Laisser des traces
Quand il n’y a pas de trace écrite, ce qui est souvent le cas, cette mémoire se délite malheureusement en à peine deux générations, ce qui représente une perte pour la collectivité. Le souvenir teint de son affectivité et de sa subjectivité peut être restitué à partir d’une documentation fixée par l’Internet, grâce auquel on dispose d’outils pour constituer une bibliothèque de la mémoire. Ce site a moins la prétention d’oeuvrer pour l’histoire que de rendre le souvenir dans son intégralité de vécu teinté de ses colorations affectives, de sa subjectivité et de ses émotions.
Intégralité du souvenir
Chacun peut livrer sur ce site un récit personnel ou une anecdote vécue
à un moment-clé de l’histoire de ces quatre-vingt-dix dernières années.
Une frise chronologique permet d’insérer son témoignage en fonction de
la date de référence. Un système d’onglets guide l’internaute vers un
tri par événements. A partir de textes, et de photos ou des vidéos qui
peuvent être mis en ligne. Cinq cents "témoins" se sont inscrits sur le
site en un peu plus d’un mois. Des citoyens inconnus du public, une
ancienne déportée, qui raconte son arrivée à Paris en 1945, à l’hôtel
Lutétia, après la libération du camp d’Auschwitz, ou un ancien
projectionniste, qui relate, de manière pittoresque, le lancement du
premier spot de publicité à la télévision en 1968. A côté de ces
anonymes, on trouve beaucoup de personnalités comme un astronaute, un
avocat ou un géologue.
Vérité des témoignages
Un comité éditorial, composé d’universitaires, vérifie la validité des témoignages et traque ce qui pourrait relever de la diffamation ou du révisionnisme, tandis qu’un groupe de modérateurs s’assure de la courtoisie des échanges entre les contributeurs. Financé grâce à un "business angel", le site envisage d’étoffer son offre avec la création d’une rubrique, "Le cercle de famille", qui permettrait aux membres d’une même fratrie d’échanger souvenirs et documents. Ce site a l’ambition d’agrandir son propre cercle en essaimant et en diffusant ses documents 2009, hors de France, vers une destinée internationale.
Site Internet : civismemoria.fr.
