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Un fleuve et un pont

Sous les ponts de Paris

Une histoire d’amour ?

lundi 29 décembre 2008, par Picospin

Cette histoire est d’autant plus actuelle que cette république tchèque a rejoint maintenant le sein chaud et généreux de l’union européenne où elle s’épanouit jusqu’au point d’en prendre la direction pour 6 mois, de temps en temps.

La République tchèque au secours de l’Europe ?

Cette histoire est d’autant plus actuelle que cette république tchèque a rejoint maintenant le sein chaud et généreux de l’union européenne où elle s’épanouit jusqu’au point d’en prendre la direction pour 6 mois, de temps en temps. D’en bas que peut-elle voir du ciel qui la surplombe et en fait autant pour les malheureux laissés pour compte de la vie. Eux tentent en vain de se protéger du froid, du gel, de la pluie glacée qui les statufie, de la neige qui se répand sur eux et sur la ville. Ce qu’il y a de commun entre le pont de pierre qui marque le milieu de la ville de Prague et – disons – le pont du Louvre qui marque celui de Paris, c’est le bruit du ruissellement de l’eau le long des berges, les ondes du fleuve, ici la Seine qui passent en un murmure. Parfois, il y a des deux côtés, comme un murmure qui donne l’impression de la traversée d’une roseraie. On entend aussi un souffle de vent au cours duquel le romarin et la rose se retrouvent dans un baiser. Parfois, la jeune fille ou une jeune fille, bien iconoclaste dans ce cadre réservé aux mouvements de protestation, d’indignation, de révolte contre le pouvoir affirme que Dieu lui en veut au point qu’elle craint sa colère.

La loi

Il ne lui sourit pas ou plus, car elle aurait enfreint sa loi. Il la repousse et la rejette mais quoiqu’il advienne, elle se sent auprès de son amour et ne saurait le quitter. C’est de ce moment que profitèrent le romarin et la rose qui se blottirent l’un contre l’autre la crainte et la félicité les faisaient frissonner. Comment fut ta journée demanda le romarin ? Ma journée, dit la rose, fut celle d’un pauvre homme, pleine de souci, de peine et de tourment. Les grands et le petits de ce monde les gredins, les bavards, les fripons, les hypocrites les bouffons tous sont venus, voilà ce que fut ma journée. Ils sont venus, m’ont soufflé des mots à l’oreille, des mots méchants niais, vides ou vains, mais quand je fermais les yeux, c’est l’autre, une autre, toi que je voyais. Des ombres et des voix tout autour de moi, voilà ce que fut ma journée. Je la traverse comme du brouillard, je ne m’y sens pas à l’aise, elle n’est pas réelle, elle n’est qu’illusion. Des fantômes m’appellent, je m’entends parler et je ne sais pas ce que je dis.

Une voix

La voix se fit soudain entendre pour dire qu’elle était près de l’autre, et pour confier qu’elle était allongée dans sa chambre au moment où la lune éclairait son coussin et qu’un oiseau voletait dans sa chambre et voulait ressortir et que le chat qui venait du jardin sauta sur le rebord de la fenêtre. C’est alors que quelque chose se brisa et qu’on entendit appeler « Où es-tu ? » et que le héros de cette histoire d’homme, d’autres hommes et le chat se retrouvèrent dans la chambre, le clair de lune, le chat et l’oiseau affolés. Pendant ce temps, un garçon meurt dans un grand hôpital parisien, les cadres du parti socialiste appellent au rassemblement, des navigateurs solitaires se laissent bercer par des vagues, des politiques en renom reçoivent les rayons d’un soleil éclatant qui près de l’Amazonie, qui près des pyramides et les neutrinos, ces minuscules fantômes nucléaires continuent de traverser les murs, les enceintes, les barrières d’électrons sans frein ni obstacle ni arrêt. Une vie belle et bonne ?...

Extrait de la nouvelle : La nuit sous le pont de pierre. Leo Perrutz. Paris : Fayard 1987.