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Sécurité aérienne d’après la NASA

jeudi 25 octobre 2007, par Picospin

Est-il plus dangereux qu’il n’y paraît de fréquenter le ciel américain ? C’est ce que semble suggérer le refus de la NASA de rendre publiques les conclusions de son enquête sur la sécurité aérienne. Le sondage réalisé entre 2001 et 2005 auprès de 24.000 pilotes révèle que les impacts avec les oiseaux, les collisions manquées en plein vol, les changements des manœuvres d’atterrissage à la dernière minute, ou les interférences sur les pistes d’aéroport sont deux fois plus fréquents que ce qu’indiquent les rapports officiels des autorités américaines.

Ordinateurs purgés

L’administrateur de l’agence spatiale a justifié ce mystère en arguant que les données du sondage pourraient entamer la confiance des passagers envers les compagnies aériennes et les profits de ces dernières. Pour lui, ces résultats toutefois "présentent une illustration des aspects de l’aviation commerciale américaine". Pour ne rien arranger à ce soupçon de « théorie du complot », la NASA a demandé la semaine dernière à son sous-traitant d’effacer de ses ordinateurs tous les fichiers se rapportant à l’enquête. Devant la polémique, l’agence spatiale a entrepris son mea culpa. Elle publiera sa propre analyse des résultats avant 2008. Depuis lundi, l’affaire a en effet attiré l’attention du Congrès qui a ouvert une enquête.

Inquiétude des passagers ?

La Commission des Sciences et technologies de la Chambre des Représentants demande à la NASA de ne détruire aucun document et de lui transmettre l’intégralité des données collectées. Toutes les communications éventuelles entre la NASA et les compagnies aériennes sur le caractère négatif du rapport devront également leur être remis. Pour un député du Tennessee la recherche, loin d’être dommageable, pourrait profiter aux entreprises de transport aérien. Une fois publique, elle aiderait à mieux comprendre les accidents et à les prévenir. De son côté, la NASA a démenti qu’elle mettait en danger la vie d’autrui en gardant le silence. Elle explique que rien dans l’enquête ne nécessitait d’alerter l’Administration fédérale de l’aviation. Les experts ont relativisé les résultats. « Les incidents relevés provoquent rarement des accidents mais ils augmentent les facteurs de risque" a confié un professeur à Stanford, qui a participé à la rédaction du questionnaire de ce sondage.

Dissimulation ?

Les principaux intéressés, les associations de passagers calment aussi le jeu. « Le but de la NASA n’est pas de protéger les fortunes des compagnies aériennes. Nous sommes toujours convaincus que l’avion est un mode de transport extrêmement sûr » a déclaré le président d’une association de voyageurs. Beaucoup de commentateurs estiment que le sondage et sa dissimulation nuisent plus à la réputation de la NASA, à sa politique de sécurité et de confidentialité qui est souvent attaquée depuis les explosions des navettes Challenger et Columbia en 1986 en 2003- qu’à celles des compagnies aériennes.

Questionnement éthique :

1. Est-il vraiment dangereux de voyager en avion malgré les assurances répétées publiées par les instituts de statistiques ?

2. Est-il éthique de cacher la vérité au public sur les conditions des vols commerciaux ?

3. Peut-on parler de conflits d’intérêt entre le but de faire vivre commercialement une entreprise comme celle des compagnies aériennes et celui d’assurer la sécurité des voyageurs ?

4. Pour améliorer cette dernière, doit-on optimiser les infrastructures nécessaires à l’accueil des avions qui sont de plus en plus nombreux à se poser dans les aéroports jusqu’à parvenir à une saturation potentiellement dangereuse ?

5. Quelle sera l’issue des problème posés par la propreté ou la pollution du ciel au moment où se tient le Grenelle de l’environnement ?


Sources : Le Figaro : 24.10.2007 La NASA aurait censuré une enquête sur la sécurité aérienne aux Etats-Unis.