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Que penser de nos enfants ?

Sacrée jeunesse...?

Comment éduquer ?

samedi 13 juin 2009, par Picospin

Cette opinion n’est pas nouvelle puisqu’elle se renouvelle à chaque génération.

Le problème est devenu plus grave actuellement dans la mesure où l’échappement devient total au point que son amplitude crée au sein des contemporains un malaise et une angoisse tels que nait de la coexistence chronologique des parents et des enfants un conflit, une mésentente, une incompatibilité conduisant parfois, sinon le plus souvent à la rupture intergénérationnelle. Cette situation est si intense et si malencontreusement ressentie qu’elle provoque auprès des responsables du gouvernement, de l’éducation une angoisse qui a la plus grande peine à se cacher. On assiste au paradoxe d’une société qui fait des enfants, beaucoup d’enfants dans des conditions difficiles sinon contraires et continue par nier leur existence en les fustigeant, en condamnant leur conduite jusqu’à les transformer en monstres dépourvus de tout lien organique, affectif ou psychique avec eux, tant la séparation parait irréversible comme si chaque génération ne pouvait faire d’autre choix que de vivre, non dans l’autonomie mais dans une situation d’imperméabilité qui en fait facilement des schizophrènes, voire des autistes dont on craint le déploiement en raison des excroissances imprévisibles et dangereuses dont on n’a que trop souvent entendu parler. De là à rejeter les échecs de la conception comme des êtres impossibles à cerner et a fortiori à maitriser, il n’y a qu’un pas trop vite franchi en des temps où l’on se met à vivre très vite, trop vite, si rapidement que plus personne n’a le temps de suivre, ou de saisir l’évolution des dons, des enfermements, des élaborations surtout quand ils sont accomplis dans le secret de l’étanchéité, de l’imperméabilité, de l’absence de toute porosité. A la réflexion, si l’on assiste à des réactions aussi violentes de la part des dirigeants et responsables du gouvernement, à commencer par le Président de la République ou son Ministre de l’Education, menaçant à tour de rôle d’enfermer, de déférer, de corriger, de nettoyer à l’aide d’un outil de fabrication étrangère, c’est que le désarroi doit être immense et la panique toute proche. Autant le lien rassure même s’il pèse, autant la rupture blesse même si elle ne tue pas instantanément. Contre ces menaces existentielles, les traitements risquent d’être inefficaces quand la prévention garde quelques chances, même minces, de réussir à placer un cale sur les sites fragiles et les points de fracture. C’est en ce sens qu’il faut s’efforcer de rassurer les responsables si proches de la culpabilisation. A ce stade tout est encore possible sous réserve de patience, de lenteur, de rationalisation. Sinon, comme on le dit en utilisant une métaphore revenue à la mode depuis que l’essence a été libérée pour alimenter les moteurs les plus gourmands, "on va tout droit dans le mur…."