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Disciplie et inconscience

Séismes, tsunami et dangers au Japon

Mensonges d’état ?

vendredi 15 avril 2011, par Picospin

Le silence règne en maitre car la plupart des personnes impliquées dans cette aide refusent de parler le font particulièrement les familles de ceux qu’on appelle des « liquidateurs ». Il y a de moins en moins de place dans les conversations pour des sujets qui ont trait à la catastrophe récente, aux dégâts infligés à la nature, aux villes, aux pertes humaines et aux dangers qui continue de menacer une population vivant à proximité des centrales nucléaires.

Mystère et silence

Le mystère règne partout en raison du silence qui reste de rigueur. A ce moment, tout le monde se cherche des héros même si la plupart des familles et des témoins préfèreraient ne pas en compter dans leur entourage. Beaucoup de personnes ne connaissent pas du tout ou très mal les effets des radiations puisque personne n’informe les personnes les plus concernées par leurs dangers des conséquences possibles et probables des surdosages qu’elles seraient censées absorber du fait de leur vie à proximité d’une zone fortement sismique où l’on avait décidé, malgré de multiples avertissements de construire des centrales nucléaires. Leurs risques potentiels avaient été niés contre l’avis de nombreux experts qui n’avaient cessé d’avertir les responsables des dangers de construction des usines dans une zone fragile. De ce fait, les habitants vivant à proximité ne connaissent pas les effets des radiations, puisque personne ne les leur explique sans donner des informations exactes, même pas aux « liquidateurs » qui hésitent à montrer leur visage. Les pompiers de Tokyo ont été les seuls à laisser entrer les journalistes qui, en général ne peuvent travailler seuls en raison de « l’omerta » qui règne en maitre dans la région et dans le pays.

Pompiers aux ordres

Ils n’ont été mobilisés qu’une semaine après la catastrophe, dans des conditions difficiles et sous la protection de filtres spéciaux qui ne permettent cependant pas de rester plus de 30 minutes dans la zone. Le réacteur N°3 qui est très endommagé, a été arrosé avec de l’eau de mer après qu’on eut installé les tuyaux dans la mer pour pouvoir l’arroser. Un des sauveteurs raconte qu’il a du garder son sang froid même s’il a vu le réacteur détruit mais il a considéré que sa mission était trop importante pour laisser liberté à sa peur. Dans l’ensemble, on refuse de parler trop et d’être soumis à des questions et da parler au travers de visages cachés. On ne peut entrer avant l’heure du RV pour interviewer les responsables sur place car il faut tenter de protéger la vie privée des gens pour laisser entrer dans l’intimité des familles des ingénieurs qui mesurent le taux de radioactivité. On peut entrer dans le bureau où se font les tests par l’intermédiaire des personnes qui sont chargées de répondre à nos questions. On explique que le taux de radioactivité dangereux n’est pas atteint, d’autant plus que toutes les personnes fortement irradiées ont été envoyées dans des services spécialisés pour enlever les particules radio actives.

Irradiations massives

Les irradiés sont entrés ici, avec un taux de contamination élevée. Nous donnons beaucoup de conseils qui ne sont pas toujours bien écoutés. Les patients ont un gros problème car beaucoup ne veulent pas dire la vérité et s’efforcent de garder le silence depuis longtemps. S’ils avaient pu le réaliser, il aurait fallu fermer la station ce qui aurait été désastreux. Comme les incidents avaient été nombreux depuis longtemps, il aurait fallu fermer les établissements depuis longtemps, ne serait-ce qu’à l’issue d’un incident dans le N° 3 d’où une pièce était tombée. Le préfet va découvrir des anomalies, des fissures dans une usine qui aurait du recevoir un autre moteur. Cet incident n’a été signalé par personne. On a falsifié un rapport qui signalait l’existence de fissures qui n’étaient que la partie émergée de l’iceberg. Je pensais qu’il fallait régler les problèmes internes, par l’intermédiaire d’une compagnie privée qui, avec la connivence de l’état protège ses intérêts quelle que soit la gravité des incidents. La Société responsable de la construction et du maintien est critiquée des toutes parts, ce qui n’empêche guère de multiplier les conférences de presse, de réparer le système électrique et d’occuper le terrain en permanence pour publier des relevés dont on ne connaît ni l’exactitude ni la véracité.

Trop d’excuses

Les excuses sont répétées, on souhaite régler la situation le plus vite, tout en se demandant comment gérer la situation dans une atmosphère de conspiration, de silence. Sur Internet toutes les vérités seront bonnes à dire sauf celles qui sont interdites. Lorsque des défauts de fabrication ont été détectés par des employés qui travaillaient pour Hitachi, la sécurité a été maintenue, au prix d’un versement à un ingénieur qui avait dessiné le modèle d’Hitachi, pour prix de son silence ce qui l’a « autorisé » à affirmer qu’il n’y avait pas de problème. La centrale était déjà en fonctionnement, donc on ne pouvait pas l’arrêter en pleine marche. On avait prévu que c’était dangereux mais on a envisagé de continuer à la faire fonctionner. On a construit sur une plaque tectonique menaçante dont on a affirmé on a dit qu’elle avait été sécurisé ce qui n’était pas vrai. Même à Yokohama, toutes les centrales sont construites sur une zone sismique. On s’était permis de construire la centrale nucléaire la plus dangereuse au monde, dans un pays qui dispose déjà d’ une cinquantaine de centrales, à la limite de jonctions de plaques, ce qui est considéré comme pure folie. On avait eu connaissance de séismes qui avaient déjà produit des accidents qui avaient provoqué des fissures et malgré des fermetures de centrales dans une zone où travaillait Toshiba. « Il faut que la centrale cesse de fonctionner car elle est vraiment dangereuse », avait-on affirmé.

Responsabilités

Le Japon met trop de vies en danger alors que des gens tentent de combattre mais ils sont trop isolés pour le faire avec efficacité. Les difficultés pour parler persistent, la vie d’une centrale est un monde à part, on ne pouvait ni ne voulait parler car les employés sont embauchés par des petites entreprises où le risque est grand de perdre sa place. Les liquidateurs ne veulent parler car ils sont considérés comme des pestiférés. Comme à Hiroshima, on affronte la discrimination de la population japonaise, et on voit des centres qui exigent maintenant des certificats de non contamination. La violence des tsunamis, qui est un mot japonais, et l’activité sismique était moins forte il y a 40 ans au moment de l’édification en masse des centrales. Pourtant, malgré les conseils des plus éclairés, on a simulé la bonne conscience, la sérénité et le déni de tout accident dans un pays qui ne pourrait « disposer d’un équipement suffisant pour couvris ses énormes besoins en énergie électrique.

Questionnement éthique :

1. Peut-on parler d’un excès de précaution dans la construction des centrales japonaises ?

2. Dans cette affaire, la tendance générale est plutôt au pessimisme qui conduit à la surestimation des faibles probabilités alors que dans le cas qui nous préoccupe, c’est la négation des risques qui a conduit à construire les centrales sur une jonction de plaque tectonique à haut risque de séisme et tsunami.

3. Sans doute, les autorités japonaises auraient-elles mieux fait d’appliquer la vieille formule éprouvée du "dans le doute, abstiens-toi" pour désigner les sites de fabrication électriques ?

4. Si on avait mieux appliqué les préceptes de rationalité sur la confiance dans la connaissance scientifique, on aurait tenu davantage compte de ses résultats que de l’effet médiatique sur une société volontairement mal informée.

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