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Surprises

lundi 23 juillet 2012, par Picospin

C’est ce que l’on peut appeler l’intelligence dont les modèles sont de plus en plus nombreux et sophistiqués. Lorsqu’une information est surprenante, voire déroutante, elle s’adresse aux circuits émotionnels de l’hippocampe, petite structure neurologique située à l’arrière du crâne qui amplifie l’intensité ressentie par les émotions et vient d’intriguer les chercheurs en neurosciences qui ne cessent d’insister sur leur importance dans le fonctionnement des réseaux neuronaux.

Projets de vacances

C’est ainsi que je viens d’être saisi par une nouvelle publiée dans le quotidien « Le Monde » en date des 22 et 23 juillet qui compare les projets de vacances estivales des ressortissants des principaux pays d’Europe. Les chiffres sont éloquents dans la mesure où ils confirment une impression souvent ressentie depuis que la « crise » est devenue un leit-motiv, voire une rengaine semblable à une valse musette. Elle décrit une situation dramatique en Europe et plus particulièrement dans les pays les plus exposés aux conséquences des restrictions budgétaires réclamées à cor et à cri par les autorités européennes de Bruxelles qui ont réclamé de la part des nations placées sous leur contrôle des efforts nécessaires et suffisants pour rétablir l’équilibre des finances et en particulier celui des dépenses publiques. C’est ainsi qu’on en est arrivé aux véritables enjeux posés par les situations économiques des pays menacés par la faillite comme ce pourrait être le cas de l’Espagne, de l’Italie et bien avant de celui de la Grèce qui avait autrefois envoyé au monde les schémas de pensée de la philosophie, du droit sinon de la vie ensemble dans la cité.

Bons plans

En guise de remerciement pour l’éclairage ainsi allumé sur le destin de l’humanité, de la sagesse et de la démocratie, ce pays se voit actuellement fustigé pour n’avoir pas su collecter l’impôt, pour la simple raison que la plupart des richesses nationales sont entre les mains des groupes qui estiment pouvoir échapper aux taxes, ne serait-ce que les compagnies de navigation, les professionnels de la religion et autres corporations dont la tradition consiste à refuser de participer à la contribution commune au service de l’état. Grande est la surprise de voir la France citée au nombre des habitants dont le budget consacré aux vacances est supérieur à celui des années précédentes si l’on prend comme dates de référence celles de 2006 et 2011. Pendant ce temps, même les pays dont la bonne santé de l’économie devrait permettre de plus larges dépenses en période de vacances ont cru devoir réduire leurs frais consacrés aux divertissements pris au bord de l’eau, sur les pistes de danse et auprès des animateurs épuisés par l’énorme charge de travail qui leur est demandée pour des salaires de misère plus proches de l’exploitation humaine que d’une référence à la dignité humaine.

Contradictions

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est que l’opinion des citoyens contredit celle des discours, mises en garde et rapports en provenance des gouvernements qui ne cessent de souligner la grande misère des plus humbles et la nécessité de partager les chutes du pouvoir d’achat imposées par le catastrophisme annoncé de la situation économique. Les graphiques à cet égard sont éloquents si l’on considère que la France est le seul pays en Europe dont le budget consacré aux vacances est en augmentation depuis 2006 et 2011 pendant que même les Allemands et les Anglais sont en régression sur ce point. Le simple screening effectué par des amateurs moins éclairés qu’avertis a suffi à mettre la puce à l’oreille sur la qualité, la véracité et l’exactitude des observations enregistrées. Où est l’erreur ?

Intoxications ?

Est-ce une campagne d’intoxication qui se profile à l’horizon de la véritable situation économique, morale et financière des ménages ? Cette remarque ne signifie nullement qu’il y a dans ce pays des situations dramatiques méritant considération, aide, assistance pour permettre sinon favoriser un retour à une vie digne plus qu’un essai désespéré de survie dans des conditions trop souvent proches de la déchéance. Qui nous délivrera de l’énigme ainsi posée entre affirmations répandues à la ronde et réalités de la vie privée des citoyens ? Une enquête de plus, un démenti de moins, une irritation vaine et sans objet ?

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