire est inégalement réparti selon les classes sociales. On va parler de fatalité sociologique ou de reproduction de l’échec d’une génération à une autre. S’il est indéniable que les enfants issus des classes supérieures ont plus de chances de se retrouver à l’université ou dans les grandes écoles, certains enfants issus de milieux défavorisés peuvent malgré tout réussir à l’école.
Un enfant peut se trouver en échec scolaire à cause d’un environnement affectif peu favorable. C’est ce qu’on observe quand un événement familial bouleverse la vie de l’enfant : divorce des parents, décès d’un membre de la famille, naissance d’un nouvel enfant...Mais dans ce domaine, il n’existe pas non plus de fatalité. Certains enfants dont les parents ont divorcé ou qui ont une nouvelle petite soeur ou un nouveau petit frère ne voient pas, pour autant, leurs résultats scolaires baisser. L’échec scolaire est soumis à de multiples facteurs. Plutôt que de chercher une causalité linéaire, il convient de sonder tel facteur provoquant l’échec scolaire, on peut supposer que ce sont une multitude de facteurs qui interagissent les uns avec les autres lorsque l’enfant est en difficulté à l’école. Pour apporter de l’aide, il vaut mieux essayer de comprendre le problème en fonction de l’histoire personnelle de l’enfant qui est toujours une histoire singulière, c’est-à-dire qu’elle ne ressemble à aucune autre.
Les enseignants, les parents désireux d’aider l’enfant à dépasser sa difficulté qui l’empêche de réussir normalement à l’école devront s’interroger en fonction de l’histoire de vie de l’enfant, de sa façon de réagir face à cette difficulté. Il faut donc avant tout être à l’écoute de l’enfant, lui demander ce qu’il pense de son échec, lui expliquer les différents moyens qui pourraient être mis en oeuvre pour l’aider. Lorsque l’aide apportée correspond à la problématique des l’enfant, les progrès apparaîtront si le suivi proposé à l’enfant est régulier et si les parents ont confiance dans le spécialiste qui est chargé de cette aide. Chez l’enfant, la situation peut évoluer dans le bon sens, car les difficultés ne sont pas figées. C’est ce qui peut encourager les parents et les enfants à entreprendre une démarche quand il y a un problème quelconque. Ce qui est important, c’est de ne pas laisser l’enfant seul devant sa difficulté. Pour autant, il serait vain de rechercher des responsabilités des uns ou des autres. Il vaut mieux regarder le problème en face et essayer de le résoudre. C’est l’attitude la plus positive qui permet, le plus souvent, une bonne évolution. Pour sa troisième édition, la journée de refus de l’échec scolaire s’attachera surtout à dénoncer les souffrances des enfants à l’école. Il est temps d’agir si l’on en croit des statistiques qui sont loin d’être favorables et encourageantes. Selon l’OCDE, la France est au 22ème rang sur 25, en matière de qualité de vie scolaire. Près d’un jeune sur cinq sort du système scolaire sans diplôme. Cette lutte contre l’échec scolaire est donc bien un phénomène d’actualité. Au coeur de cette lutte : la souffrance à l’école.
Cependant, comme la souffrance au travail, il y a quelques années, la souffrance à l’école n’est pas encore reconnue. L’objectif de la Journée du Refus de l’échec scolaire est d’interpeller les médias et les décideurs politiques, sensibiliser le grand public à cette problématique établir un dialogue et chercher des solutions avec les différents acteurs de l’éducation, au travers de rencontres-débats et de temps d’échange entre élèves et enseignants, organisés dans une vingtaine de villes partenaires et une dizaine de collèges en France. Il ne reste qu’à espérer que ces mesures préventives et thérapeutiques, bien que tardives aboutiront à des résultats positifs, loin des contraintes et de l’emprisonnement subis par certains élèves de par le monde dont la suicide apparaît comme la seule solution envisageable en terme de compensation de leur indignité, sinon de leur déshonneur.