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A propos de Tartuffe

Tartufferies en tous genres

Molière Président ou Ministre ?

mercredi 19 octobre 2011, par Picospin

Au-delà des affaires intimes des protagonistes, il y a dans cette oeuvre comme la plupart des autres de Molière une allusion au comportement humain qui va de la sphère la plus privée et parfois la plus intime à son allusion dans celle de la politique dont notre époque est saturée.

Sortir dans la rue

On peut se demander si cette sortie dans la rue, les médias et le domaine du grand public n’est pas liée à l’invasion de cette substance intellectuelle, affective et surtout matérielle dans le monde des affaires, des relations publiques, des diners en ville et autres activités de rencontre que les gens organisent volontairement ou à travers les méandres de leur inconscient pour se rassurer, échapper à la finitude et oublier leur destin dont les vapeurs de l’alcool ne peuvent plus assurer l’échappée. On préfère donc se plonger dans l’histoire des autres pareille à la sienne. Elle n’autorise pas à se sentir pour autant exempt d’angoisse, de frissons, de peur d’être confronté à l’échec de son moi, à la transgression de son surmoi mais le sentiment d’être plongé dans le souci des autres, peut-il alléger pour autant le sien ? C’est ce que d’aucune et d’aucunes ont voulu expliquer aux habitants de l’hexagone quand on leur a parlé du « care » ce terme anglais qui n’avait pas été parfaitement compris en raison de son origine linguistique mais qui en gros signifie bien le souci de l’autre. Exprimé ainsi, il se rapporte surtout à celui de sa santé, de son bien-être, de son intégrité physique et morale plus qu’à la quantité de ses moyens financiers, souci principal de notre époque, plus habituée que la précédents à se préoccuper de ses richesses qui remplacent la vie au lieu de l’aider à son accomplissement.

Cachoteries

Ce Tartuffe se cache fort bien au point que nul ne sait de quelle fenêtre ou de quelle porte il va sortir, de quelle honte et malheur il va s’habiller et de quel langage il va se servir pour jouer au mieux son rôle de prédateur, sans que l’on sache instantanément en quoi il va consister et à qui il va servir. La conversion des préoccupations mystiques et religieuses de cet individu en convictions politiques n’est que la conséquence d’une attitude faite de faux semblants. Est-ce au point que l’on finit par se demander si l’art de cette activité ne réside pas essentiellement sinon exclusivement en métaphores hors de propos, discours inspirés par une charité de pacotille et actions destinées à rapporter à son intérêt et celui de ses amitiés celui qui est officiellement par le discours destiné au frère si tragiquement disparu dès l’aube de l’humanité. Il y a été victime d’un meurtre fratricide dont on discute encore l’inspirateur, le Dieu des monothéistes, son diable annexé ou les passions élaborées quelque part entre l’hippocampe, l’amygdale - pas celle qu’on enlevait malencontreusement de la gorge de petits enfants - mais celle qui se cache dans les structures postérieures du cerveau où elle dirige et influence l’émotion, les sentiments, trempés dans les réseaux synaptiques imprégnés de transmetteurs chimiques spécialisés.

Préambule

Après ce préambule tiré d’ouvrages scientifiques ou l’expérimentation animale , parfois humaine le dispute aux théories les plus variables et les plus indigestes, il est temps de revenir à la réalité que côtoie tout bon citoyen épris de participation à la démocratie, de critiques virulentes et de louanges aux leaders politiques. Tartuffe était-il présent ou témoin de la confrontation entre la Chancelière Merkel et le Président Sarkozy lors du dernier sommet (en quoi, quelle altitude, quel questionnement, quelles décisions ?) où France et Allemagne avaient l’air de décider pour tout le monde en l’absence de la Belgique sans gouvernement, du Royaume Uni sans monnaie unique, la sébile tendus par l’Espagne et le Portugal et la dérive de l’Italie au large de Lampedusa ? La France et l’Allemagne méritent-elles pour autant de s’arroger le rôle d’arbitres de la zone euro alors que leur taux de chômage est l’un des plus élevés du continent ? Que cachent réellement les poignées de mains échangées entre M. Sarkozy et Mme Merkel ? De fait, on ne connaît pas grand chose des tenants et aboutissants du tête-à-tête qui a précédé la réunion de Bruxelles, si ce n’est que les banquiers ont obtenu de n’être pas taxés pour financer un futur plan d’aide au système financier en cas de krach.Chantage et tartufferie président-ils aux relations qu’entretiennent le nord et le sud de l’Europe ? En mai dernier, le député européen Daniel Cohn Bendit lançait un pavé dans la mare en émettant le soupçon que le soutien de la France à la Grèce pouvait être conditionné aux contrats d’armes.

Armement

En juin, un hebdomadaire français en rajoutait une couche dans un dossier fort bien documenté. Il montrait comment la Grèce, obsédée par l’imposant budget militaire du voisin turc, est devenue le quatrième importateur d’armes au monde. Terrain miné qui permet aux chars allemands et aux avions de combat français de jouer sur du velours. Et si la politique en général n’était qu’une immense tartufferie bien accueillie par une élite convaincue de la nécessité de garder son calme olympien lors des disputes les plus dures et les plus tenaces et de faire appel à un langage diplomatique qui est souvent si proche de la langue de bois. A condition que ce noble matériau serve plus à réchauffer les demeures et les coeurs que les accolades données devant les perrons des Présidences et des Ministères des Affaires Étrangères.

Questionnement :

1. Pourquoi est-il conseillé de dire oui aux uns pour pouvoir dire non aux autres ?

2. Pourquoi Gorgias dit-il qu’il vaut mieux souffrir que rester impuni tout simplement parce que la vie d’un criminel impuni est moins une vie qu’une mort, parce que le bonheur tyrannique est le contraire du bonheur.

3. Pourquoi le philosophe dit-il que l’être a beau être ce qu’il est sa reconnaissance par la conscience de l’homme lui ajoute un supplément de dignité et comme une consécration morale ?

4. Est-il vrai que l’altruisme est une tendance de notre nature à poursuivre une satisfaction hédonique ? Si l’altruiste se dévoue c’est qu’il y trouve son plaisir en prenant plaisir à faire plaisir aux autres.