Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Science sans conscience en France

Science sans conscience en France

jeudi 13 décembre 2012, par Picospin

Alors que la paix des braves régnait depuis l’arrivée au pouvoir – mais lequel ? – de l’ancienne équipe gouvernementale, que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes sans l’aide de Candide, on révèle tout d’un coup qu’en France, le chômage explose, les incivilités progressent, les affaires succèdent aux affaires, que l’Ile de Beauté s’enlaidit des explosions de la veille et que surtout les enfants de France, ceux de la République, de l’Education Nationale, de la laïcité, du multiculturalisme ne savent ni lire, ni écrire dans le pays de Pasteur, de Descartes, de Victor Hugo, de Pascal, sans que quiconque ait soufflé mot de ce bilan tragique, de cette dégringolade catastrophique si longtemps cachée, maintenue dans un pieux silence pendant que l’on s’extasie devant la valeur et le classement des grandes Ecoles Françaises, louées partout, enviées de tous et indispensables à la gestion de l’univers.

Un terrible bilan

Qui a caché un tel bilan ? En combien de temps cette descente aux enfers s’est-elle instaurée ? Pourquoi personne ne s’est-il manifesté auprès de la population, de la nation française pour la mettre au courant de cette situation effrayante, d’autant plus grave et dangereuse pour l’évolution du pays que les Ministres, le pouvoir, la présidence de la République ont cru devoir placer au firmament de l’éducation universelle, le rôle de la pédagogie en France, si orgueilleusement louée par la masse des thuriféraires, qui ne cessaient , au cours du quinquennat précédent de louer la qualité supérieure du savoir français, produit d’exportation majeur, passeport international estimé et apprécié par les admirateurs scientifiques, littéraires et touristiques de l’hexagone. Pourtant ses performances n’avaient jamais permis de se gausser des prouesses des autres, depuis longtemps considérés comme les parents pauvres de la connaissance aussi bien scientifique, de culturelle ou philosophique, sinon littéraire. « A l’âge de 10 ans, un écolier français lit moins bien que la moyenne des élèves européens du même âge... »

Lecture pour tous ?

Le Programme international de recherche en lecture scolaire et rendus publics mardi 11 décembre placent la France en 29e position sur 45 pays et montrent des résultats en constante dégradation depuis 2001. Pourtant, il est connu que " Tous les enfants peuvent apprendre à lire. Mais il faut qu’ils soient prêts. En entrant dans ce monde de l’écrit, l’enfant fait un premier pas dans la séparation avec l’adulte. Et s’il n’est pas prêt à couper le cordon, il n’apprendra pas à lire ". Croyez-vous qu’au vu de la lecture (encore ?, sic) de ces résultats, on se soit inquiété en haut lieu de cette chute spectaculaire des résultats par rapport aux autres pays ? Le cocorico n’a cessé de chanter, de faire entendre sa voix stridente pour expliquer au monde, la supériorité manifeste de la pédagogie française par rapport à celle de pays « arriérés ? » qui ne sont ni dispensateurs de culture ni donneurs de leçons mais continuent de travailler, de chercher sans jamais estimer que leur méthode d’enseignement est parfaite et que comme telle elle est susceptible de dominer dans un monde que certains dirigeants et responsables en France considéraient comme le plus avancé, le plus compétent, celui qui mérite à l’estime, de mener les débats, de fustiger et mépriser les autres.

Une chute...

« Sur le groupe des 23 pays qui participent régulièrement au classement proposé par Pirls depuis 2001, seuls quatre, dont la France, chutent sur la décennie. Ce qui, relativement, nous place de plus en plus bas et montre que d’autres pays savent tirer mieux que nous les leçons de ces classements internationaux pour progresser. Les Etats-Unis ont, par exemple, gagné 14 points, Hongkong et Singapour une quarantaine de points. » On est si fier en France de posséder des esprits hautement compétitifs, « que le monde entier cherche à nous arracher » ( ?) qu’aucun retour sur éducation, enseignement, pédagogie ne saurait avoir lieu puisque ce qui se fait ici ne saurait supporter la concurrence avec d’autres si pauvrement armés, si incultes, si mal lotis en matière de capital cognitif, de réseaux neuronaux et de capacités à penser le juste après avoir inventé l’égal, le fraternel et la liberté d’innover. On a oublié ou feint de le faire, que le contenu doit être délesté au profit de l’organisation du contenant et que la critique considérée sous la forme de révision, de revue constitue la pierre angulaire d’un apprentissage qui évite de transformer les enfants puis les humains qu’ils deviennent en adorateurs passifs du mimétisme ambiant devenu ainsi plus moutons, agneaux prêts au sacrifice que rebelles à l’acceptation inconditionnelle.

Encore un recul ?

Sur le groupe des 23 pays qui participent régulièrement à « Pirls » depuis 2001, seuls quatre, dont la France, chutent sur la décennie. Les ZEP restent sous la moyenne internationale, avec un score de 480 qui les rapproche de la performance de Malte ou de la Géorgie ! Les élèves français rendent leur copie avec 6,4 % des réponses manquantes - c’est le plus fort taux des pays européens - et ils abandonnent les exercices en cours de route. " En moyenne, ils sont 6,7 % à ne pas aller jusqu’au bout de la quinzaine de questions posées à partir d’un texte ", " nous avons là la preuve manifeste qu’il faut réfléchir à une notation plus constructive, moins de sanctions et plus largement changer le rapport à l’école. " Alors que les performances sur les textes narratifs sont restées stables, celles qui concernent la lecture de textes informatifs ont diminué depuis 2001 de 13 points.

Blocage sur les informations

C’est un phénomène très inquiétant, car on était habitué à ce que les élèves peinant sur les textes littéraires se rattrapent sur les textes informatifs ce qui n’est plus le cas actuellement. " Les méthodes d’enseignement doivent être entièrement revues en France, à la lumière du compte rendu de ces résultats qui insistent sur la nécessité de rendre à l’enseigné ses capacités de réflexion autonomes, d’apprendre plus par un effort de soi-même sur soi-même que par les textes prédigérés des enseignants, quitte à ce que les questions soient débattues en groupe ou individuellement avant d’être soumises à la discussion avec les professeurs, devenant plus conseillers que maitres.