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De la tempête à la politique

Situations

Gouvernance de voilier ou d’état ?

lundi 9 février 2009, par Picospin

On pourrait proposer que le vainqueur de cette compétition soit chargée d’une mission de responsabilité et de décision d’importance exceptionnelle.

Voilier ou État ?

Pour quelle raison ? Tout simplement parce que cette course exige un ensemble de qualités, de performances, de prises de décision qui semblent, à première vue, du même ordre que celles nécessaires à la conduite d’un état. Prenons pour exemple le bateau lui-même qui représente un certain investissement, par métaphore, le budget de la nation. Il y a tout le perfectionnement technologique, fruit des recherches, de l’enseignement, de la formation des équipiers, des ingénieurs en communication qui restent à terre pour fournir en permanence les informations nécessaires à établir le trajet de l’embarcation en fonction de la météorologie, de la position des concurrente, des tactiques supposées de chacun. Certains affirment aussi qu’il faut tenir compte de la bataille de l’information dans laquelle entreraient des éléments gardés secrets comme les routes suivies par les uns et les autres, sinon aussi les renseignements diffusés pour tromper l’adversaire, le concurrent à l’instar des batailles que se livrent les agents des renseignements généraux, l’espionnage, le contre-espionnage et autres groupes du même genre qui assurent des fonctions souvent considérées comme capitales en temps de guerre.

Espionnage

Heureusement, dans les courses autour de notre malheureuse planète comme on tend à l’appeler actuellement, ce n’est pas l’état de guerre mais une compétition qu’on veut espérer loyale mais qui n’est pas loin de refléter les difficultés, manipulations, batailles psychologiques qu’on constate en temps de guerre et qui se sont manifestées à maintes reprises entre les belligérants pendants les guerres mondiales à l’exemple de la première et de la seconde entre Alliés et puissances dites de l’axe. Le cinéma a décrit avec détails et parfois bonheur les épisodes d’espionnage joués par des femmes qui, sous couvert de sensualité et d’affection, ont tenté de subtiliser aux faibles responsables militaires les renseignements essentiels sur la conduite de la guerre dont avait besoin l’état-major pour continuer à mener une guerre impitoyable.

Décisions sans appel

Dans ces conditions difficiles, des éléments souvent déchainés, des pannes et des avaries, le concurrent doit prendre instantanément des décisions sans appel, sans retour sous peine de se perdre et de perdre le bateau. Alors, avec toutes ces suppositions, ce jeu de quille (si l’on peut dire) ne pourrait-on proposer de se livrer au divertissement, à l’agrément (et non au gréement) d’une permutation dans des rôles essentiels : le politique contre le skipper et inversement ? Quel résultat résulterait de ce retournement de situation, terme que je n’ose employer ici sous peine de voir le mot retournement s’appliquer au malheureux skipper en train de franchir le cap Horn ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce qu’une compétition de ce type doit être parfaitement loyale ?

2. Est-ce que le skipper de ces énormes coursiers des mers a une compétence, des connaissances, une formation supérieure, égale ou inférieure à celle d’un bon chef d’état ?

3. Est-il raisonnable de faire prendre aux concurrents en ligne pour cette dure compétition des risques qui servent en définitive à mettre au point une haute technologie destinée à être ensuite commercialisée au prix fort ?

4. Est-il justifié de comparer les performances d’un chef d’état à celles d’un skipper ?