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Roger Salengro...

"Suicides" socialistes

de 1936 à 2011

vendredi 20 mai 2011, par Picospin

La campagne de calomnie orchestrée par l’extrême droite attaquait un homme affaibli par le surmenage et profondément marqué par la mort de son épouse. Dans ce dossier on trouve la photo de la cuisine où l’homme politique s’est effondré au même endroit et dans la même position qu’elle dix-huit mois plus tôt. Sur lui, un mot destiné à la femme de ménage (« Je m’excuse, madame Renard, des ennuis que je vous cause ») et trois lettres pour son chef de cabinet, son frère Henri et Léon Blum.

Confidences

Au président du Conseil il confie : « Ma femme est morte, il y aura bientôt dix-huit mois, de la calomnie qu’on ne lui épargna pas et dont elle souffrait tant. Ma mère ne se remet pas des suites de son opération, et la calomnie la ronge jusqu’aux moelles. J’ai lutté de mon côté vaillamment mais je suis à bout. S’ils n’ont pu réussir à me déshonorer, du moins porteront-ils la responsabilité de ma mort, car je ne suis ni un déserteur ni un traître. Mon parti aura été ma vie et ma joie. » Pourquoi parler de calomnie à propos de son épouse alors que les pressions malsaines du député Becquart et l’abominable campagne du journal Gringoire ne commencent qu’en juillet-août 36 ? Ne pas oublier que les luttes politiques lilloises ont été très virulentes. Et que les communistes ont fait fort : ne le traitent-ils pas de « redoutable buveur et bouffeur à l’oeil » ? D’ailleurs, c’est leur journal L’Enchaîné de février 31 qui porte la première attaque à propos de la Grande Guerre. Entendu par le juge d’instruction Denis Cordonnier se présente comme « ami et confident en même temps que médecin ». Il a soigné Mme Salengro pendant sept ans jusqu’à son décès subit, en mai 1935 : « Elle est morte d’une violente hémorragie là même où Roger Salengro s’est donné la mort, entre le buffet et la cuisinière, tête tournée vers le mur du fond.

Dépression

À la suite de ce décès, Roger Salengro était fort déprimé et à plusieurs reprises il m’a posé insidieusement des questions sur la façon la moins brutale de mourir. Naturellement, je l’ai secoué, comprenant trop la portée de ces questions. J’avais remarqué chez lui des indices de fatigue cérébrale et de neurasthénie... » Propos confirmés par le frère du ministre, secrétaire de la mairie de Lomme : « Dimanche 15, il m’a dit lui-même qu’il était moralement et physiquement déprimé et qu’il avait l’impression qu’un malheur allait lui arriver. » L’industriel Édouard Bouchery, fondateur de la Foire commerciale, confirme : « Il m’avait paru très fatigué depuis qu’il était ministre. La campagne de Gringoire lui a ôté sa gaieté. La veille de sa mort, je l’ai trouvé plus pâle que d’habitude. Il n’avait pas dormi de la nuit et était très affecté par la maladie de sa mère. Quand il m’a serré la main, vers midi, j’ai eu l’impression qu’il la gardait plus longtemps que d’habitude. Le médecin va plus loin lors de sa déposition : « Sa fatigue cérébrale s’accentuait et se traduisait par un pessimisme morbide... À plusieurs reprises, il m’a fait cette confidence qu’il avait toujours devant les yeux la vision photographique de sa femme. » En mettant en cause l’attitude du maire de Lille lors de la Grande Guerre (un soupçon de désertion alors qu’il s’agissait, pour l’agent de liaison cycliste Salengro, de ramener le corps d’un camarade mort), la presse d’extrême droite a exploité les sentiments d’une opinion traumatisée par cette guerre et troublée par la crise sociale.

Innocence ?

Innocent, Salengro a dû attendre le 13 novembre 1936 pour que la Chambre des députés constate l’inanité des accusations et flétrisse enfin les calomniateurs. Mais ils sont encore une poignée à voter contre. Et un simple vote peut-il mettre fin à la campagne de presse et lever toute suspicion ? Des centaines de milliers de personnes suivent le cortège mortuaire le 22 novembre, et Léon Blum - hélas bien malmené dans le téléfilm - fait preuve d’une forte clairvoyance quand il déclare : « Tant qu’il fallut résister, tant qu’il fallut combattre, son courage ne broncha pas. Mais quand la victoire définitive eut été remportée sur le mensonge, le ressort intérieur se brisa. » • Il ne suffit pas de promouvoir la vérité pour être sauvé mais il faut y ajouter la préservation de soi et des siens. N’est-il pas curieux de constater que des ennemis politiques, souvent du même bord sont acculés à la démission, au renoncement de toute ascension sociale sous les coups meurtriers de rivaux politiques qui n’hésitent pas à recourir à toutes les armes sorties de arsenaux les plus modernes pour tuer dans l’œuf les velléités d’éclosion d’un adversaire devenu ennemi. Ceci est de l’histoire, enseignement pratique pour la méfiance devant les propositions d’assistance des plus roublards.

Mondialisation

La mondialisation est devenue le meilleur et le dernier moyen de pratiquer l’import export et de recourir aux délocalisations souvent meurtrières pour les entreprises sinon encore plus pour le personnel qui leur est attaché. On vient d’en voir d’excellents exemples à l’occasion du trafic établi entre France et Etats-Unis au sujet de l’exportation par la politique française de sa justice. Redorée par la vertu américaine, elle a été impuissante à rapatrier un cinéaste de talent mêlé à plusieurs affaires criminelles mais a pleinement réussi à s’emparer d’une personnalité de premier plan accusée par des voies encore anonymisées de faits « gravissimes » à l’endroit d’une fragile dame de 32 ans jetée en pâture sur le lit d’une suite dans un hôtel de luxe entre les griffes d’un « chimpanzé en rut ». Le résultats de cette exportation du pays de la débauche dans celui de la vertu – illustrée par le comportement incorruptible d’une famille de la côte est – impliquée dans les comportements douteux de plusieurs de ses membres fut que cet Al Capone 2011 se trouve enchainé à un bracelet électronique dont personne ne connaît le fonctionnement ni les caractéristiques, surveillé par une chaine de télévision tant il y a de récepteurs, empêché – est-ce « l’impeachment ? » - de sortir se promener au coin de la rue de Manhattan et réduit à ne rencontrer que 4 personnes par jour. On ne sait pas encore lesquelles, si elles seront inscrites dur une liste tenue secrète pour on ne sait quel enquêteur du FBI.

Nouvelles et grandes manoeuvres

Les nouvelles manœuvres judiciaires entre le pays de la loi écrite et celui de la casuistique permettent moins d’exporter des procès difficiles ou gênants pour le premier au profit de la sévérité, des manifestation d’hostilité sinon de dégradation du second que de se livrer à des négociations financières propices aux plus riches aux dépens des plus pauvres. Ce qui n’empêche nullement le juge de New York d’avoir insisté à de multiples reprises devant l’équipe de défense de DSK de l’interdiction totale de toute tentative « d’évasion » sic, susceptible de soustraire l’accusé sinon le coupable à la seule justice honorable de l’univers l’américaine, sous peine de retour dans la prisons d’origine, déjà pleine à craquer, moins pour y parler ou s’y promener avec l’ex directeur du FMI que parce que l’hôtel est complet à ras bord en raison de la bonne conduite des hôtes habituels et de l’afflux massif de touristes des barreaux plus que du barreau désireux d’explorer les recoins de cet établissement de luxe si bien entretenu et si fervent dans l’accueil de nouveaux clients. "Maman" Chirac vient de l’annoncer : on attend un heureux évènement à l’Élysée.

Messages

  • Bonjour,
    Je vous remercie pour cet article vivifiant !
    On est loin des basses manœuvres politiques des socialistes d’aujourd’hui, à l’époque être socialiste cela voulait dire avoir un engagement politique tourner vers le peuple.
    Maintenant la gauche caviar essaye de contenter tout le monde, en créant des situations délicates pour les plus petits, regardez-moi par exemple, je suis auto-entrepreneur dans le domaine du bâtiment. Je ne veux qu’une chose travailler pour nourrir les miens et simplement vivre normalement, mais non, on parle de changer les statuts qui seraient sois disant désavantageux pour certains, mais quelle blague, dans quelle monde vit on ?
    Je passe ma journée à nettoyer des façades, ce sont des chantiers que la majorité des entreprises ne veulent pas prendre, car cela prend du temps et qu’il n’y a souvent pas de valeur ajouter à vendre, en dehors d’un nouveau revêtement, mais souvent celui qui opte pour le nettoyage, le fait par souci d’économie !
    Bref c’est une France qui est gouvernée par des gens qui ont oublié d’avoir les pieds sur terre !
    Pierre du site http://www.nettoyage-facade.com/