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Réformes à l’université

Sauver les banques ou l’Université ?

Où, comment, dans quelles conditions, selon quelles critères installer les nouveaux lieux de l’apprentissage et du savoir ?

mercredi 26 novembre 2008, par Picospin

Ne lit-on pas que « quelques Présidents d’université craignent d’être « expulsés » du centre historique du Quartier latin au prétexte d’une rationalisation, d’autres tablent sur des projets de vente de l’État concernant certains locaux. » ?

Remodelage

La ministre souhaite en effet « remodeler un paysage immobilier plus cohérent » ou « vendre certains locaux de l’université Paris-I (Panthéon-Sorbonne) en contrepartie de son déménagement partiel dans le nord de Paris (porte de la Chapelle) et à Aubervilliers. Les retards en matière de construction, de maintenance, de mise aux normes de sécurité sont toujours problématiques selon les présidents d’université. Certains sites sont encore très dégradés, en dépit des efforts financiers de l’État dans le cadre du plan université (U3M) ou du dernier contrat de plan État-Région. Ces nouvelles sont dévoilées au lendemain d’un acte de foi du gouvernement selon lequel la recherche et l’enseignement supérieur constituent ses premières priorités. Est-ce que le fait de s’inscrire dans un projet cohérent et enthousiaste débouche sur une optimisme béat grâce auquel on se croit autorisé à rêver, à fantasmer sur le bonheur qu’on pourrait insuffler à ceux que l’on veut aider ? Il semble que pour le moment ce ne soit pas le cas puisque si l’on en croit les statistiques, les dépenses par étudiant sont nettement inférieures que celles qui sont inscrites au budget pour les classes préparatoires. Les syndicats s’inquiètent de cette situation et des perspectives plutôt défavorables qu’elles ouvrent. On ose de nouveau prononcer des paroles de mauvais aloi telles que fuite des cerveaux, déclin, nécessité de réduire le taux d’échec ce qui impose d’améliorer l’encadrement et de transformer les cours en amphi par des enseignement en petits groupes. Dans les milieux des représentants des étudiants, on ne semble guère enclin à faire confiance au tutorat qui ne serait approprié que pour un petit nombre d’étudiants. Des discours optimistes assurent que les conditions de vie des étudiants auraient été améliorées alors que les droits d’inscription ont été augmentés et que les conditions d’attribution des bourses ont été réformées.

Au secours du système bancaire

Des rapports dénoncent la priorité accordée actuellement au sauvetage du système bancaire en faillite ce qui réduit d’autant les « dépenses d’avenir » qui se situent dans l’éducation, l’université et la recherche. Les signataires de cet appel au secours insistent pour terminer sur l’importance des inégalités sociales qui caractérisent les situations constatées dans l’enseignement et la recherche, la nécessité de revaloriser les métiers liés à cette dernière, d’engager une réforme profonde du système d’aide sociale aux étudiants pour éviter la dégradation de leur conditions de vie et le lancement d’un « plan Marshall » en faveur des premiers cycles universitaires. Cette appellation qui rappelle l’aide organisée par les Etats-Unis au sortir de la 2è guerre mondiale en faveur des pays touchés de plein fouet par les désastres produits par une guerre implacable, des destructions massives, des massacres humains d’une exceptionnelle ampleur est suffisamment curieuse pour mériter d’être notée. S’applique-t-elle vraiment à la réforme de la situation de l’enseignement et de la recherche 60 ans après cet événement ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la science est le concept de l’universel et du nécessaire, du démontrable par la raison ?

2. Si cette assertion est exacte, du principe de ce qui est objet de science, il ne saurait exister ni science, ni art, ni prudence. Etes-vous d’accord avec cette formulation d’Aristote dans l’Ethique à Nicomaque ?

3. Il s’ensuit que ce qui est objet de science peut être démontré tandis que l’art et la prudence ont pour matière ce qui est de l’ordre du possible. Oui ou non ?

4. Est-ce que nous atteignons la vérité par la science, la prudence, la sagesse et l’intelligence ? Toutes à la fois ou une en particulier ? Quelle est celle choisie par Aristote ?