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Un projet de recherche de la Commission européenne

Sans titre

Progrès dans la prévention de l’Alzheimer

vendredi 9 janvier 2009, par Picospin

Les chercheurs du projet HERMES ("Cognitive care and guidance for active aging"), financé par l’UE, utilisent aujourd’hui les technologies de l’information et de la communication pour développer un système convivial qui aide les personnes âgées lorsque leur mémoire leur fait défaut et propose des exercices de stimulation de la mémoire.

Maintien d’activité

Ce projet donne corps à l’idée de prolonger la vie en toute indépendance, tout en aidant la population âgée à rester active et de développer une technologie innovante, qui ne soit pas intimidante, pour une population de grande valeur ce qui constitue un défi auquel notre communauté de chercheurs est avide de s’attaquer. Les partenaires du projet incluent des experts en gérontologie, en traitement de la parole, en intégration de matériel informatique et en conception orientée sur l’utilisateur. Ensemble, ils s’appuient sur les derniers progrès dans le domaine des technologies de raisonnement et de traitement audiovisuel intelligentes pour créer un système adapté aux personnes souffrant de problèmes de mémoire modérés à graves et qui ne sont pas forcément aptes à intégrer les nouvelles technologies et les systèmes de "stimulation du cerveau". Selon cette recherche, la maison de l’utilisateur est équipée d’un ordinateur, de microphones et de caméras qui fonctionnent en combinaison avec un téléphone portable pour enregistrer les conversations, les évènements, les coordonnées de localisation, les dates et les heures. Les informations enregistrées sont stockées, traitées et analysées, ce qui permet aux utilisateurs de parcourir leur passé pour retrouver, par exemple, les propos tenus par une personne. Le système peut également détecter l’activité quotidienne de l’utilisateur et s’appuyer sur celle-ci pour lui rappeler d’effectuer des tâches quotidiennes et régulières.

Interfaces

Les interfaces du dispositif sont intuitives, élégantes et faciles à utiliser. Si un utilisateur a besoin d’un rappel de ce qui s’est produit dans un proche passé, il lui suffit d’interroger le système (par exemple, "Que m’a dit ma fille hier lorsque nous avons discuté de la tempête de neige à Montréal ?"). L’ordinateur utilise alors les mots-clés de la question pour retrouver la conversation en question et la repasser à l’utilisateur. Un deuxième service aidera les utilisateurs à gérer leur programme quotidien. Si un utilisateur constate qu’il n’a presque plus de café, il peut demander au système de lui rappeler d’en acheter plus. Le système enregistre le mémento et le met en correspondance avec le magasin où l’utilisateur fait généralement ses courses. Lorsque l’utilisateur passe devant le magasin, une alerte vocale se déclenche sur son téléphone portable pour lui rappeler d’aller au magasin et d’acheter du café. Enfin, le système proposera une série d’exercices visant à renforcer la mémoire de l’utilisateur, en s’appuyant sur les rendez-vous réels et les souvenirs enregistrés pour poser des questions.

S’exercer

Ces exercices permettront d’éviter que l’utilisateur ne se repose trop sur la nouvelle technologie et de ralentir le déclin cognitif. Tout le monde oublie des choses de temps à autre ; c’est humain. Mais, à mesure que nous vieillissons, ces oublis peuvent considérablement influencer notre vie. De nombreux produits se concentrent exclusivement sur les symptômes ou les négligent complètement. Le prototype propose une approche qui s’attaque à la fois aux symptômes et à la cause. Le projet de trois ans qui a débuté en janvier 2008 a déjà entrepris une analyse des besoins des utilisateurs. Cette action a permis d’identifier les situations dans lesquelles les personnes âgées estiment que des messages et des rappels leur seraient profitables et la manière dont elles interagissent avec les technologies, y compris celles conçues pour remédier aux pertes de mémoire. Les premiers prototypes de l’interface sont à présent en cours de développement et devraient être disponibles mi-2009. Au cours de la deuxième moitié du projet, le système subira des tests et des ajustements supplémentaires.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que l’éthique incite à aider les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à vivre décemment, avec dignité, autonomie et la conservation d’une certaine joie de vivre ?

2. En ce cas, quel serait le degré de priorité à accorder à une aide conséquente en personnel de santé, en équipements et en ressources financières par rapport à d’autres impératifs comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires ?

3. Que penser de ce projet de recherche qui ne s’inscrit pas dans le cadre d’un traitement miraculeux mais dont la structure est pertinente, rationnelle et fait appel aux techniques d’information et de communication modernes ?

4. Est-ce que la prolongation de la vie dans des conditions de bonne qualité de vie est un objectif raisonnable et prioritaire ?