Ethique Info

Accueil > Education > Education > Suffit-il d’être un grand écrivain pour être publié ?

Un destin tragique

Suffit-il d’être un grand écrivain pour être publié ?

Celui de Franz Kafka écrivain tchèque de langue allemande

mercredi 20 août 2008, par Picospin

C’est l’un des écrivains occidentaux majeurs du XXe siècle. Connu pour ses romans Le Procès, Le Château et pour sa nouvelle La Métamorphose (Die Verwandlung), Franz Kafka laisse une œuvre plus vaste caractérisée par une atmosphère cauchemardesque, sinistre, où la bureaucratie et la société impersonnelle ont de plus en plus de prise sur l’individu. L’Œuvre de Kafka, considérée comme un symbole de l’homme déraciné des temps modernes, est une tentative, dans un combat apparent avec les « forces supérieures », de rendre l’initiative à un individu qui fait ses choix lui-même et en prend la responsabilité.

Quelles origines ?

Fils de Hermann Kafka et de Julie Kafka, issue d’une riche famille de Poděbrady, il eut deux frères, Georg et Heinrich morts en bas âge et trois sœurs plus jeunes, déportées dans le ghetto de Łódź et qui moururent dans un camp de concentration. Franz a eu une enfance solitaire. Sa langue maternelle était l’allemand comme pour près de 10 % de la population de Prague à l’époque. Son père, dominant et prétentieux, eut des relations difficiles avec son fils. Bien qu’il n’ait pas eu une relation très intense avec sa mère, il s’identifia fortement avec la famille de celle-ci, intellectuelle et spirituelle, contrairement à celle de son père. Après des études à l’Université Charles de Prague et au boute de deux semaines de cours en chimie, Kafka décide d’étudier le droit, de germanistique et d’histoire de l’art. Il se joint au Lese- und Redehalle der Deutschen Studenten, une association étudiante qui organise des événements et des présentations littéraires. En 1902, il fait la connaissance du poète Max Brod, qui sera son ami le plus influent et publiera la plus grande partie de son œuvre après sa mort. En 1906, il est reçu docteur en droit et fait un stage d’un an, comme service civil, au tribunal de Prague.

Avec Max Brod

En 1909, il publie ses premiers essais de prose dans le magazine munichois Hyperio et ses prestations étaient évaluées très positivement par son employeur, ainsi qu’en témoignent ses promotions dans sa carrière. Il avait pour tâche la limitation des risques de sécurité encourus par les ouvriers qui devaient travailler sur des machines souvent dangereuses à l’époque. C’est dans ce but qu’il se rendait dans beaucoup d’usines et qu’il écrivit des manuels d’information au sujet de leur fonctionnement. Il était responsable de la classification des usines dans des groupes de risques. Le fait qu’il devait aussi contester des demandes d’indemnisation lui donna parfois mauvaise conscience, mais l’entreprise lui laissait souvent la possibilité d’être large pour des victimes qui avaient parfois subi des blessures permanentes. A Berlin, espérant pouvoir mieux se concentrer sur l’écriture sans l’ingérence de la famille, il rencontra Dora Diamant, une institutrice maternelle de 19 ans originaire d’une famille orthodoxe juive polonaise qui devint sa compagne et influença son intérêt croissant pour le Talmud. C’est auprès d’elle qu’il goûta finalement un peu de bonheur marital. Ensemble, ils envisagèrent d’émigrer en Palestine. Kafka, qui montrait des signes d’hypocondrie, souffrait, ainsi qu’on le pense maintenant, de dépression clinique et de phobie sociale, mais présentait aussi des phénomènes liés au stress comme des migraines, des insomnies, ou des furoncles.

Médecine universitaire ou charlatanisme ?

Il se méfiait de la médecine régulière et essayait de combattre ses maux par des cures naturopathes, un régime végétarien et du lait non pasteurisé. Il utilisait ses vacances pour suivre des cures de repos dans des sanatoriums, pour lesquels son employeur lui octroyait des congés exceptionnels. En 1922, l’écrivain est prépensionné pour son état général de santé déficient. Bien que sa situation personnelle se soit fortement améliorée après son déménagement à Berlin, et qu’il recommença à écrire beaucoup, l’hiver caractérisé par l’inflation de 1923-1924 à Berlin fut à nouveau déplorable pour sa santé déjà chancelante. Comme les biens de consommation essentiels se faisaient rares, il devait en faire venir de Prague dans un logement mal chauffé qui n’était guère favorable à sa guérison. Lorsqu’en mars 1924, Brod vint lui rendre visite, son état s’était à ce point aggravé qu’il l’emmena avec lui à Prague avant qu’une tuberculose du larynx fût diagnostiquée.
Comme la situation s’était fortement dégradée et qu’on ne disposait pas à cette époque de médicaments efficaces contre la tuberculose, Kafka s’alimentait de plus en plus difficilement - un état qui présentait des traits du personnage de Gregor dans La Métamorphose et du personnage principal de sa nouvelle "Un artiste de la faim" (Hungerkünstler). Dans les derniers mois, il fut soutenu par son médecin et ami Robert Klopstock, qui dirigeait de manière critique ses soins médicaux mais le patient ne pouvait plus recevoir que des analgésiques. Il finit par intégrer le sanatorium de Kierling près de Vienne, où il mourut le 3 juin 1924, vraisemblablement de malnutrition en présence de Dora Diamant. Son corps fut ramené à Prague, où il fut enterré le 11 juin 1924 dans le nouveau cimetière juif Žižov (Prague-Strachnitz). Certains des textes qu’il a publiés étaient des fragments d’une œuvre plus longue qui demeurera inachevée et inédite à sa mort comme [1] (Das Schloß) La Gestapo se chargea de satisfaire ses dernières volontés, début 1933, après la prise de pouvoir par Hitler, lorsque cet organisation nazie saisit environ 20 journaux et 35 lettres dans l’appartement berlinois de Dora. Malgré les interventions actives de l’ambassade tchèque à Berlin, ces manuscrits ainsi que d’autres pièces qui tombèrent dans les mains des Nazis ne furent pas retrouvés et sont considérés comme disparus à tout jamais. sBrod, en contradiction avec les instructions de son ami, se chargea de la publication posthume de la plus grande partie de son œuvre. Il publia les grands romans de Kafka dès les années 1920. Il ne put collationner et publier le reste de ses œuvres, principalement les nombreux journaux et lettres, avant le début de la Seconde Guerre mondiale. La nuit où les Nazis occupèrent Prague en mars 1939, Brod réussit à s’enfuir en Palestine avec les manuscrits de Kafka qu’il possédait. L’œuvre de son ami put y être publiée progressivement. Les éditions de Brod sont plutôt contestées : Kafka était décédé avant d’avoir peaufiné ses manuscrits pour la publication. Quelques unes de ses œuvres, dont Le Château, se termine en plein milieu d’une phrase et Le procès, dont les chapitres ne sont pas numérotés, est également incomplet. Quant à son dernier roman, Le Château), dont le contenu est assez ambigu, il semble que Brod ait pris des libertés pour adapter l’oeuvre de Kafka à son goût : il déplaça quelques chapitres, modifia des phrases et des mots et modifia la ponctuation dans certains passages. Les éditions par Brod de l’œuvre de Kafka ne sauraient être considérées comme des éditions définitives. Les écrits de Kafka reflètent les sentiments de la société du début du XXe siècle. Ses personnages évoluent dans un monde où les relations sont incompréhensibles ; où ils sont livrés, impuissants, à des forces inconnues, comme dans un cauchemar.

Incompréhension

La vie est un mystère irrésolu, un labyrinthe dont on ne connaît pas la sortie et ce qui nous y attend. Kafka étudie la psychologie de ses personnages face à des situations extraordinaires, dont ils ne connaissent pas les tenants et les aboutissants, et leur relation avec leur entourage.Kafka aborde les thèmes de la solitude, des rêves, des peurs et des complexes. Le personnage est perdu, déboussolé, il ne saisit pas tout ce qui l’entoure, le lecteur est dans la même situation. L’atmosphère particulière des romans et nouvelles de Kafka a donné naissance à un adjectif, « kafkaïen », qui renvoie à quelque chose d’absurde et d’illogique, de confus et d’incompréhensible. Kafka utilise la langue avec beaucoup de précision, se basant ainsi sur le Réalisme de Flaubert, dont l’ Education sentimentale était une de ses lectures favorites. Ceci contraste avec l’aspect presque étrange, du domaine du rêve, du monde qu’il invoque, mais qu’il rend très vraisemblable avec ses descriptions réalistes et imagées. De cette manière, on le considère comme un précurseur du surréalisme. On trouve dans son utilisation de la langue puriste, et parfois étrangement rigide, une influence de l’allemand de Prague, qui, par la position de minorité des germanophones à Prague, était une langue écrite plus ou moins artificielle, ainsi que de sa formation de juriste. Il est aussi influencé par le Yiddisch. Dans les textes de Kafka on retrouve relativement peu d’adjectifs. Quelques conjonctions sont utilisées remarquablement souvent : ’si ..., alors...’, ’malgré’ et surtout ’mais’, par lesquelles différentes possibilités sont mises en balance. Souvent, la langue du personnage fictif ne diffère pas de celle du narrateur, ce qui contribue à l’impression de rêve des récits ; cette impression naît de l’interpénétration de faits réels et irréels ainsi que de faits et de jugements, d’interprétations, de réflexions sur les faits.

Enfermement du lecteur

Le lecteur est comme enfermé dans le cerveau du personnage principal, mais ressent en même temps que les choses sont ’autres’ que l’expérience de celui-ci. Selon ses dernières volontés, Kafka avait décidé que ses derniers écrits fussent brûlés. Cette exécution testamentaire n’eut finalement pas lieu en raison du refus de son ami Max Brod de se plier à cette injonction. Quand ce dernier s’enfuit à Tel Aviv en venant de Prague, il emporta avec lui une valise plein des documents confiés en son temps par Kafka. Arrivé dans cette ville d’Israël, il prit avec lui et sa secrétaire tous les documents disponibles qui finirent leur course chez cette dernière en même temps que les siens propres qui avaient de la valeur en raison de la culture riche et profonde de ce personnage. Pendant près de 40 ans, cette secrétaire du nom de Esther Hoffe resta en possession de ces écrits qui les garda précieusement dans la cave de son appartement situé dans la rue Spinoza où elle tapa à la machine toute la journée et ne s’interrompit que pour prendre ses repas. La dernière fois où elle autorisa un étudiant à pénétrer dans cet appartement se situe vers les années 1980 après quoi elle vendit le manuscrit pour 2 millions de $. Depuis sa mort l’an dernier à l’âge de 101 ans, se fille alors âgée de 74 ans avait indiqué qu’une décision concernant ces documents devait être prise très prochainement. Alors que la plupart des biens de Kafka sont restés en Tchécoslovaquie, certains ont été éparpillés en Angleterre et en Allemagne et surtout dans l’appartement de cette dame respectable.

Autodafé ?

Comme le fit sa mère, sa fille garde les archives en les consultant en permanence pour voir ce qu’elles contiennent depuis des photographies, des lettres, des journaux intimes sinon de travaux non publiés par deux auteurs juifs parmi les plus connus du 20è siècle. Brod était un écrivain versatile, fertile sinon obsessionnel qui a conservé un journal intime. Il est plus que probable que Hoffe a en sa possession son journal qu’il a commencé dès son arrivée à Tel Aviv en 1939. Le problème qui préoccupe les universitaires israéliens n’est pas de savoir si ou quand Mme Hoffe et sa sœur Ruth auront l’intention de vendre ou de faire une donation des œuvres littéraires en leur possession ce qui leur donnerait l’occasion de les partager avec le monde entier. Il est aussi question de déterminer quel chemin pourra être trouvé pour conserver ces œuvres en Israël que l’on peut considérer comme leur demeure naturelle. Ce matériel appartient à Jérusalem, dit un universitaire spécialiste de Kafka et professeur de littérature comparée à l’Université de Beersheba , car Brod devint un sioniste convaincu avant la Première Guerre Mondiale, a vécu et travaillé ici et est enterré ici. Ce qui est moins connu est le fait que Kafka était totalement engagé dans le mouvement sioniste. Pour apporter de l’eau au moulin des personnalités qui souhaitent que les œuvres des deux écrivains restent en terre d’Israël, elles rappellent toutes que la Bibliothèque de Jérusalem contient des œuvres célèbres et inestimables comme celles de Einstein, Martin Buber ce qui en fait une demeure naturelle pour les œuvres de Kafka. Cette thèse n’est pas partagée par tout le monde car nombreux sont les gens qui pensent que les romans de Kafka traitent du désespoir universel, qu’ils sont rédigés en langue allemande et qu’elles appartiennent davantage au monde qu’à une seule nation.

Désespoir

Dans une opinion exprimée dans un ouvrage récent, Louis Begley affirme que Kafka avait des vues fort ambivalentes sur son identité juive et plus, sur toute identité de type collectif. C’est ainsi qu’il aurait déclaré un jour que le mouvement sioniste provoquait chez lui aussi bien de l’admiration que de la haine. Et de poser la question de ce qu’il avait en commun avec les Juifs alors qu’il n’avait déjà rien de commun avec lui-même si bien qu’il s’estime déjà heureux de pouvoir rester dans un coin et d’y trouver assez d’air pour respirer. D’un autre côté, de nombreux spécialistes de Kafka affirment qu’il avait appris l’hébreu, qu’il a toujours considéré le projet sioniste comme digne d’être approfondi et qu’il avait même espéré d’immigrer en Israël pour y faire son aliya. D’autres personnalités pensent que des traces de la vie de Kafka doivent être conservées dans ce pays ce qui incite à faire des copies de ses œuvres. Il n’est pas certain que cet objectif a des chances sérieuses d’être atteint car Esther Hoffe a sans doute essayé de contourner la loi. Reste la question de savoir comment sa fille risque d’agir. Tout ce que l’on sait d’elle est qu’elle s’est beaucoup occupée de sa mère mais qu’elle n’est guère appréciée par son voisinage en raison de la multitude de chats qu’elle n’a cessé de recueillir dans l’appartement où ils ont toute liberté de s’ébattre à leur guise.

Une dame aux chats

Lorsqu’on lui demande des nouvelles de sa vie actuelle, elle consent à confier à ses interlocuteurs que Brod avait été un père pour elle. Employée comme hôtesse à l’aéroport Ben Gourion, elle se décrivit comme une survivante de l’holocauste, affirmai qu’elle se considérait comme destituée de tous ses biens ce qui fait qu’elle ne voyait aucune raison de se débarrasser de tous les biens qui restaient en sa possession, c’est-à-dire les œuvres littéraires de Brod. Elle espère toujours écrire un livre sur Brod car elle souhaite faire partager l’éclat de ses œuvres avec le monde. Elle réaffirme son intention de les vendre mais non d’en faire une donation. Elle ajoute qu’elle n’est pas assez stupide pour laisser ces bien précieux dans l’appartement alors qu’elle est soumise à une forte pression de la part du gouvernement israélien pour lâcher ces documents ou prendre toute décision qui s’impose. Cette situation, conclut-elle, est réellement « kafkaienne ».

Questionnement éthique :

1. Pourquoi cet article est-il paru dans le Herald Tribune, quelles est la cible choisie et que est l’auteur de ce texte ?

2. Quel rôle un personnage aussi secret et complexe que Kafka a-t-il joué pour que sa réputation ait dépassé les frontières de Europe ?

3. Quelle est la situation conflictuelle générée par les positions respectives de la secrétaire et dame de confiance de Kafka, son ami Max Brod et de l’autre côlé les intérêts du gouvernement israélien que personnes, objets et culture suivent l’itinéraire des sionistes pour regagner la terre d’Israël ?

4. Est-il concevable qu’un écrivain éduqué en Tchécoslovaquie puisse écrire aussi facilement en langue allemande ce qui lui a procuré une renommée universelle plus facilement que s’il s’était toujours exprimé dans une langue vernaculaire ?


[1Le Soutier, fragment de son premier roman [Roman (littérature)L’Amérique, ou Devant la loi (Vor dem Gesetzt), fragment de son second,

Le Procès

Le Procès (Der Prozeß). Autre roman inachevé et demeuré inédit de son vivant, son troisième et dernier, [[Le Château

Messages

  • clous de cercueil, s’enfoncent lentement dans la uggs 5.0 v4 pour homme direction de la face ugg pour femme d’une petite escalade estivale. Le chapitre suivant, "addiction" Soixante-dix bottes ugg 2 huit chapitres : dépendance Petite été peut sentir les clous de cercueil uggs classic bw pas cher rampant dans la uggs direction de son visage, proptosis peur, les larmes coulent à plein régime. uggs 2013 femme La plus grande attention est l’apparition de la vie d’une femme, et encore moins comme un bottes ugg 2 pas cher été petite Shen a le même bon la beauté du visage. Si, dans le cas où, le cercueil cloué sur son forum uggs 2009 visage piqué son visage à s’envenimer, alors bottes ugg qu’elle préférerait uggs mourir.