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Quelles priorités dans quels pays ?

Soins, grèves et défilés

Travail, chômage et santé

vendredi 30 janvier 2009, par Picospin

Les Américains au premier chef sans doute. Mais les autres ? Pour avoir été encensé plus ou moins que de raison, le nouveau Président des Etats-Unis ne cesse de travailler pour sortir son pays de la crise dans laquelle l’a précipité un devancier dont la politique est difficilement compréhensible sauf à mettre en route une rationalité qui tient plus de son passé personnel, pathologique ou politique que des structures politiques qu’il est censé avoir apprises dans les grandes écoles qu’il aurait fréquentées entre deux libations alcoolisées, triste souvenir d’une enfance sans doute malheureuse.

Inégalités

Dans ces conditions, la nouvelle Administration américaine a eu raison de s’attaquer au problème majeur de l’inégalité entre citoyens américains : celui de la couverture de santé. S’attaquer à la question difficile de l’injustice faite à une énorme partie de la population, c’est prendre en compte un des déficits majeurs de la vie aux Etats-Unis, dont des solutions diverses et souvent appropriées ont déjà été cherchées, étudiées, approfondies dans d’autres pays en proie eux aussi à la difficulté de trouver un mécanisme de couverture de santé adapté à un pays où la médecine est à la pointe du progrès ce qui veut dire en même temps qu’elle est devenue très onéreuse en raison même de sa qualité et de la recherche qu’elle suppose pour arriver aux résultats actuels. L’auteur de cet article ne dit pas autre chose lorsqu’il écrit que les Etats-Unis sont la seule nation où la catastrophe économique sera aussi celle de la santé en raison d’une situation de l’emploi dans laquelle des millions de gens vont perdre leur couverture de santé en même temps que leur emploi.

Silence

Dans ces conditions, on est en droit de se demander pour quelles raisons l’administration actuelle a gardé le silence sur les promesses faites par le candidat Obama au cours de sa campagne électorale. Le point de départ du questionnement vient de la l’ampleur et de la durée probable de la crise qui jette à la rue des chômeurs privés de toute assurance. Même avec le plan de stimulation le taux de chômage risque fort d’atteindre le chiffre recors de 8%. Ce taux élevé devrait inciter à informer davantage la population sur les mesures prévues pour régler cette situation. Dans ce débat, avant qu’il en devienne réellement un, le premier argument avancé consisterait à affirmer qu’une extension de l’accès à la couverture de santé risque de devenir trop ruineuse compte tenu des sommes énormes nécessaires pour redresser une économie à la dérive.

Beaucoup ou peu d’argent ?

Cet argument reste peu décisif si l’on tient compte des prévisions annonçant que la somme à ajouter à celle nécessaire pour équilibrer l’économie dans le but d’assurer la santé au peuple serait loin d’être aussi élevée que celle annoncé par les Cassandre de l’administration. D’autres augures pourraient assurer que la réforme du système de santé n’est pas une priorité actuellement devant l’ampleur de la crise qui est en train de frapper l’économie de plein fouet. A cette remarque, on pourrait répondre que le fait d’injecter des sommes indispensables pour aider les familles à assurer leur santé devrait s’avérer au moins aussi efficace que de stimuler l’économie et de dépanner les employés dans leur tentative de traverser les difficultés actuelles. La 3è raison d’un tel silence pourrait bien se trouver dans le fait que le moment n’est pas le plus adéquat pour réformer le système de santé car l’attention de la nation est surtout attirée par le caractère dramatique de la crise actuelle. Cet argument pourrait rapidement s’avérer inexact quand on se réfère à ce que Roosevelt en son temps a pu faire pour instaurer la sécurité sociale au moment de la Grande Dépression, justement parce que celle-ci a mis en lumière l’urgence de remédier à la situation précaire de l’Assurance Maladie.

Erreur répétée

Obama n’a pas intérêt à répéter l’erreur commise par son prédécesseur Clinton dont le plan de réforme a atteint une allure de croisière trop lente pour devenir efficace. Ce qui a profité à l’économie qui pendant ce temps a réussi à se redresser. Un des autres arguments à discuter réside dans le fait que la population est en colère, comme elle l’est en France – regardez ce qui s’est passé ici hier - car pendant que les banques reçoivent les considérables mannes tombées par enchantement du plafond de l’état pour irriguer les banques assoiffées d’argent les gens souffrent de plus en plus. C’est une raison de plus pour associer au sauvetage des établissements de crédit celui des organismes d’assistance à tout le monde, pas seulement les puissants et les riches. Le temps est révolu d’oublier les promesses de campagne mais au contraire de pousser très fort les réformes pour l’accès à la couverture universelle des soins.

Questionnement :

1.Est-ce que la situation consécutive à la crise mondiale est comparable en France et en Amérique ?

2.Comment se fait-il que les conditions des soins de santé soient marquées par autant d’injustices aux Etats-Unis ?

3.Pourquoi y a-t-il si peu de grèves en Amérique et autant de manifestations de rue en France ?

4.Peut-on dire que les répercussions de la crise mondiale sont identiques dans tous les pays, en particulier en Europe, en Amérique et dans les pays en développement ?

Sources :

The New York Times
January 30, 2009
Op-Ed Columnist
Health Care Now
By PAUL KRUGMAN