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Sondages dans le ciel

samedi 13 mars 2010, par Picospin

Maintenant ils se sont regroupés en trois factions, comme lors des élections à venir dans notre beau pays de France où régnait encore hier un climat doux à l’image de la douce vallée de la Loire, où autrefois les rois de France avaient édifié des châteaux où la vie était agréable et les rapports cordiaux.

Violents combats

Cette fois les tendances s’affrontent en un combat violent d’où les préoccupations météorologiques ont disparu pour faire place à des affrontements d’homme à homme. Et quels hommes ! Des savants de haute volée, imbus de leur personne, de leurs travaux, de leurs recherches même lorsqu’elles n’avaient que de lointains rapports avec le sujet qui nous préoccupe en ce moment. Pour résoudre le problème du dérèglement climatique on a même envoyé dans l’atmosphère un célèbre docteur moins pour soigner des malades que pour sonder les cieux et tenter d’expliquer aux hommes restés confinés dans les soubassements de la planète les raisons de changements climatiques à l’inverse de ceux prévus par les pontes de la science. A ce trio de tête se sont agrégés des groupes de tous bords venus des sciences et de la politique, de la philosophie et des assurances, des sciences humaines et des sciences plus dures même si leur catégorie n’était pas conforme à celle spécifiquement liée à la difficile prévision du climat.

A bas le mammouth !

Dans le trio de tête proposé au scrutin de la nation, se proposent un ancien Ministre de l’éducation nationale cherchant par tous les moyens à renverser le Mammouth, un ancien philosophe reconverti à une profession plus rémunératrice que les élucubrations philosophiques et comme référence suprême internationale une institution faisant autorité dans le monde sauf en ce qui concerne son président qui a maille à partir avec les juridictions policières et pénales des pays où elle exerce son activité. Cette restriction a intrigué les experts, savants et subordonnés et réduit considérablement l’impact de leur expertise aux yeux des observateurs neutres chargés d’évaluer leurs conclusions. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC = Intergovernmental Panel on Climate Change, (IPCC) « a pour mission d’évaluer de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui sont nécessaires pour comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Ses évaluations sont fondées sur des publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue.

Le Giec

Le GIEC organisation politique, composée de diplomates et d’une minorité de climatologues, désignés par les États, a été créé au sein de l’ONU. Ses publications officielles ont pour objet de proposer une synthèse des connaissances scientifiques incluant des publications qui font l’unanimité et celles qui sont contestées par des scientifiques. Ces rapports sont le fruit d’un long débat qui aboutit à un consensus : l’approbation de la version finale du rapport par tous les scientifiques et tous les gouvernements faisant partie du GIEC (la quasi totalité des pays du monde y sont représentés et ont signé l’approbation de la version finale. Son autorité et sa célébrité sont d’autant plus reconnues qu’il a reçu le prix Nobel de la paix 2007, conjointement avec Al Gore. De l’autre côté de la vérité réclamée et due se situe le clan Allègre, composé aussi du Pr Courtillot, directeur de l’institut de physique du globe qui ont préféré prendre le contrepied des déclarations du GIEC, ne serait-ce qu’en vertu de l’originalité, même forcée de leur position et qui leur vaut de ce fait la popularité attendue par le caractère paradoxal de leur position.

Complots et obscurantisme

Cette dernière s’alimente aux sources les plus obscures de la théorie du complot, des intérêts particuliers des politiques, prompts à se précipiter sur toutes les tables servant de bons plats en créant une atmosphère de drame et d’urgence en vertu de la menace existentielle que le monde va à sa perte, la planète vers la pollution définitive et le cosmos vers le chaos. Il est troublant de voir le succès des balivernes climato-sceptiques auprès de l’opinion et de certains médias tout frétillants de pouvoir mettre à terre ce qu’ils avaient porté au rang des causes les plus élevées et une certaine intelligentsia de penseurs médiatiques", philosophes de salon, ne connaissant pas plus la science du climat que la science tout court, se rallier aux faussaires ou aux bouffons dans lesquels ils voient une science innovante capable de renverser la pensée unique avec courage. Du haut de leur incompétence ils jugent que les scientifiques sont des idéologues ou des incapables, sauf dans l’art de la manipulation, mais que nos imposteurs médiatiques sont les savants qui disent enfin la vérité sur la nudité du roi…On cherche le débat public pour faire accréditer les hypothèses les plus extrémistes et les moins scientifiques à l’aide d’une confrontation pseudo-démocratique, porteuse de "vérité" puisque passée au filtre de la consultation du public, cependant la moins propice à dégager une validité. « Il n’y a pas de science sans détour par une construction, une abstraction, une généralité, pas de science sans connaissances et sans compétences préalablement acquises. Le public est tenté de renvoyer chacun dos à dos, ou de choisir l’une des « thèses » en fonction de croyances a priori, ce qui est le but recherché par les détracteurs. »

Une coupable erreur

Ce n’est pas une erreur, astucieusement exploitée, faite dans le rapport de 2007 du Groupe 2 du GIEC concernant la date de fonte des glaces de l’Himalaya, qui peut être de nature à remettre en cause le bilan scientifique établi. Inversant les rapports du faux et du vrai et surfant sur les thèmes à la mode comme la déconstruction de la science et le débat public, l’imposteur et le sophiste en viennent à leur objet véritable : délégitimer à la racine des politiques publiques du climat « aussi coûteuses qu’inefficaces ». Dans un livre sur l’utilisation du doute, D. Michaels analyse les stratégies mises en œuvre par des consultants spécialisés recrutés par des groupes industriels, dont les plus connus opéraient dans l’industrie du tabac, pour pervertir l’information et mettre en doute de façon systématique les résultats scientifiques pouvant aboutir à mettre en cause leurs produits. L’auteur y fustige les méthodes utilisées par l’industrie pour menacer notre santé. Triste bilan, pauvres mœurs, malheureuse éthique...