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Sous la présidence de deux Présidents

jeudi 10 mai 2012, par Picospin

Il a fallu qu’une minuscule partie de la biographie du nouveau Président élu soit portée à la connaissance du public pour qu’immédiatement, en réaction, on s’empresse de la comparer au maigre butin scolaire et académique ramassé en France après ou avant son arrivée en ce pays – on ne sait - par son malheureux rival.

Comparaison n’est pas raison ?

Dans ce travail comparatif, le Monde excelle lorsqu’il publie en gros titre sur plusieurs colonnes les prouesses académiques de François Hollande dont peu avaient révélé l’appartenance au clan si fermé des Diplômés de HEC, actuellement panacée de tous ceux qui revendiquent un poste élevé dans l’administration, la politique, la pensée contemporaine, les finances et l’économie, surtout depuis le départ précipité de DSK, honni par tous et les siens pour des faits d’ordre privé qui n’ont rien à voir avec la finance internationale sinon en ce qui concerne éventuellement la relation d’argent passée entre le candidat floué à l’Élysée et des femmes de passage, largement instrumentalisées, dans certaines chambres newyorkaises contribuant au succès commercial de ces établissements et plus stigmatisées que célébrées par les médias, la presse et ses instruments visuels. De cette chasse à l’homme et à la femme, partiellement levée par la récente, curieuse annulation de la loi par le Conseil Constitutionnel, concernant le contrôle et la condamnation des actes de harcèlement pour non validité, il reste des séquelles qui seront difficiles à effacer dans l’avenir, tant est imprimée dans les couches primitives des axes cérébraux la notion de violence faite aux femmes, d’inégalité devant les relations entre les mâles et les femelles et des avantages des premiers sur la faiblesse des secondes.

Quel bilan ?

Il apparait donc que le bilan du moralement et politiquement défunt président est particulièrement faible par rapport au poids des diplômes emportés dans sa besace personnelle par son successeur. Le premier n’a eu droit qu’à « un passage » moins qu’un « diplôme » à l’Institut d’Études Politiques de Paris sans que n’apparaisse quelque part la moindre allusion à une appartenance organique à une institution de ce type. Il doit se contenter d’un certificat d’aptitude à la profession d’avocat, en réalité exercée brièvement avant son entrée dans la carrière politique par des voies qui ont plus à voir avec les clair-obscur de Rembrandt qu’avec la montée vers des cimes professionnelles d’un Floriot, d’un lointain ancêtre corse du nom de Moro-Giafferi ou de l’actuel ténor du barreau Dupont-Moretti qui réussit à défaire le nœud des condamnés à mort par pendaison quelques secondes avant que ne s’accomplisse le travail du nœud coulant. La situation n’est pas tellement meilleure pour François Mitterrand, autre avocat brillant, féru de culture littéraire comme l’était son éternel rival de Gaulle passé en tant que dépositaire de la tradition militaire par l’Académie Militaire de Saint-Cyr. Dès lors, se pose la question des capacités nécessaires et suffisantes pour gouverner un pays qui, malgré la modestie d’exploitation de certains de ses secteurs, a besoin pour sa direction, la coordination de ses multiples activités, d’une personnalité qui ne s’évanouisse pas quand on lui parle de chiffres, de taux d’intérêt, de balance commerciale, de redressement économique, de théorie « keynésienne » ou encore des théories d’Adam Smith.

Décisions et compétence

Ce n’est plus avec de la littérature, si riche et si brillante qu’elle soit ou qu’elle ait été, que l’on a les capacités de prendre des décisions historiques sur la politique économique européenne, les déficits, les taux de emprunts à la banque européenne, ou les relations avec le FMI. Marivaux ni Corneille n’y suffisent. Les conseillers non plus, experts en tous genres, nouveaux apprentis sorciers, plus courtisans qu’hommes de science, grands clercs ou arbitres des décisions. Dès la descente des escalier du perron de l’Elysée, on s’interroge sur les « affaires qui menacent Sarkozy » dès que sera levée son immunité parlementaire. Elles sont si nombreuses que les politiques issus de la formation gréco-latine, risquent d’y perdre leur latin, depuis la curieuse et inattendue réception de l’Elysée jusqu’à la volte-face de la guerre de Libye si brutalement et rapidement terminée sous l’influence d’un romancier philosophe, subitement et pour la circonstance déguisé en ministre des Affaires Etrangères pour les besoins de la cause. Puis viennent « les affaires » auxquelles aurait participé notre ex Président et auparavant avec en premier lieu les financements des campagnes électorales à l’époque où les recherches de subsides avaient cours pour le financement des campagnes électorales à la recherche du pouvoir qui exonère et de l’autorité et du prestige qui excusent et pardonnent.

Corps intermédiaires

D’un côté, on s’assoit sur les corps intermédiaires, de l’autre on recherche les plus utiles, les mieux adaptés aux objectifs poursuivis. Ces révélations, ces analyses et commentaires auraient été plus utiles s’ils avaient été publiés plus tôt et non lorsque le rideau tombe sur les procédés les moins éthiques, le plus injustes, les plus condamnables sinon les plus dangereux pour la moralité et le comportement futur d’une jeunesse déboussolée par l’attitude de leurs ancêtres et accessoirement modèles. Que peut-elle dire sur l’exhumation d’une politique et de comportements médiatiques ou politiques ? Un manque de courage ? Une éventualité difficile et dangereuse à avancer.