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Sommes-nous vraiment en crise ?

Est-elle vraiment grave pour tous ?

lundi 26 janvier 2009, par Picospin

Il n’y a sans doute pas que des inconvénients à en vivre les moments les plus difficiles, ceux qui annoncent des catastrophes et ceux qui annoncent l’arrivée de pompiers pour éteindre les flammes ou assécher l’eau des fleuves.

Temps de malheurs

En ces temps de malheur, il y a beaucoup de pompiers volontaires pour secourir les corps et les âmes en détresse, pour renflouer banques et banquiers en perdition, pour prêter de l’argent à n’importe à la seule condition qu’il revienne par la voie d’investissements dans des avions neufs, qui s’appellent par exemple Airbus A380 et dont la fabrication permet de remettre en selle les milliers de travailleurs qui s’attachent à leur carlingue et leurs moteurs actuellement plutôt détachés par mise en chômage technique. Il est assez intéressant d’entendre les grands et surtout les responsables de ce monde clamer haut et fort avec des trémolos dans la voix que la crise actuelle est certainement la plus grave que le monde ait connue depuis fort longtemps et en tout cas au moins depuis celle survenue en 1929. Où étaient-ils, ces tragiques de la Comédie Française ou d’autres scènes du monde, qui ont effacé de leur mémoire les hécatombes de la guerre de 14-18 où officiers et soldats se faisaient couper en morceau par les tirs de mitrailleuses qui traçaient les pointillés de balles qui devaient découper les corps meurtris des fantassins immergés au fond des tranchées en formes de fosses communes.

Oubli

Ils ont apparemment oublié encore plus vite l’holocauste, les massacres par balles, les chambres à gaz de la 2è guerre mondiale comme semblent l’avoir oublié aussi, par un trou de mémoire gigantesque à l’instar des trous noirs du cosmos, ceux qu’on appelle par une déférence étrange les « négationnistes » dont un brillant représentant vient d’apparaitre au firmament de l’Eglise d’Angleterre sous l’oeil bienveillant du successeur de Jean-Paul II dont le passage fugace, parait-il, dans les « Hitlerjunge » n’a guère ravivé la conscience. Pour toutes ces personnes, ces politiques, ces militaires, ces financiers, toute cette histoire ne vaut sans doute ni une prière ni un livre, ni un recueillement. La seule chose qui compte pour eux est cette crise qui les prive de pouvoir, de Mercedes, de Ferrari ou de chalets suisses, de palaces dans le Golfe, de ski d’été sur neige salée. Devant cette vision d’enfer, des gens honnêtes, indépendants, candidats à la construction de leur vie se révoltent pour se substituer aux fantasmes des grandes entreprises surannées, des structures étatiques géantes pour bâtir leur propre maison, leur propre affaire, leur espace de vie à leur image. La hausse de 1,3% des créations d’entreprises en France l’an dernier peut sembler modeste. Pourtant, cette tendance positive prend un relief particulier dans la période actuelle.

Hausse

Hausse du chômage, croissance en berne, faillites à répétition, les raisons de se réjouir se font très rares en ce moment. Cette hausse était loin d’être assurée. Au-delà de la dégradation de l’environnement économique, jamais propice à la prise de risques, on pouvait craindre un retournement après des années exceptionnelles. Les créations d’entreprises ont en effet bondi de plus de 50% au cours des six dernières années. Les chômeurs créateurs d’entreprises sont en très nette augmentation depuis 2003. Les secteurs où les nouvelles entreprises progressent le plus illustrent aussi ce phénomène. Il s’agit très largement des services à la personne ainsi que des services aux entreprises. Les créations annuelles dans les services informatiques et télécoms ont, par exemple, doublé entre 2003 et 2007.Le regard des Français sur la création d’entreprise a changé considérablement depuis 2001. Aujourd’hui, la création est devenue un acte naturel d’alternative au salariat. Les motivations des créateurs sont à égalité entre le désir d’indépendance et de reconnaissance, et la sécurité que procure le fait d’être son patron par rapport aux aléas du salariat. Aujourd’hui, les Français se sentent aussi protégés contre le chômage en créant leur société qu’en restant salariés. Les Français veulent simplement transformer leur talent en revenus.

Des talents à revendre

Le désir de gagner beaucoup d’argent n’est pas leur motivation majeure. Des interlocuteurs spécifiques, comme le médiateur du crédit, ou des procédures adaptées peuvent apporter une aide précieuse. Si des difficultés à régler les cotisations se présentent, on peut s’adresser directement à l’organisme collecteur de l’Urssaf qui a mis en place un dispositif exceptionnel pour aider les entrepreneurs. Vous pourrez ainsi bénéficier de délais de paiements, de remises de majoration de retard, sans attendre la taxation d’office. Les banques continuent de prêter mais les critères d’acceptation de prêts sont maintenant plus exigeants ce qui n’est pas forcément un mal. Il est laborieux de défendre son projet auprès des organismes prêteurs mais nous revenons à des situations de moins d’excès en terme de montages financiers. Le monde bouge vite. Son impact est réel sur la transmission d’entreprise. Il faut prendre des décisions avec lucidité. Les chefs d’entreprise et repreneurs qui veulent combattre la crise et défendre les intérêts de leur entreprise et de leurs investissements, sont ceux qui anticipent, avancent et ne subissent pas. C’est une période qui peut devenir rapidement ou source de difficultés ou de grandes opportunités !

Questionnement :

1. Est-ce que les temps de crise ne sont pas propices à des changements de mentalités, à l’oubli de traditions néfastes, à l’abandon de procédures surannées ?

2. Est-ce que des périodes de retours sur soi ne sont-ils pas nécessaires pour faire le point sur ses propres comportements et jugements de la société ?

3. Est-ce que la prise de conscience actuelle d’une crise sévère ne peut-elle pas montrer le chemin d’un comportement moins assisté envers les structures de l’état et la nécessité d’une prise en main individuelle de son propre destin ?

4. De même ne peut-elle pas faire incliner vers un comportement plus conforme à la situation générale du globe nécessitant une diminution de la consommation effrénée d’énergie, d’alimentation excessive pour les plus riches, trop maigre pour les pauvres, une adéquation plus rigoureuse des ressources aux besoins ?