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Quelles conditions de travail ?

Stress, surmenage et suicide

Pourquoi autant de suicides dans certaines entreprises ?

mardi 18 mars 2008, par Picospin

Cette situation est loin d’être nouvelle ce qui n’est nullement un scoop. C’est seulement le résultat d’une tension entre un agresseur quelconque tel qu’il peut être ressenti par l’homme et la réaction que provoque cette attaque chez celui qui la subit ou celui qui essaie de lui résister.

Contrainte ou agression ?

Le stress ne comprend pas la réponse de l’organisme aux contraintes mais se limite aux agressions qui déclenchent la réponse du "syndrome général d’adaptation". Biologiquement parlant, le stress correspond aux contraintes et agressions subies par un organisme qui l’empêchent de vivre dans des conditions optimales et engendrent une réponse de l’organisme pour préserver ou reconstruire une vie dans de meilleures conditions. Le stress est la conséquence d’un changement du à une cause extérieure et qui provoque une réaction de conflit entre une contrainte, une pression nerveuse et la réaction d’adaptation à cette dernière que l’on peut désigner par le terme de tension nerveuse. Chacun de nous à l’heure actuelle a pu utiliser le mot « stress » pour définir ce qu’il ressentait à un moment ou un autre de son existence. Il est très à la mode d’appliquer ce terme à toutes sortes de situations de la vie publiques ou privées. La définition du stress est souvent liée au concept de performance. Pour certains, le stress est vital à leur performance, car il renforce leurs chances d’accomplir ce qu’ils ont entrepris. C’est dans cette optique que l’on peut entendre certains dire que le stress ou « défi », ou challenge représente la condition sine qua non de leur réussite socioprofessionnelle. Pour d’autres, le stress inhibe leurs capacités et les empêche de mener à bien ce qu’ils ont entrepris.

Stimulation ou inhibitions ?

Dans cette optique, de nombreuses thérapies anti-stress ont vu le jour sur le marché des services de bien-être. Ici, le stress est l’ennemi qu’il faut combattre pour pouvoir accéder à une vie meilleure. On constate que la relation stress-performance, provient d’un lien complexe entre le premier et le deuxième terme. Le terme stress désigne à la fois l’agent responsable, la réaction à cet agent et l’état dans lequel se trouve celui qui réagit. C’est à cause de cette implication multidisciplinaire que règne une certaine confusion entre la part qui revient au biologique, au psychique et au social dans le traitement des données, les résultats affichés et les conclusions qui en sont tirées. Le stress a souvent une connotation négative parce qu’il est associé à la peur, la colère, émotions perturbantes pour l’équilibre psychosomatique. Cependant, une grande joie, un grand succès peuvent aussi provoquer des réactions physiologiques qui sont les effecteurs biologiques des tensions psychiques créées par le stress. Si le niveau de tension est adapté à la situation et à l’action qui en découle, il est bénéfique. Si au contraire, il est inadapté ou disproportionné, les tensions augmentent et se diversifient ce qui produit des modifications physiologiques et psychologiques exacerbées. On perçoit les demandes de l’environnement, on les traite et on tente de réagir par des comportements innés et acquis qui constituent un potentiel de réponses variable d’une personne à l’autre. Sa non-spécificité est due à des stimuli présentant un point commun qui est l’émotion.

Dénominateur commun : l’émotion

Il comporte des réactions physiopathologiques comme la sudation, l’accélération de la fréquence cardiaque et respiratoire. C’est une sensation que l’on éprouve lorsque l’on est confronté à une situation à laquelle on ne croit pas pouvoir faire face de façon appropriée. Le stress au travail est une des premières cause d’arrêt-maladie lié au surmenage, au burnout ou syndrome d’épuisement professionnel pour désigner une usure extrême au travail. L’émotion peur ne peut provoquer que des maux de stress aigu, psychologiques qui entraînent des maladies cardiovasculaires liées au spasme vasoconstricteur (angor spastique, infarctus, ictus cérébral, poussée hypertensive) ou de lésions gastriques comme l’ulcère de stress. La peur engendre une réaction émotive d’une structure annexée au cerveau, appelée amygdale et qui se limiterait aux options de fuite ou de combat. L’inhibition de l’action peut être le facteur déclenchant de désordres neuropsychiques et immunologiques prolongés conduisant à des pathologies multiples. Le stress est très souvent présent dans le cadre de la vie professionnelle surtout si les entreprises exigent beaucoup ou trop de leurs cadres. Cette situation est favorable à la création des conditions de stress ou de pression. On a évoqué récemment une recrudescence de ces syndromes en raison de la situation conflictuelle résultant de la forte pression exercée sur le travailleur par l’autorité qui gère l’offre et celle qui cherche à attirer la demande par la multiplication de la clientèle.

Un environnement difficile

A ce double facteur contradictoire s’ajoute un environnement difficile à réguler en raison de l’intrusion du privé dans la sphère du public et de la difficile gestion du temps. Cette situation n’empêche pas certains d’apprécier la poussée d’adrénaline induite par le conflit et susceptible de monter au cours de son déroulement pendant l’activité professionnelle. C’est parfois un excellent stimulant qui rend de l’énergie lors de la confrontation au stress. D’autres salariés se sentent plutôt abattus. C’est sans doute dans cette catégorie que l’on peut et que l’on doit chercher les personnalités les plus vulnérables, celles qui peuvent être tentées par le passage à l’acte du suicide. Les signes prémonitoires en sont l’irritabilité, la fatigue, la difficulté à se concentrer ou même la perte du sens de l’humour. Ilsl résistent mal à la maladie, accordent moins d’importance à leur travail, sont impliqués dans plus de disputes que d’habitude, constatent une diminution d’efficacité de leur activité, éprouvent peu d’intérêt pour leur vie en dehors du travail et ont du mal à se lever tôt les jours de semaine. Ce sont les meilleurs candidats à la dépression, sinon au suicide.

Questionnement éthique

1. Les suicides qui sont rapportés par les médias ont lieu plutôt dans des bureaux d’étude où les ingénieurs sont soumis à une pression forte et permanente pour résoudre les problèmes qui leur sont posés dans une limite de temps très courte. Est-ce que cette situation est susceptible de les rendre esclaves du stress au travail ?

2. Quelles peuvent être les remèdes à ces situations tendues connaissant le type de tensions exercées sur les exécutants ainsi pressurés ?

3. N’y a-t-il pas un défaut de communication, d’entente entre les divers membres d’une direction d’entreprise, en particulier entre ceux qui promettent et ceux qui sont chargés d’exécuter le projet ?

4. On a dit que le stresse était la résultante entre une demande trop insistante et disproportionnée par rapport aux possibilités de l’entreprise en général, de la direction et des personnes chargées d’exécuter le programme dans un temps donné. Que faire pour relâcher les maillons de cette tension ce qui devrait avoir un effet bénéfique en évitant aux membres de l’équipe de se sentir démunis et débordés et à la direction d’échapper à la pression des pressions imposées pour honorer les engagements ?