Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Surprenantes sidérations devant l’inimaginable et l’indicible

Du fascisme au nazisme et au marxisme

Surprenantes sidérations devant l’inimaginable et l’indicible

Banalités du mal

lundi 19 mars 2012, par Picospin

C’est pour cette raison que presque un siècle après la survenue de ses phénomènes d’idéologie et de philosophie appliquée, les gens se demandent encore comment, par quelles voies mystérieuses et quelles dérives incompréhensibles le monde a pu être plongé dans cette opacité, cette mystérieuse anomalie irrationnelle et ces fondements inimaginables qui ont conduit des populations entières à la privation de liberté, d’autres au massacre collectif, d’autres encore à l’acceptation forcée d’une idéologie contraire à toutes les propositions de liberté, de rationalité, de joie de vivre et de recherche du bonheur.

Invasion des esprits

On dirait que le phénomène de cette invasion des esprits et des civilisations par des courants de pensée irréels, reposant sur des bases scientifiques erronées a pris de court une bonne majorité de l’opinion des esprits les plus cultivés, les plus raisonnables qui n’avaient jamais envisagé qu’une telle épidémie atteigne une société apparemment parvenue à un haut degré de civilisation et restant sans voix et sans réaction devant le malheur et les aberrations qui les submergèrent brutalement. Est-ce pour cette unique raison et d’autres encore que trop peu de travaux sont encore consacrés à ce phénomène étrange qui trouve en divers lieux sinon partout un écho qui va de la surprise au rejet en passant par des états de doute et d’interrogation devant le succès remporté universellement par les mouvements dont s’inspirent fascisme moins que racisme du fait que le premier est plus théorique et moins radical que le second qui a trouvé en l’élection démocratiquement réalisée de Hitler un encouragement sinon une certaine réalité devant laquelle des armes ont été parfois rendues. C’est dans ce cadre que des mouvements amorcés par une presse plus réflexive que d’autres consacrée aux activités divertissantes a décidé de présenter à ses lecteurs fidèles et occasionnels un échantillonnage significatif d’articles rédigés par des penseurs politiques, philosophiques ou sociologiques, tentant de retracer le passé, de revenir sur l’historique des évènements et crises ayant servi de droit d’entrée de ces totalitarismes dans le monde moderne après leur théorisation obscurantiste sur races et histoire par les candidats à l’invention de nouvelles sociétés fondées sur les distinctions subtiles mais scientifiquement injustifiées de leur fond de commerce.

Crise de l’esprit

Au sortir de la Première Guerre mondiale, Paul Valéry a parlé de crise de l’esprit puis a estimé que nos civilisations savent maintenant qu’elles sont mortelles dans un contexte qui encadrait la machine de mort nazie ce qui posait la question de la culpabilité allemande et européenne puis la nature du mal, sur la mémoire et l’oubli et posait la question de la nature paradigmatique d’Auschwitz en contraste avec la rareté des réflexions d’avant-guerre sur la nature profonde de l’hitlérisme. L’énigme n’est guère résolue de la compromission de la majorité de l’institution philosophique allemande avec le régime nazi. Cette vision n’est guère opposée à la cécité française entre les deux guerres et son incapacité à saisir l’ampleur de ce qui se joue entre fascismes et démocraties. On passe dans un aveuglement généralisé ou une exceptionnelle clairvoyance à se demander comment chacun aurait agi avant de reconnaitre que la proposition est indécidable sur la question du « Que faire à présent ? » D’aucuns craignaient ou prédisaient avec jubilation l’arrivée au pouvoir de mouvements initialement fragiles caractérisés par la façon dont les grands partis paralysent la vie parlementaire, l’importance jouée dans les mouvements par les anciens combattants qui apportent avec eux l’allure d’un groupe de combat, les rapports avec la bourgeoisie dont la part fasciste reçut avec plaisir sinon honneur le soutien financier pour combattre le marxisme, l’origine de nombreux chefs fascistes issus du syndicalisme, la réactivation du modèle de la Rome antique et le privilège accordé à l’action sur la théorie et la pensée, la première entrainant par le biais de sécrétions hormonales en provenance du cerveau sa pérennisation dans un système auto-entretenu, lui-même favorisé par l’autoritarisme du nouvel État ainsi créé et renouvelé sinon rénové.

Absolutisme

Cette influence a bénéficié de l’absolutisme masqué derrière les rideaux feutrés des états gouvernés d’une main de fer dont on avait parfois du mal à apercevoir et sentir le gant de velours. D’autant plus que le but ultime, souvent caché de ce montage dirigeait ses options vers un racisme apporté ici pour séparer plus qu’unir les hommes en bons citoyens appartenant à la race aryenne, germanique en contraste avec les fauteurs de guerre, d’injustice et de corruption, idéalement représentés par les Juifs. A partir de l’après guerre de 1945, les comparaisons entre deux « maux » considérés comme équivalents par les masses soumises aux diktats des leaders politiques, le nazisme et le marxisme ou communisme prirent une ampleur telle que les deux systèmes de gouvernement ou régimes purent être considérés comme équivalents d’une banalisation du mal. Tous deux exhibèrent une vocation pour la transcendance, la toute puissance, la révolution nationale sinon mondiale pour y inscrire les peuples tenus sous le joug d’idéologies qui préféraient les groupes à l’individu, l’appartenance de la race à celle de la nation. On exaltait des deux côtés les expressions corporelles aux activités de l’esprit dans d’immenses rassemblements toujours vus d’en haut qui flattaient les mouvements d’ensemble à ceux de l’individu et les démonstrations de techniques nouvelles à l’artisanat et à l’esthétique des oeuvres d’art du passé. Ainsi s’entendait-on à unir ces programmes pour conquérir le monde dans un nouvel élan qui ferait fi de l’homme aux dépens des masses.